Afrique
Lagides

Alexandrie

Port méditerranéen de l’Égypte, fondé
après le passage d’Alexandre le Grand en 332. L’objectif d’Alexandre était d’installer et de développer une cité idéale, véritable « Athènes africaine » sur la rive sud de la Méditerranée. C’est sous l’impulsion des Lagides, qu’Alexandrie prit un essor extraordinaire. Exemple achevé de l’urbanisme antique et nouvelle capitale de la culture hellénistique, la ville alignait de somptueux monuments, dont le célèbre phare, et accueillit une population cosmopolite et nombreuse. Cléopâtre VII envisagera même de faire d’Alexandrie, en s’alliant avec Rome, la capitale du monde gréco-romain.

Carrefour des peuples...

Ce qui frappait le visiteur antique, c’était l’extraordinaire cosmopolitisme de la cité : Macédoniens, Thraces, Égyptiens, Juifs, Italiotes  , Nabatéens, Indiens, Arabes, Gaulois et mercenaires de toute origine enrôlés dans l’armée. Les Juifs constituaient une importante minorité attirée par la liberté religieuse de la cité. La langue grecque était la langue officielle et « naturelle », lorsque Cléopâtre VII voulut apprendre l’égyptien, cela parut extraordinaire.

Mais seuls les Grecs étaient citoyens d’Alexandrie et pouvaient accéder aux postes élevés de l’administration. Répartis en tribus, dèmes et fratries, en théorie, tout Macédonien ou Grec avait droit d’accéder à l’instruction grecque dans les gymnases, d’occuper un poste administratif, de siéger à l’assemblée ou de porter les armes. L’assemblée des citoyens pouvait discuter des affaires de la cité mais rapidement, dès Ptolémée Ier, le pouvoir sera aux mains du roi. Les grandes familles se targuaient de leur origine macédonienne. Quant aux Égyptiens de souche, ils étaient un peu traités comme des sujets de seconde zone : ils ne pouvaient devenir citoyen et dès Ptolémée II les Égyptiens originaires de l’arrière-pays devaient obtenir un laissez-passer pour circuler en ville.

...comptoir du monde...

Alexandrie était le plus grand port du pourtour méditerranéen. Véritable carrefour commercial entre l’Orient et l’Occident, Strabon décrit la ville comme le « comptoir du monde » par où transitent toutes les richesses de l’Égypte (blé, verrerie, parfums, papyrus) et celles de la Méditerranée et de l’Orient.
Les différentes taxes et frais portuaires perçus faisaient du souverain lagide l’un des personnages les plus puissants et les plus riches du monde méditerranéen antique.

L’Égypte lagide exportait du verre, des vaisselles métalliques, dont la qualité était renommée, des textiles (chanvre, laine, lin), de la parfumerie et des produits pharmaceutiques, des papyrus. Mais la principale richesse égyptienne est constituée par le blé dont Rome sera bientôt le principal client. En retour, l’Égypte lagide importait de l’huile et du vin. Les taxes à l’importation étaient très élevées (un tiers, voire la moitié de la valeur du bien).

Alexandrie disposait d’importants chantiers de constructions navales et bien que le bois dusse être importé de Phénicie notamment, la flotte lagide tant commerciale que militaire était l’une des plus importantes de l’époque.

...capitale du luxe et des plaisirs

Les Alexandrins appréciaient beaucoup les spectacles : pantomimes, danses, pièces d’auteurs classiques (Eschyle, Euripide). Le général Amr qui conquit Alexandrie en 640 prétendit y avoir trouvé 400 théâtres mais les vestiges d’un seul ont été à ce jour retrouvés.

Alexandrie était réputée pour la vie de luxe et de plaisirs qu’on y menait. On y faisait grande consommation d’onguents, de parfums et d’aromates. Ville portuaire cosmopolite, le culte d’Aphrodite y était très pratiqué. Les courtisanes d’Alexandrie étaient très réputées et bien plus considérées que n’importe quelle respectable mère ou fille ! On y pratiquait aussi la prostitution masculine et les danses érotiques de jeunes garçons participaient largement à la réputation licencieuse de la cité.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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