Europe
Étrusques

Rois et aristocrates

L’aristocratie

Les sources latines désignent ses membres sous le nom de principes. L’aristocratie, née de l’enrichissement par les échanges commerciaux, adopta un mode de vie qui la distinguait des classes inférieures. Si l’habitat populaire différait peu de celui de l’époque villanovienne et demeurait très basique, l’habitat aristocratique, exigeait lui le recours à une main-d’œuvre plus spécialisée (charpentes en bois, couverture de tuiles). Habitat, armes, chars, bijoux, costumes somptueux étaient autant de symboles du pouvoir et de la richesse de son propriétaire.

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Tête féminine étrusque

La pratique du banquet participait aussi de cette recherche d’un mode de vie distinctif, car l’activité exigeait la possession de tout un ensemble de vases et coupes pour le service : cratère   où l’on mélangeait le vin, œnochoé   destinées à le servir, skyphoi et canthare   destinés à le boire, autant d’objets « exotiques » de prestige au décor plus ou moins élaboré et totalement ostentatoires.

En fait, le pouvoir était aux mains de l’aristocratie qui contrôlait les magistratures civiles et les responsabilités religieuses. Cette domination sera source de conflits politiques où la plèbe cherchera à renverser le régime pour instaurer une tyrannie populaire comme à Véies en 396 av. J.-C.

Les Rois (lucumon)

Chaque cité est dirigée par un roi appelé LauXum en étrusque et lucumo en latin. Les rois demeurent dans de petits palais nommés LauXumna. Selon Denys d’Halicarnasse [1], les insignes de la royauté sont la couronne d’or, un trône d’ivoire, un sceptre portant un aigle à son sommet, une tunique de pourpre brochée d’or et un manteau de pourpre orné de broderies semblable à celui que portaient les rois de Lydie et de Perse. Le roi siège sur une chaise curule et est annoncé par le son des trompettes. Il est précédé d’un licteur ; douze licteurs précédent le « roi » suprême élu en cas de guerre. Ces attributs et ces pratiques seront repris plus tard, chez les Romains, par les magistrats et les généraux triomphateurs.

La royauté et d’essence religieuse, elle relève de l’ordre sacré ce que consacre la formule Rex quia Augur, « roi parce qu’augure ». Dans l’iconographie, elle est étroitement associée au triomphe : le roi (guerrier) conduit un char tiré par des chevaux ailés, il est précédé d’un personnage qui porte tous les attributs du dieu Turms.

Dans la seconde moitié du Vie siècle, les régimes aristocratiques cèdent la place à des tyrannies du même type que celles de la Grèce antique. La tradition latine nous décrit le régime instauré par Mastarna, plus connu sous son nom latin de Servius Tullius (578-534) et par ses successeurs, Tarquin le Superbe (534-509) et Porsenna. A l’instar des tyrans grecs, les tyrans étrusques prennent le pouvoir par la force et s’appuie sur la plèbe. "soucieux de consolider sa position personnelle tout en renforçant les pouvoirs publics, il recruta cent nouveaux sénateurs qu’on appela par la suite sénateurs de second rang ; ils étaient les partisans inconditionnels du roi qui leur avait permis d’entrer au sénat." [2] (...) Servius Tullius était tenu pour être l’inventeur de l’organisation censitaire de l’État qui conduisit à intégrer aux couches sociales supérieures où l’hérédité prévalait de nouveaux membres fortunés de plus basse origine et à classer l’ensemble des citoyens selon leur fortune.

Comme en Grèce, les tyrans étrusques réalisent de grands travaux publics (cloaca maxima et empierrement du forum à Rome) et édifient des temples. Ils entretiennent leur popularité en participant aux jeux. Ils sont aussi souvent à l’origine des expéditions armées lancées contre les cités côtières ennemies (Aléria, Cumes  , îles Lipari). Mais toutes personnelles qu’elles soient, ces initiatives bénéficient du soutien populaire.



[1Denys d’Halicarnasse, III, 61, 1

[2Tite-Live, I, XXXV

 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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