Afrique
Égypte

Panthéon Égyptien

Amon (Ammon)

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Représentation d’Amon.

Amon (ou Ammon) fut l’une des principales divinités du panthéon égyptien. Il est représenté sous l’aspect d’un bélier ou d’une oie, mais aussi, plus fréquemment, d’un homme debout ou assis sur un trône, tenant à la main le sceptre ouas   et le signe anekh. Sa tête portait une couronne formée d’un mortier (ou modius) surmonté de deux hautes plumes de faucon, symbole de son pouvoir sur l’air : Amon, dont le nom signifie “le caché”, était en effet, à l’origine, le dieu du vent, mais aussi celui de la respiration.

À partir de la XIe dynastie, en tant que dieu créateur, il devint la plus importante divinité honorée à Thèbes ; au Nouvel Empire, son culte s’étendit à tout le pays lorsqu’il fut identifié à , le dieu du soleil, sous le nom d’Amon-Rê. Son épouse Mout et leur fils Khonsou furent pareillement vénérés. Si Thèbes devait demeurer son lieu de culte principal, de nombreux sanctuaires lui furent élevés ailleurs au cours de l’histoire égyptienne : à Tanis, dans le delta du Nil, dans l’oasis de Siouah, enfin à Napata, en Haute-Nubie, en aval de la quatrième cataracte  . Les Grecs l’identifièrent à Zeus.

Anoukis

Anoukis était représentée sous l’aspect d’une femme couronnée d’un mortier d’où s’échappaient des plumes. On l’adorait dans l’île Éléphantine, en tant que fille de Khnoum et de Satis, ainsi qu’en Nubie, comme déesse tutélaire des cataractes du Nil.

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Représentation d’Anubis.

Anubis

Représenté sous l’aspect d’un chacal ou d’un homme à tête de chacal, Anubis était considéré comme le dieu de l’embaumement car il avait momifié Osiris ; à ce titre, il avait la peau noire. Anubis était également le seigneur des cimetières, le gardien nocturne des tombes et des momies contre les forces du mal, ainsi que le dieu qui introduisait l’âme des morts dans l’au-delà. Il prit donc une grande importance dans les rites liés au passage du défunt vers l’autre monde, si bien que les prêtres qui procédaient à la momification portaient un masque en forme de museau de chacal.

Api

Fils d’Horus, représenté avec une tête de babouin.

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Représentation d’Aton.

Aton

En hiéroglyphique, le terme iten signifiait le “disque” ; il fut par la suite interprété comme l’expression du corps visible de Rê. Au cours de la XVIIIe dynastie, le pharaon Aménophis IV fit de l’Iten, c’est-à-dire d’Aton, sa principale divinité. En son honneur, après avoir abandonné Thèbes et son dieu Amon, il fonda une nouvelle capitale, Akhet-Aton (“l’horizon d’Aton”), l’actuelle Tell el-Amarna, et changea son nom d’Aménophis (“Amon est satisfait”) en celui d’Akhénaton (“celui qui plaît à Aton”).

Aton était représenté sous la forme d’un disque solaire dont les rayons s’achèvent par de petites mains ; certaines d’entre elles portent le signe anekh que le dieu présente à Akhénaton et à son épouse, la reine Néfertiti. Amon, “le caché”, avait un temple où l’obscurité grandissait à mesure que l’on approchait du sanctuaire, et l’image même du dieu demeurait cachée à ses fidèles. Aton représente au contraire le soleil visible à tous, et son culte se déroulait dans un temple ouvert aux rayons de l’astre solaire et situé dans une grande cour où se trouvaient de nombreux autels. Contrairement à Amon et aux autres divinités égyptiennes, ce dieu n’avait d’autre prêtre que le pharaon lui-même : Akhénaton voulut ainsi empêcher le clergé de s’emparer à nouveau du pouvoir, comme l’avaient fait les prêtres d’Amon. L’“hérésie” d’Akhénaton fut en réalité une tentative politique de restauration de l’absolue souveraineté du pharaon, qui échoua en raison de la disparition prématurée de ce souverain. Son successeur, Toutânkhamon, fut ramené à Thèbes alors qu’il n’était encore qu’un enfant, et Akhétaton fut désertée.

