Europe
Étrusques

Les Étrusques et Rome

Guerres contre Rome

Le conflit entre Véies et Rome naît d’un conflit de voisinage entre la cité étrusque et la famille romaine des Fabii. Après une première défaite étrusque au combat de Lars Tolumnius, une trêve est conclue (431) mais Rome s’empare peu après de Fidènes (426) et coupe l’accès maritime de Véies. Puis Rome met directement le siège devant Véies qui sollicite l’appui des autres cités étrusques sans succès. Bénéficiant de la trahison d’un haruspice, Rome s’empare de la cité (396), la pille et vend ses citoyens en esclavage. Les colons romains, issus de la plèbe s’installent sur les territoires libérés. Ces implantations romaines facilitent la prise (395) des petites cités étrusques du bas Tibre (Capene, Nepi et Sutri). A cette époque, il est déjà clair que Caere a choisi le camp romain, plutôt que de porter secours à son éternelle rivale Véies.

Au nord, les Gaulois de Brennus traversent le territoire étrusque sans réelle opposition et s’arrêtent sur l’Allia  , face à Véies. Puis, ils mettent le siège devant Chiusi (387). Après le reflux gaulois, Tarquinia, qui dirige alors la ligue étrusque, mène l’attaque (358) contre la Véies romaine pour reprendre le contrôle des salines du bas Tibre. Le conflit s’achève (351) par une sévère défaite étrusque.

Les guerres civiles

Au IVe siècle, les conflits récurrents de la société étrusque contribueront à l’affaiblissement interne de l’Étrurie et faciliteront la conquête romaine.
Dans les grandes cités, l’aristocratie étrusque refuse de partager le pouvoir avec les classes moyennes nées de l’enrichissement économique qui n’est désormais plus qu’un souvenir. Dans les campagnes, aristocratie et dépendants sont là-aussi face à face. Cette tension sociale trouve son exutoire dans l’essor du mercenariat et dans l’apparition de mouvements révolutionnaires.

Fort curieusement, lors des révoltes populaires, les aristocrates étrusques n’hésitaient pas à se réfugier à Rome où à appeler Rome à leur secours. Une fois pacifiée, les cités n’avaient plus d’autres choix que d’entrer dans une alliance (foedera) romaine, tel fut le sort d’Arezzo, de Volsinies et de Pérouse. En fait d’alliance, il s’agissait d’un accord inégal où la cité étrusque devenait vassale : elle n’était plus libre de sa politique extérieure, elle devait fournir les contingents militaires exigés par Rome, elle payait un tribut et abandonnait sa monnaie. En récompense, l’aristocratie étrusque fut intégrée aux magistratures romaines. Ces accords politiques furent parfois renforcés par des mariages entre les deux aristocraties.

En 293, Rosella fut rayée de la carte. Les Étrusques comprirent enfin que leur survivance était en jeu. Ils participèrent à la coalition lancée par les Lucaniens et les Bruttiens, à laquelle se joignirent aussi quelques tribus gauloises. Ils furent défaits devant Arezzo puis au lac Vadimont. Lorsque Pyrrhos débarqua en Italie du sud à l’appel des cités grecques et remonta vers le nord, Vulci et Volsinies espérèrent faire la jonction avec les révoltés pour prendre les Romains en tenaille. Mais Rome écrasa les cités étrusques et leur imposa la capitulation puis fondit la colonie de Cosa qui coupait l’accès maritime de Vulci.

Caere, en dépit d’une longue fidélité à Rome, finit par se révolter. Vaincue, elle fut réduite au rang d’un préfecture (273), Rome lui confisqua la plus grande partie de son territoire et y établit quatre colonies (Frégène, Alsium, Pyrgi, Castrum Novum) destinées à capter le commerce maritime de la région. A Volsinies, l’évolution sociale permit aux dépendants d’accèder progressivement aux plus hautes charges mais l’aristocratie appela alors Rome au secours. Les Romains s’emparèrent définitivement de la cité (264), en expulsèrent la population et rasèrent les bâtiments y compris le sanctuaire fédéral (Fanum Voltumnae). L’Étrurie avait politiquement cessé d’exister. Les citoyens étrusques deviennent romains en 88 av. J.-C. et l’Étrurie la VIIe région romaine en 40 av. J.-C.

Héritages étrusques dans la société romaine

Morte politiquement, la civilisation étrusque survécut sous la domination romaine. Rome en est très largement issue : les insignes de la magistrature, le rôle des haruspices  , le système des noms propres, l’architecture des temples, l’organisation urbaine, les rites de fondation des villes ou l’organisation de la légion s’inspireront du modèle étrusque.

Dès la fin du IVe siècle, les grandes familles romaines avaient l’habitude d’envoyer leurs fils étudier à Caere et il était de bon ton dans ces mêmes familles de mettre en avant ses origines étrusques. Sous la République et au début de l’Empire, les jeunes Romains des classes supérieures devaient suivre une initiation l’Etrusca Disciplina. A l’époque d’Auguste, la maîtrise de langue étrusque était encore considérée comme un signe de haute éducation. Dans sa quête de restauration des valeurs romaines et républicaines, Auguste contribua à ressusciter des us et coutumes étrusques (haruspices, collèges sacerdotaux, sanctuaires, archives, conseil fédéral, cultes oubliés...) On sait qu’Auguste décida de faire réunir à Rome l’ensemble de ces textes, au besoin par la copie des originaux. Le même Auguste donna comme précepteur à ses enfants adoptifs, Caius et Lucius Caesar, un érudit, Venius Flacus, qui connaissait l’Etrusca Disciplina.

Rome doit aussi aux Étrusques les débuts du théâtre latin, avec les « ludions », artistes qui pratiquaient des mimes dansés. Enfin, selon Tite-Live c’est un Étrusque dénommé Pisaeus qui aurait inventé la trompette dont les armées romaines généralisèrent l’usage.


 



Accueil | Plan | Crédits

   Creative Commons License

Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
2005-2017 © Clio la Muse