Mésopotamie
Babylone

Babylone

Cité mésopotamienne située sur le cours moyen de l’Euphrate, elle dominera toute la région aux XVIIIe et XVIIe siècles av. J.-C. Cette cité antique, l’une des plus brillantes du Proche-Orient, est apparue assez tard dans l’Histoire. Contrairement à Ourouk ou Suse, on ne lui connaît pas un passé préhistorique. Babylone est citée pour la première fois à l’époque du royaume d’Akkad, au XXIIIe siècle av. J.-C. mais elle existait déjà antérieurement. Elle portait un nom sumérien dont la traduction en akkadien, Bab-Ilu, signifie la « porte de Dieu ». La ville survit à la ruine d’Akkad, plus tard, elle sera conquise et démantelée par Shulgi.

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Babylone : taureau en briques émaillées de la porte d’Ishtar.

Premières dynasties

En 2225, avec l’avènement de Soumou-aboum, commence la première dynastie babylonienne. Elle ne devient capitale d’un royaume indépendant qu’en 1894 av. J.-C. C’est le règne d’Hammourabi qui la propulsera au rang de capitale d’empire, capitale politique, mais aussi capitale religieuse. Ses successeurs ne parviendront pas à préserver Babylone du déclin dû à des crises économiques répétées mais aussi à la multiplication d’attaques extérieures, notamment celles menées par les Kassites.

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Babylone : pierre gravée au nom du roi kassite Melishippak II.

En 1595, le roi hittite Mursili Ier s’empare de Babylone et la détruit. Elle retrouva toutefois rapidement son rôle et prospéra sous la longue dynastie kassite qui s’empare alors du pouvoir et perpétue les traditions babyloniennes : la langue utilisée reste le babylonien ; les sanctuaires religieux sont restaurés. Sous la domination assyrienne, Babylone conservera un statut à part de ville libre qui traduit la difficulté permanente des Assyriens à contrôler la ville où se déclenchent d’incessantes rebellions. Ces révoltes permanentes conduisirent Sennachérib à raser Babylone en 689 av. J.-C. après un siège de quinze mois. Son successeur, Assarhaddon, construisit une nouvelle ville sur le même site.

Période néo-babylonienne

En 609, la Babylonie se libéra de la domination assyrienne. Nabopolassar s’empare du pouvoir en 625 et fonde une nouvelle dynastie, dite néo-babylonienne. Nabopolassar et son fils Nabuchodonosor II reconstruisirent Babylone qui atteint alors son apogée. Babylone comptait alors environ 80 000 habitants et s’étendait de part et d’autre de l’Euphrate sur 2 500 m d’est en ouest et 1 500 m du nord au sud. Babylone est alors la plus célèbre de toutes les villes du Proche-Orient ancien. Le nom de « Babylone » représente alors la Mésopotamie méridionale tout entière sous la forme de « Babylonie ». Plus tard encore, ce nom s’étendra à toute la Mésopotamie. Babylone même s’efforça de légitimer ses nouveaux maîtres en les présentant comme les héritiers authentiques d’un passé glorieux. En 539, Cyrus put s’emparer de Babylone sans rencontrer de résistance. Sous la domination perse, la ville devint capitale de la province perse de Babirush (Babylonie).

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© Maurice Griffe - Editions T.S.H

Déclin et destruction

Les conquêtes perse et macédonienne n’entraînent pas de véritable rupture. Babylone a toutefois définitivement perdu son indépendance. Alexandre le Grand prévoyait d’établir Babylone comme capitale de son empire. Babylone connut de nouvelles déprédations lors des luttes entre les Diadoques. Séleucos, vainqueur, décida de fonder une nouvelle capitale, Séleucie-du-Tigre. Antiochos IV Epiphane fit reconstruire le temple de Mardouk. Il tenta d’helléniser la cité : il y construisit un théâtre et un gymnase, ayant peut-être l’intention d’en faire sa capitale. Babylone fut de nouveau endommagée au cours des guerres qui opposèrent les Séleucides aux Parthes et finalement détruite par l’invasion sassanide au IIIe siècle apr. J.-C. C’est alors une civilisation trois fois millénaire qui s’éteint.

Pourtant, jamais le souvenir de la ville ne fut perdu. Les auteurs antiques comme Hérodote, Ctésias ou encore Diodore et Strabon l’ont décrite. La Bible, qui en fera le symbole de la corruption et de décadence, nous en transmettra le souvenir et le prestige qui survécurent à sa chute. Cette survivance de Babylone dans l’Histoire n’a pas facilité pas le travail des archéologues : maintes fois détruite et reconstruite, située au bord de l’Euphrate, les fouilles archéologiques y sont particulièrement difficiles. Curieusement, c’est grâce aux archives des royaumes voisins, et notamment de Mari, que l’on connaît le mieux la politique diplomatique de Babylone mais aussi la vie quotidienne qu’on y menait.


 



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Dernière mise à jour : 3 juin 2015
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