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Représentation d’Atoum.

Atoum

À Héliopolis  , son principal lieu de culte, Atoum était révéré comme “celui qui vient à l’existence par lui-même”. S’étant lui-même engendré, ce dieu avait en effet créé l’univers et les autres dieux en recourant à la masturbation et au crachat. Ainsi naquit le couple formé de Shou (l’air) et de Tefnout (la rosée), qui engendrèrent Geb (la terre) et Nout (le ciel), respectivement père et mère d’Osiris, d’Isis, de Seth et de Nephthys. Osiris et Isis donnèrent ensuite naissance à Horus, dont le pharaon se considérait comme l’émanation, en tant qu’“Horus vivant”. Atoum était représenté sous la forme d’un homme coiffé du pschent, avec dans ses mains le sceptre ouas et le signe anekh. Il personnifiait le soleil à son coucher, par opposition à celui du matin représenté par Khépri, le scarabée.

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Représentation de Bastet.

Bastet

La déesse Bastet était adorée à Bubastis, dans le delta oriental. On la figurait sous l’aspect d’une chatte ou d’une femme à tête de chat. À partir de la XIe dynastie, la documentation relative au chat domestique devient toujours plus importante. Les Égyptiens, qui appelaient le chat miu, le représentèrent fréquemment dans leurs tombes, sous la chaise des propriétaires ; les traités de médecine conseillaient de les utiliser contre les souris. Bastet avait un aspect bienveillant et souriant ; elle devint déesse de l’amour et de la joie, mais aussi, pour avoir été souvent représentée avec ses petits, celle de la maternité. C’est la raison pour laquelle on l’identifia souvent à Hathor, Isis et Mout, tandis que le caractère de félin sanguinaire était l’attribut de Sekhmet.

Bès

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Représentation de Bès.

Dieu bienveillant, Bès était représenté sous l’aspect d’un petit homme difforme, hirsute et grimaçant, au large visage envahi par une barbe broussailleuse, avec un couvre-chef à plumes, des oreilles et une queue de lion. Sa protection s’étendait aux maisons, aux femmes et aux enfants, ainsi qu’aux femmes sur le point d’accoucher. On croyait en effet que ses grimaces, sa joie et ses danses pouvaient mettre en fuite les esprits malins. Probablement introduit en Égypte au travers de la Nubie, à une époque reculée, depuis l’Afrique la plus méridionale, il conquit une popularité exceptionnelle, qui devait demeurer très vivace en Égypte même après l’avènement du christianisme.

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Représentation de Geb.

Geb

Dans la mythologie d’Héliopolis, Geb personnifiait la terre et avait pour épouse Nout, le ciel ; leurs enfants étaient Osiris, Isis, Seth et Nephthys. Avant l’avènement des souverains humains, Geb aurait régné sur la terre : c’est la raison pour laquelle on appelait le pharaon l’“héritier de Geb”. Ce dieu était figuré sous l’aspect d’un homme généralement couché sous le ciel (Nout) ; mais ses représentations sont rares.

Hâpy

Dieu personnifiant l’inondation, la crue bienfaisante qui fertilise les terres. Il était représenté comme une figure androgyne, obèse.

Harpocrate

Forme hellénisée de l’égyptien Hor-pa-Khered qui signifie Horus enfant. Cette divinité connut la ferveur des Égyptiens à partir de la troisième Période Intermédaire et surtout à la Basse Époque. Au sein de la triade divine, avec Isis et Osiris, il incarne la permanence de la fonction royale. C’est aussi un dieu de la fertilité. Il apparaît juché sur les crocodiles des stèles magiques ou coiffé d’un disque solaire, puis comme un petit garçon nu, le doigt sur la bouche. A l’époque ptolémaïque, son culte est pratiqué par les Grecs comme par les Égyptiens. Un sanctuaire lui était consacré dans le Serapeum. D’Alexandrie, son culte gagna tout le bassin méditerranéen à l’époque romaine.

