Monde Grec
Grèce classique
Civilisation grecque

Les Jeux grecs

Les Jeux étaient la plus parfaite expression de l’unité du monde grec. Plus tard, dans la Rome antique on organisera aussi des Jeux, mais dans un tout autre contexte.

Origine et essor

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Le Discobole.

L’instauration des jeux est très ancienne. Selon l’orateur Lysias, c’est Héraclès qui avait réorganisé les jeux déjà institués en l’honneur de Pélops. Les jeux étaient organisés, tous les quatre ans, dans quatre sanctuaires - à Olympie en l’honneur de Zeus Olympien, à Delphes en l’honneur d’Apollon, à Corinthe en l’honneur de Poséidon, à Némée en l’honneur de Zeus) - mais Olympie était le lieu le plus prestigieux. Les jeux duraient cinq jours.

On distinguait les jeux « panégyriques » ou « stéphanites », auxquels concouraient toutes les cités et dans lesquels le vainqueur recevait une couronne (stephanos), et les jeux « locaux », que chaque cité pouvait organiser. Les jeux étaient constitués par des épreuves sportives ou artistiques relevant du domaine des Muses. Pour célébrer un mort illustre, on organisait aussi des jeux ; les Jeux Isthmiques de Corinthe avaient été ainsi institués, selon la légende, en l’honneur de Mélicerte que sa mère Ino avait entraînée dans les flots.

Aux IIIe et IVe siècles av. J.-C. se multiplièrent les jeux isolympiques (égaux aux jeux olympiques), isopythiques (égaux aux jeux de Delphes)... Tels étaient les Asklepeia de Kos, les Didymeia de Milet, les Héliaia de Rhodes  , les Leukophryéna de Magnésie du Méandre... Ces concours proliférèrent à l’époque hellénistique et à l’époque romaine. Ainsi existèrent les Pythia de Sicyone, les Asklépeia d’Epidaure, les Poseidaia de Mantinée...

Les valeurs consacrées

A l’occasion des Jeux, la trêve sacrée (Olympiakè ekecheiria) suspend les hostilités dans un monde où les cités vivaient en état de guerre quasi permanent. Toutes les cités étaient invitées officiellement à y participer et personne ne devait mettre d’obstacle à cette participation. La trêve olympique était donc un moment de paix qui permettaient aux spectateurs et aux athlètes de s’acheminer vers les quatre grands sanctuaires. Cette trêve était parfois prétextée pour ne pas prendre part à un conflit. La trêve était aussi parfois violée.

Les Jeux étaient une occasion de mettre en avant les valeurs de piété, de courage et de beauté qui étaient communes à toutes les cités. Les athlètes devaient aller jusqu’au bout de leurs possibilités. Les théores étaient chargés d’annoncer l’ouverture des jeux. Ces envoyés officiels étaient reçus et hébergés par des correspondants officiels nommés théorodoques (ceux qui reçoivent les théores). Mais les Jeux participent aussi de l’entraînement du citoyen-soldat : les épreuves visent à développer des qualités physiques recherchées chez le soldat. Pausanias (V,8,10) nous apprend ainsi qu’aux Jeux Olympiques de 520 on introduisit une nouvelle course, l’hoplitodromos, qui consistait à faire courir ses participants sur près d’un demi-kilomètre avec casque et bouclier.

C’était aussi l’occasion pour les artistes d’exposer leurs œuvres. Les musiciens donnaient des concerts, les écrivains organisaient des lectures publiques et les orateurs des conférences.

Gloire et postérité

On prétendait posséder jusqu’à l’an 776 av. J.-C. la liste des vainqueurs qui servait de base à la chronologie des Olympiades. C’est ainsi qu’Hippias déduit la date supposée de la première olympiade. S’il était vainqueur dans les quatre sanctuaires, un athlète recevait le titre de périodonice, c’est-à-dire de « vainqueur dans la période », le terme de période désignant le cycle des quatre grandes compétitions. Pour les Grecs, il n’y avait qu’un seul vainqueur : une deuxième ou troisième place n’assurait aucun prestige.

Les vainqueurs étaient couronnés avec des feuilles d’olivier. Les athlètes vainqueurs bénéficiaient d’une gloire incomparable. Cette gloire honorait non seulement leur famille mais aussi leur cité. Les inscriptions en l’honneur des vainqueurs étaient libellées comme suit : « Un tel, fils d’Un tel, originaire de telle cité ». Le succès de l’athlète reflète l’excellence de ses ancêtres, sa discipline, sa droiture, son acceptation du risque, sa modération dans le succès. L’Aurige de Delphes, célèbre ex-voto en bronze commémorant une victoire vers 470, est l’incarnation de ces qualités.

Théoriquement, les vainqueurs avaient le droit de faire une entrée dans la ville par une brèche faite dans la muraille. Ils avaient le privilège d’être nourris au prytanée. Lors des sacrifices, ils recevaient une double part des viandes. Reçus en triomphe dans leur ville natale, leur image était immortalisée par les plus grands artistes, leur nom transmis à la postérité par les chants de victoire (épinicies) : les odes de Pindare célèbrent souvent des athlètes victorieux. La famille des Diagoras de Rhodes, où de génération en génération les athlètes accumulèrent les couronnes de la victoire, était ainsi très renommée.


 



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Dernière mise à jour : 21 décembre 2014
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