Arabie & Levant
Nabatéens

Rois nabatéens

Unité culturelle du royaume

L’émergence d’une principauté nabatéenne est permise par l’affaiblissement de la dynastie séleucide en raison de ses dissensions internes et de l’opposition de Rome. Petit à petit, les Nabatéens vont passer d’une organisation en tribu à une monarchie où les rois finiront par être divinisés de leur vivant. Toutefois, dans cette confédération de tribus qui constituent le royaume nabatéen, l’autorité royale ne peut être que morale.

En effet, il ne s’agit pas d’un royaume au sens administratif du terme mais beaucoup plus d’une zone d’influence comprise entre Damas au nord, Wejh (sur la côte de l’Arabie Saoudite actuelle) à l’est, El Ula au sud (au nord de l’actuelle Médine), jusqu’au delta du Nil au sud-ouest. L’unité de ces tribus se construit autour d’une culture commune et l’usage d’une langue commune de communication, l’araméen. L’unité culturelle est d’abord religieuse : ces différentes tribus adorent toutes les quatre divinités principales de la péninsule arabique pré-islamique : Sa’bu, Dhusara, Allat et al-’Uzza. Le royaume englobe d’ailleurs les sanctuaires religieux de Khirbet ed Dharih, Kirbet ed Tannur.

Principaux monarques

Ainsi, un chef de tribu nommé Harétat, bénéficiant d’une certaine ascendance sur le peuple suite à ses nombreuses victoires, devient roi des Nabatéens vers 120/110 av. J.-C. sous le nom d’Arétas II. Son règne est marqué par de nombreux accrochages avec les Israélites : ainsi en 96 av. J.-C., Alexandre Jannée, grand prêtre et roi de Jérusalem, occupa Gaza, port de commerce nabatéen. Obodas Ier, vengea son père Arétas II, reprit Gaza en 93 av. J.-C. et repoussa une attaque séleucide d’Antiochos XII. Il meurt en 85 av. J.-C. et fut enterré à Oboda, l’actuelle Avdat dans le Néguev. Divinisé après sa mort, plusieurs sanctuaires lui étaient consacrés à Pétra.

A la mort du roi séleucide Antiochos XII, Arétas III (85 - 62 av. J.-C.), surnommé « Philhellène », devint roi à Damas, qu’il abandonna ensuite devant l’avancée du roi arménien Tigrane le Grand. Arétas III battit Alexandre Jannée en 82 av. J.-C. près de Lydda mais il perdit douze villes de Moab et d’Edom, ainsi que plusieurs ports. Il fonda les villes de Bosra et d’Um-el-Djamal. A la mort d’Alexandre Jannée, Arétas prit partie dans la querelle de succession entre ces deux fils (67 av. J.-C.) : il soutint Hyrcan II contre son frère Aristobule II, Hyrcan lui ayant promis de lui restituer les villes gagnées par Alexandre Jannée. Arétas vainquit Aristobule et entreprit le siège de Jérusalem (65 av. J.-C.), mais Pompée qui venait de s’emparer de Damas, l’obligea à se retirer faute de quoi, il serait déclaré ennemi de Rome. C’est sous son règne que les Nabatéens adoptèrent l’écriture grecque.

Obodas II (62 - 60 av. J.-C.) fut le premier roi à instaurer une divinisation du souverain. Ce culte est peut-être à l’origine de l’édification ultérieure de tombes monumentales destinées aux souverains (Khazneh, Deir).

L’amitié de Malichos Ier (60 - 30 av. J.-C.) avec les Romains assura une certaine prospérité au royaume. En 47 av. J.-C., il avait soutenu César en lui envoyant un secours de cavalerie lors de la Guerre d’Alexandrie. Mais il commit une erreur politique grave en soutenant l’invasion des Parthes quelques années plus tard (40 av. J.-C.). Les Romains le punirent en lui infligeant une lourde taxe.

A Obodas III (30 - 8 av. J.-C.), succéda Arétas IV (9 av. - 40 apr. J.-C.), surnommé « Ami de son peuple ». Durant son règne, le royaume atteint son apogée. Pour se ménager le voisinage d’Hérode Antipas, roi des Juifs, Arétas lui offrit sa fille en mariage. Après leur divorce en 37, Arétas marcha avec son armée sur Machéronte et écrasa les Palestiniens. Arétas IV fut un grand bâtisseur. Les principaux monuments de Pétra furent édifiés sous son règne (dont le temple aux lions ailés) et de nombreux travaux hydrauliques furent réalisés sur le site, ainsi qu’une vingtaine de tombeaux à Hégra.

Malichos II (40 - 70 apr. J.-C.) mena une politique pro-romaine. Il fut allié de Titus, auquel il fournit un contingent de 1 000 cavaliers et 500 archers, pour la prise de Jérusalem en 70. Après sa mort, sa femme Shaqilat II assura l’interrègne jusqu’à la majorité de son fils Rabbel. Rabbel II, surnommé « celui qui fait vivre et sauver son peuple » fut le dernier roi (70 - 106) de Pétra. Peu après sa mort, les Romains annexèrent définitivement la Nabatène.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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