Hathor

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Représentation d’Hathor.

Le nom de la déesse Hathor signifie la “maison d’Horus”, parce qu’elle était considérée comme la mère du soleil. Représentée sous l’aspect d’une vache ou d’une femme à oreilles et cornes de vache et portant le disque solaire, cette divinité figure en effet la vache céleste qui soulève le soleil entre ses cornes et symbolise l’aube. Elle prit à Thèbes des connotations funéraires : de même que la vache céleste avalait le soleil le soir pour le soustraire aux dangers de l’obscurité et le remettre au monde le matin, sa protection devait permettre au défunt de renaître dans l’au-delà. Cette déesse personnifiait la danse, la musique, l’amour et l’ivresse. Les Grecs l’identifièrent donc à Aphrodite. Le plus important des temples consacrés à Hathor se trouve à Dendéra : les chapiteaux de la salle hypostyle   sont dits “hathoriques” car ils figurent le visage de la déesse. Le culte d’Hathor lui associait son époux le dieu Horus d’Edfou et leur fils Ihi. Il existait aussi un groupe des “sept Hathors”, déesses bienveillantes très semblables aux fées occidentales, qui décidaient du destin du nouveau-né à son berceau. Hathor était du reste très liée, de par sa nature même, aux femmes sur le point d’accoucher.

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Représentation d’Horus.

Horus

Assimilé au soleil, le dieu Horus était représenté sous forme de disque solaire, mais aussi sous l’aspect d’un homme à tête de faucon. Son nom signifie “(celui qui se trouve) en haut”, ou “le lointain”, en référence à l’astre diurne. Associé au mythe d’Osiris, Horus devint le fils du dieu et son vengeur, l’antagoniste de Seth ; ayant triomphé de son oncle assassin, il reçut en héritage le royaume terrestre de son père. Le pharaon en était tout à la fois l’héritier et l’incarnation : en tant que souverain de l’Égypte unifiée, il se nommait “Horus vivant”. Ce dieu a pris de nombreuses formes : Harakhty (“Horus à l’horizon”) se confondit avec Rê à Héliopolis ; à Kôm Ombo, l’on vénérait Haroéris (“le vieil Horus”), à Edfou, Harsomtous (“Horus l’unificateur des Deux Terres”) ; en tant que “fils d’Isis”, il se nomma Harsiesi ou Harpocrate (“Horus enfant”), et Harendote comme vengeur de son père Osiris. Le plus important des temples consacrés à Horus était celui d’Edfou. Le dieu et son épouse Hathor avaient pour fils Ihi.

Ihi

Ihi est le jeune fils de la déesse Hathor et du dieu Horus. Dieu de la musique, il arbore la tresse propre à l’enfance et tient en main le sistre   et le collier menat  , deux instruments de musique particulièrement répandus, dont le premier était typique du culte d’Hathor. Les Égyptiens l’appelaient également “joueur de sistre”.

Isis

Divinité la plus populaire du panthéon égyptien. Sœur et épouse d’Osiris, elle recomposa avec l’aide de sa sœur Nephthys le corps de son mari, mis en pièces par leur frère Seth ; le battement de ses ailes rendit ensuite le souffle vital au dieu mort. De son union avec Osiris naquit un fils, Horus, qu’Isis éleva en secret dans les marais du delta, pour le soustraire au cruel Seth. Arrivé à l’âge adulte, Horus forma une coalition contre Seth et parvint à le vaincre, au terme d’un combat épique.

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Représentation d’Isis.

