Asie Centrale
Kouchans

Les Kouchans



Les Kouchans (nom dérivé du chinois Guishang ou Kusana en indien) faisaient partie de la confédération des Yue-Tche, tribus habitant les régions situées au nord de la Chine, sur lesquels ils établirent leur domination vers 30 apr. J.-C. Leur ascension correspond au déclin du pouvoir parthe. Leur dynastie régna de la fin du Ier siècle au début du IIIe siècle de notre ère, sur un royaume incluant le nord de l’Inde, certaines régions d’Asie centrale, le Pakistan et l’Afghanistan actuels.

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Apparition...

Vers 100 av. J.-C., ils auraient été installés sur la rive droite de l’Oxus  . Selon les archéologues russo-ouzkeks, ils fondent alors Dal’verzin Tepe. Un dénommé Héraos (Miaos ?) fait battre monnaie à son nom dès le Ier siècle av. J.-C. et fait suivre son nom de l’épithète « kouchan », que l’on retrouvera désormais accolé à tous les noms de souverains, sans que l’on sache s’il s’agisse de son nom personnel, de celui de son clan ou de sa tribu. Au début de l’ère chrétienne, les Kouchans, qui après leur conquête du royaume gréco-bactrien avaient adopté un mode de vie sédentaire et maîtrisé l’art de l’administration centralisée, déferlèrent au sud de la barrière de l’Hindou-Kouch et réussirent à établir un empire qui, à son apogée, s’étendait jusqu’au Gange.

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Dalverzine-tepe : tête de prince ou de roi kouchan.

Dans cette invasion, ils étaient menés par le premier grand souverain kouchan, Kujula Kadphisès. Celui-ci soumet les quatre autres yabgu yue-tche, élimine les derniers Indo-Parthes des vallées de l’Hindou-Kouch, conquiert le Kapisha (Begram) et le Gandhara, et débouche dans le nord-ouest de l’Inde. Il prend le titre iranien de « rois des rois », on le considère donc comme le fondateur de l’empire kouchan d’autant qu’il figure en premier sur la liste des ancêtres de Kanishka trouvé à Rabatak. Son fils, Vima Kadphisès, ou Kadphisès II (92-144 ?), étend sa domination au Penjab, envoie une armée soutenir les oasis du Tarim en révolte contre la Chine, mais sans succès. En Inde, il s’empare de tous les territoires que les Sakas contrôlaient jusqu’à Mathura. Il prend le titre de sarvalogisvara (seigneur du Monde entier) et établit des relations diplomatiques avec Rome et la Chine.

Essor et déclin

C’est avec Kanishka, le fils et successeur de Vima Kadphisès, que l’empire atteignit son apogée. Trois souverains de sa lignée (Vaseska, Huviska et Vasudeva) lui succédèrent. En assurant la paix et la sécurité, les Kouchans contribuèrent à la circulation des artistes et c’est sous leur dynastie que se développa l’art gréco-bouddhique du Gandhara dès le Ier siècle après J.-C.

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Hadda : tête de bodhisattva (époque kouchane).

L’archéologie soviétique a distingué trois périodes correspondant à trois sites. Khalchayan pour l’aube de l’empire au Ier siècle apr. J.-C., Dalverzine-tepe pour l’apogée au IIe siècle et Zar-tepe pour la période de transition kouchano-sassanide autour du III et IVe siècle.

Le déclin politique commence avec Huviska (106-138 ?), puis avec Vasudeva Ier (142-176 ?) qui perd le contrôle de l’Inde. L’émergence des Sassanides au nord-ouest fait perdre aux Kouchans l’Asie centrale et même la vallée de l’Indus. Shapour Ier, envahit l’empire des Kouchans et mit à sac sa capitale d’été, Begram. Le royaume kouchan avait en effet plusieurs capitales dont Bactres, Taxila, Peshawar et Mathura. Peu à peu l’empire se morcele et les Sassanides réduisent les Kouchans au rang de vassaux au IIIe ou IVe siècle. Dans les monts de l’Hindou-Kouch subsisteront jusqu’au Ve siècle quelques petits dynastes kouchans perpétuant le monnayage impérial qui ne seront détrônés que par les derniers Yuezhi, surgis encore une fois de l’Asie centrale, et conduits par Kidara. Mais cette arrière-garde des Kidarites sera à son tour submergée, à la fin du Ve siècle, par les Hephtalites.

 


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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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