Arabie & Levant
Nabatéens

Pétra romaine

Tentatives d’annexion...

Après avoir conquis la Syrie et la Palestine en 63 av. J.-C., Pompée voulut annexer Pétra pour punir les Nabatéens du soutien apporté aux Parthes qu’il venait de défaire. Le siège mené par son général Scaurus échoua : Scaurus leva le siège de cette forteresse naturelle contre une rançon de 300 talents   d’argent. Les Nabatéens furent toutefois expulsés de Damas. En 55 av. J.-C., Gabinius, gouverneur romain de Syrie, réitère la manœuvre avec le même résultat.

En 47 av. J.-C., Malichos Ier envoya des cavaliers pour soutenir les légions romaines de César et d’Antoine dans leurs opérations militaires à Alexandrie. La cavalerie nabatéenne bénéficiait en effet d’une grande réputation. A la fin du Ier siècle, lors de la bataille d’Actium  , les Nabatéens firent partie de la coalition de peuples orientaux réunis par Antoine et Cléopâtre. Ingrat, Antoine amputa le royaume nabatéen au profit de Cléopâtre. La révolte nabatéenne qui s’ensuivit fut écrasée par Hérode le Grand en 31 av. J.-C. près de Philadelphie (Amman). Ralliés à Octave après cette défaite, les Nabatéens participèrent à l’incendie de la flotte de Cléopâtre à Suez.

Auguste, attiré par les richesses de l’Arabia Félix chargea Aelius Gallus, préfet d’Égypte, de reconnaître les routes (en vue d’une conquête ?) qui menaient à Marib. Méfiants, les Nabatéens, qui avaient été requis comme guides, s’arrangèrent pour faire traîner l’expédition des dix mille romains qui parvinrent épuisés sous les remparts de Marib et durent renoncer à la conquête. Auguste se vengea en détournant le commerce des épices et de l’encens des routes caravanières au profit de la voie maritime par la Mer Rouge.

...et conquête définitive

Sous le règne de Trajan, Cornelius Palma, gouverneur de la province de Syrie, annexa facilement la Nabatène en 106 de notre ère après avoir ruiné son commerce. La conquête romaine réduisit Pétra au rang de simple métropole regroupée avec la Décapole pour constituer la province romaine d’Arabie ayant pour capitale Bosra.

Cependant, les Romains aménagèrent Pétra au même titre que toute cité romaine : construction d’une voie à portiques et de thermes, d’un arc triomphal à l’entrée du Siq. La Via Nova Traiana, construite de 111 à 114, relia la Syrie à la Mer Rouge en passant par Pétra. Les plus beaux monuments romains visibles actuellement datent probablement de l’époque des Antonins (IIe siècle apr. J.-C.). La cité atteint alors son apogée, mais le détournement des caravanes vers Palmyre et l’ouverture de routes maritimes directes avec l’Arabia Félix lui firent perdre rapidement son rôle commercial. En 130, l’empereur Hadrien honora la cité de sa visite qui reçut à cette occasion le nom de Pétra Hadriana mais contrairement à Jerash, cette visite ne déclencha pas un grand mouvement d’urbanisation : le seul témoin architectural de cette époque est constitué par la tombe de Sextus Florentinus. L’empereur Elagabal, d’origine orientale, honora la cité du titre de « colonie romaine » en 222 ap. J.-C.

En 292 ap. J.-C., la province d’Arabie fut amputée du Néguev ainsi que des villes d’Aïla (Aqaba) et Pétra. Ce démembrement devint en 358 une province à part entière, la Palestrina Salutaris. En 363, Pétra fut sévèrement touchée par un séisme, dès lors, elle connut un déclin définitif.


 



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Dernière mise à jour : 3 juin 2015
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