Elle représente l’épouse dont l’amour ne connaît pas de limite, la mère par excellence (elle est souvent représentée en train d’allaiter) et la magicienne qui sait des choses secrètes. Isis est souvent figurée tenant sur ses genoux le petit Horus, auquel elle présente un sein. Elle est alors identifiée à Hathor, et sa tête s’orne de deux cornes de vache et du disque solaire, les attributs de la vache céleste. Elle peut également être coiffée du signe hiéroglyphique du trône, ce qui permet de penser que son nom signifiait précisément “trône” et que la déesse représentait à l’origine la divinisation du trône royal. Isis est également magicienne : selon le mythe, sa connaissance des formules magiques lui permit de découvrir le nom secret du dieu Rê, devenu vieux.

Les Alexandrins l’adoptèrent comme déesse tutélaire et élaborèrent un culte isiaque que les Romains répandirent dans tout l’empire. Au cours de l’époque gréco-romaine, Isis étendit sa protection aux marins ; sa popularité se répandit alors au-dehors de l’Égypte, et on lui éleva de nombreux temples (Isea), jusqu’aux confins de l’Empire romain. Édifié sur l’île de Philae, qui demeura toujours son principal lieu de culte en Égypte, le grand temple d’Isis fut le dernier des édifices païens à rester en fonction bien après le triomphe du christianisme. L’empereur Justinien le fit fermer en 525 apr. J.-C. Le culte d’Isis fut peu à peu remplacé par celui de la Vierge Marie, et ses temples firent souvent place à des sanctuaires mariaux.

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Représentation de Khnoum.

Khnoum

Représenté sous la forme d’un homme à tête de bélier, le dieu Khnoum était considéré comme le créateur de la vie, le dieu qui modela l’homme sur le tour du potier, et le gardien des sources du Nil. Pour cette dernière fonction, et en sa qualité d’auteur de la crue annuelle, on le vénérait dans la région de la première cataracte, et notamment à Éléphantine, où il était associé au culte des déesses locales Satis et Anoukis. Il formait avec elles une triade où, cas unique dans la mythologie égyptienne, une déesse-fille remplace l’habituel dieu-fils. Esna constitua un autre centre important de son culte.

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Représentation de Khonsou.

Khonsou

Le nom de ce dieu indique ses origines : Khonsou signifie en effet l’errant, le “voyageur”, termes qui évoquent les mouvements de la lune dont il était l’incarnation. Avec ses parents divins, Amon et Mout, il formait la triade de Thèbes. Il peut être représenté sous l’aspect d’un homme, d’un homme à tête de faucon avec le disque et le croissant lunaires sur la tête, ou d’un enfant au corps momifié dont le crâne rasé s’orne d’une grande tresse latérale et que coiffent le croissant et le disque lunaires. Il tenait en main le sceptre heka   et le fouet nekhekh, parfois le sceptre ouas en combinaison avec le pilier djed  .

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Représentation de Maât.

Maât

Maât était représentée sous l’aspect d’une femme coiffée d’une grande plume d’autruche, laquelle “écrit son nom”. Considérée comme la fille de Rê, elle était la déesse de la vérité, de la justice et de l’ordre cosmique et social tel qu’il avait été déterminé au moment de la création. Le pharaon était le représentant de cet ordre et son garant contre les forces du chaos qui le menaçaient constamment. Les juges, en tant que prêtres de Maât, portaient une image de cette déesse suspendue à leur cou. Le tribunal présidé par le dieu Osiris évaluait la droiture du défunt grâce à une balance dont l’un des plateaux contenait son cœur, et l’autre la plume de Maât, ou une de ses représentations. Maât personnifiait donc, selon les cas, l’ordre universel ou l’éthique qui commande d’agir, en toute circonstance, en accord avec la conscience que tout être humain a de cet ordre.

Min

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Représentation de Min.

Très ancien dieu de la procréation, Min fut essentiellement vénéré à Coptos ; cette ville était une étape importante sur la route des caravanes qui traversaient le désert oriental. Son dieu devint ainsi le protecteur des caravanes, des mineurs, des chasseurs, des nomades et, en fin de compte, de toute la zone désertique située à l’est de la vallée du Nil et de tous ceux qui la parcouraient. Comme Amon, dieu auquel il fut identifié, Min était représenté avec un mortier surmonté de deux hautes plumes. De l’étroite gaine qui habille entièrement son corps ne s’échappe que son bras droit, levé pour brandir le fouet nekhekh ; sous le vêtement, son autre main entoure à sa base son phallus en érection. Min était en effet “le taureau qui couvre les femelles”, le dieu dont la procession ouvrait l’époque des moissons ; on lui offrait des touffes de “salade romaine”, plante à laquelle on prêtait des vertus aphrodisiaques, son lait blanc évoquant le sperme fécondant. Cet ensemble de caractéristiques fit que les Grecs le confondirent avec leur dieu Pan.

Montou

Le dieu Montou était représenté sous la forme d’un homme avec une tête de faucon surmontée du disque solaire et de deux grandes plumes. Considéré comme le dieu de la guerre, il était vénéré à Ermant, à Tôd et à Thèbes ; dans ce dernier lieu, son culte fut supplanté plus tard par celui d’Amon.

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Représentation de Mout.

Mout

Mout, dont le nom signifie la “mère”, fut à l’origine représentée sous l’aspect d’un vautour ; mais elle devint rapidement anthropomorphe et entra dans la triade de Thèbes aux côtés d’Amon et de leur fils Khonsou. En tant qu’épouse d’Amon, elle s’incarnait dans la reine, qui portait souvent un couvre-chef en forme de vautour. Quand elle est représentée en femme, elle est coiffée d’une dépouille de vautour surmontée de la couronne pschent et tient dans ses mains le sceptre ouadj et le signe anekh. Étant l’une des formes de la “déesse lointaine”, qui personnifiait l’aspect féroce et ardent du soleil d’été, Mout pouvait également se manifester sous la forme d’une lionne.

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Représentation de Nephthys.

Nephthys

Nephthys était la sœur d’Osiris, d’Isis et de Seth, ainsi que l’épouse de ce dernier. Elle aida Isis à retrouver les morceaux du corps de son mari et à lui rendre la vie. Avec sa sœur, elle apparaît en pleureuse aux côtés d’Osiris, puis, par extension, en compagnie de tout défunt. Elle est représentée en femme coiffée des signes hiéroglyphiques servant à écrire son nom, qui signifie la “dame du palais”. Une tradition tardive rapporte qu’elle eut une liaison avec Osiris, d’où serait né Anubis.

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Représentation de Neith.

Neith

Neith, la “terrible”, était une très ancienne divinité, dont le principal centre de culte était Saïs, dans le delta occidental. On la représentait sous les traits d’une femme tenant un arc et des flèches, coiffée de la couronne rouge de la Basse-Égypte. Déesse de la guerre, créatrice du tissage, patronne des huiles utilisées pour les onctions, c’était l’une des trois déesses qui veillaient sur les sarcophages et sur les vases dans lesquels on plaçait les viscères du défunt momifié. En tant que mère de Sobek, elle était saluée du nom de “nourrice des crocodiles” ; cet aspect maternel lui valut parfois d’être assimilée à Isis et considérée comme la mère de Rê. Les Grecs l’identifièrent à Athéna.

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Représentation de Nekhbet.

Nekheb

Déesse-vautour de l’antique Nekheb, l’actuelle El-Kab, en Haute-Égypte, Nekhbet devint la déesse tutélaire du Sud. Elle était la maîtresse des ouâdi (les lits de rivières asséchées) dont le débouché était contrôlé par El-Kab. On la représentait sous l’aspect d’un vautour blanc, d’où elle tirait son nom, la “blanche de Nekheb” ; avec la déesse-cobra Ouadjet, elle apparaissait sur les couronnes du pharaon, proclamant ainsi son pouvoir sur l’Égypte unifiée. On l’a également souvent associée à la plante héraldique de la Haute-Égypte, le lotus. Les croyances populaires faisaient de Nekhbet la protectrice des naissances, et c’est cette fonction que lui reconnurent les Grecs en l’identifiant à Eileíthyia. Pour les Romains, elle équivalait à Lucina.

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Représentation de Noût.

Nout

Nout était la personnification du ciel, et son époux Geb celle de la terre. Elle est souvent représentée sous l’aspect d’une femme dont les pieds reposent sur l’horizon oriental, tandis que son corps s’incurve autour de la terre et que ses mains touchent l’horizon occidental. En tant que mère de Rê, elle avale le soleil au crépuscule, pour le remettre au monde chaque matin. Comme la protection de la déesse garantissait le même destin au défunt, son corps arqué apparaît sur le plafond des chambres funéraires des pharaons ou sur le couvercle des sarcophages. À Héliopolis, elle est la mère d’Osiris, d’Isis, de Nephthys et de Seth.

Osiris

Fils de Geb et époux d’Isis. Osiris est figuré sous l’aspect d’une momie, les bras croisés sur la poitrine, le sceptre heka et le fouet nekhekh dans les mains, la tête coiffée de la couronne atef.

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Représentation d’Osiris.

Osiris était aimé de son peuple. Jaloux de lui, son frère Seth le tua et enferma le corps dans un coffre de bois qu’il jeta dans le Nil. Le coffre échoua au pied d’un tamaris qui en poussant l’enferma dans son tronc. Isis parvint à récupérer le coffre et le cacha dans les marais de Bouto avant de s’unir avec les restes d’Osiris, de cette union nait Horus. Seth découvrit le corps de son frère et le découpa en 14 morceaux qu’il dispersa. Isis rassembla les morceaux dans un vase. Le dernier des morceaux ayant été retrouvé auprès de la ville de Canope, les vases funéraires prendront désormais le nom de vase canopique. Anubis momifie le corps. Aidée de Nephthys, Thot et Horus, Isis parvint à redonner vie à son défunt mari. Osiris ressuscité renonça au monde des vivants, qu’il céda à son fils, et choisit de régner sur le monde des morts. Désormais, Osiris symbolisera la renaissance de la vie après le rite d’embaumement.

Dans son De Iside et Osiride, Plutarque a donné une version de ce célèbre mythe qui connut du reste une vaste diffusion, avec celui d’Isis, y compris durant l’ Empire romain.

En tant que dieu mort et ressuscité, Osiris promettait un destin analogue à ses fidèles. Son culte fut particulièrement fervent à Abydos, où se trouvait son temple principal, car on croyait qu’Isis y avait enterré la tête de son époux. Osiris fut toujours associé à tout ce qui, dans la nature, meurt pour renaître à une vie nouvelle : tout d’abord le blé, mais aussi plus généralement la végétation, et la terre égyptienne, qui renaissait avec la fin de la crue pour s’ouvrir à une nouvelle floraison de la vie. Ainsi s’explique la couleur verte ou noire de sa peau.

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Représentation d’Ouadjet.

Ouadjet

Ouadjet, dont le nom signifie la “verte”, était à l’origine la déesse-cobra de Bouto, dans le delta, et devint la patronne de la Basse-Égypte. Elle avait pour attributs le papyrus – la plante héraldique du Nord – et le serpent. Pour symboliser l’unification de l’Égypte en la personne du souverain, les couronnes du pharaon figuraient Ouadjet sous l’aspect d’un cobra ainsi que la déesse-vautour Nekhbet. Le cobra personnifiait en outre l’œil brûlant de Rê ; on pensait que sa bouche dilatée vomissait du feu contre les ennemis.

Ptah

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Représentation de Ptah.

Dieu principal de Memphis, Ptah était représenté avec une figure humaine, le corps étroitement enserré dans un suaire, comme une momie, à la tête couverte d’une calotte, tenant en main un sceptre qui combinait les signes ouas, djed et anekh. Ptah avait pour épouse la déesse-lionne Sekhmet, et leur fils s’appelait Néfertoum, le “lotus parfumé”.

La théologie locale considérait Ptah comme le créateur du monde : le dieu aurait donné naissance à l’univers par son cœur (la pensée) et par sa langue (la parole). Mais on croyait aussi que, comme Khnoum, il avait créé l’homme sur un tour de potier. Une ancienne tradition attribuait en effet à Ptah l’invention des arts : c’est pourquoi ce dieu devint le protecteur des artisans, contrairement à Thot, qui présidait aux activités intellectuelles. Les Grecs l’identifièrent à Héphaïstos.

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Représentation de Rê-Râ.

Rê, Râ

Rê est le dieu du soleil d’Héliopolis. Les textes décrivent son lever sur les lointaines côtes orientales où un chœur de singes l’accueille lorsqu’il surgit des eaux. Rê monte dans la barque du Jour et vogue dans le ciel jusqu’au soir ; changeant alors d’embarcation, il parcourra le monde souterrain à bord de la barque de la Nuit pendant les douze heures qui précèdent sa nouvelle apparition. Isis, la magicienne par excellence, réussit grâce à ses artifices à découvrir son nom secret, ce qui lui conféra de nombreux pouvoirs. Rê est figuré sous l’aspect d’un homme à tête de faucon portant sur la tête le disque solaire d’où s’échappe le cobra, mais ses représentations sont rares. Il a pour symbole l’obélisque, au sommet duquel il se pose ; son autel est à ciel ouvert. Il devint la principale divinité de l’Égypte au cours de la Ve dynastie, et les pharaons commencèrent à écrire dans un cartouche le titre qui les qualifiait comme ses fils. Assimilé par la suite à Amon sous le nom d’Amon-Rê, il représenta alors la plus importante divinité du pays, et Thèbes constitua son principal lieu de culte.

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Représentation de Satis.

Satis

Satis faisait partie de la triade d’Éléphantine en tant qu’épouse du dieu Khnoum et mère d’Anoukis. Elle est représentée sous l’aspect d’une femme coiffée de la couronne blanche de la Haute-Égypte que surmontent deux cornes d’antilope. Elle protégeait la frontière méridionale de l’Égypte, et donc la zone de la première cataracte du Nil. C’est là l’origine du culte qui lui était rendu en tant que “maîtresse d’Éléphantine”. Assimilée à Hathor, Satis était aussi considérée comme la déesse de l’amour et la protectrice des femmes.

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Représentation de Sekhmet.

Sekhmet

La déesse Sekhmet, la “puissante”, était l’épouse de Ptah, le principal dieu de Memphis, et la mère de Néfertoum, le dieu-lotus. Représentée sous l’aspect d’une lionne ou d’une femme à tête de lionne, elle incarnait la chaleur implacable du soleil, mais aussi l’œil courroucé de Rê. C’était donc une divinité de la guerre, la destructrice des ennemis du Soleil, l’adversaire implacable de tous ceux qui attentaient à l’ordre, comme le dieu Seth, mais aussi la responsable des épidémies et de la mort. De ce fait, ses prêtres étaient avant tout des médecins, capables d’apaiser la déesse sanguinaire par le rite : Sekhmet était donc considérée comme la patronne de la médecine et comme une grande magicienne. Associée au dieu Amon, elle devint l’une des formes de Mout.

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Représentation de Seth.

Seth

Frère d’Osiris et d’Isis, Seth, dit “le Rouge”, tua Osiris et dispersa les fragments de son corps dans toute l’Égypte. Selon le mythe, une rencontre épique l’opposa ensuite à Horus, le fils d’Osiris et d’Isis, à qui il arracha un œil, sur quoi Horus l’émascula. L’assemblée des dieux décida, en fin de compte, la victoire d’Horus. Seth était représenté sous l’aspect d’une créature au museau pointu et aquilin, avec de longues oreilles dressées et arrondies. Il prenait, de manière fantaisiste, les caractéristiques de plusieurs espèces animales : âne, chien, porc, fourmilier, girafe, okapi. Dieu du désert, des métaux, de la tempête, des terres étrangères, il incarnait à l’origine les forces violentes de la nature ; en dépit de ces connotations négatives, il demeura cependant toujours, en raison de sa force, le défenseur de la barque solaire du dieu Rê contre les traquenards du serpent Apopis. Il fut le dieu des Hyksos et revint à l’honneur sous les pharaons des XIXe et XXe dynasties, si bien que son nom apparaît avec celui de Séthi. Les Grecs l’identifièrent à Typhon, monstre ailé aux cent têtes de serpents, dont les yeux lançaient des flammes.

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Représentation de Sobek.

Sobek

Comme Rê, le soleil, le crocodile était un être sorti des eaux. Sobek, le “crocodile”, se manifestait au travers de cet animal et prenait souvent la forme d’un homme à tête de crocodile. Le nom du dieu fut déformé par les Grecs en Suchos. De nombreux temples lui furent consacrés, mais il eut pour principaux lieux de culte Kôm Ombo et l’aire du Fayoum, dont les Grecs appelaient précisément le chef-lieu Crocodilopolis, la “ville du crocodile”. On élevait un ou plusieurs crocodiles dans les temples consacrés à Sobek ; après leur mort, on les momifiait.

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Représentation de Thot.

Thot

Dieu lunaire représenté sous l’aspect d’un ibis ou d’un babouin coiffé du croissant et du disque lunaires, ou encore d’un homme à tête d’ibis, Thot (forme grecque de l’égyptien Djhuti) était considéré comme l’inventeur de l’alphabet, le patron des scribes et de la science, le seigneur des bibliothèques, le dieu qui évalue le temps, qui fait les comptes, qui calcule les années de règne d’un pharaon. En raison de ces caractéristiques, on le représente tenant en main la tablette du scribe et le pinceau ; il devint le secrétaire des dieux, mais sa maîtrise de l’écriture et des paroles divines fit également de lui un magicien redoutable.

À Memphis, il était considéré comme la langue de Ptah, c’est-à-dire l’expression verbale par laquelle le dieu avait donné vie à l’univers ; à Héliopolis, il personnifiait la langue ou le cœur de Rê ; à Hermopolis, il devint le démiurge qui créa le cosmos par la parole. Probablement originaire du delta, Thot reçut à l’époque historique un culte particulier à Hermopolis, où il se substitua au dieu-babouin local. Greffier du tribunal divin devant lequel tout mort devait comparaître, Thot fut également considéré comme un guide pour le défunt. Assimilé par les Grecs à Hermès, il fut vénéré durant l’Égypte hellénistique sous le nom de Trismégiste ("trois fois très grand”), fut l’objet de cultes et prit finalement une grande importance dans la littérature hermétique.

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Représentation de Thouéris.

Thouéris

Thouéris, la “grande”, représente l’une des formes sous lesquelles on adorait la déesse-hippopotame, symbole de la fécondité féminine. Une autre de ces formes était Opet   (Ipet), le “harem”, qui fut particulièrement vénérée à Thèbes en tant que mère du dieu Osiris, et rattachée à la forme féminine d’Amon, Amonet. La déesse-hippopotame assistait la mère au moment de l’accouchement, ce qui explique la grande popularité dont elle jouit à toutes les époques, souvent en compagnie du dieu Bès, ainsi que ses nombreuses représentations sur les murs des mammisis et des tombes. Thouéris – comme Opet – était figurée sous l’aspect d’un hippopotame debout, doté de seins et de bras humains, tenant en main le sa, parfois aussi l’anekh.


 



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Dernière mise à jour : 3 juin 2015
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