Arabie & Levant
Nabatéens

Pétra, la cité de l’eau

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L’eau était partout présente à Pétra malgré un environnement semi-désertique. Les rares mais fortes pluies de l’automne et du printemps sont recueillies et acheminées par des canalisations vers des réservoirs chaque fois que la montagne a permis de tels aménagements. D’ailleurs, la plus haute falaise de Pétra s’appelle « Umm el Biyarah », ce qui signifie, en arabe, la « mère des citernes ». La configuration physique de Pétra a facilité la tâche de ses habitants : le site constitue une cuvette où viennent s’accumuler les eaux de pluie tombées sur les montagnes environnantes. D’où la nécessité ancienne de maîtriser le cours du Wadi Musa pour éviter des inondations catastrophiques.

...pour en tirer pleinement partie...

Les travaux qui ont été entrepris à différentes périodes sont considérables. Il traduise une réelle maîtrise technique et l’existence d’une volonté durable d’installation. Selon Strabon, le mot « nabatéen » signifie spécialiste de l’eau, mais ces travaux hydrauliques étaient déjà pratiqués par les Edomites. Des canaux creusés dans la roche ou des conduites en terre cuite dirigent les eaux d’écoulement vers des citernes. De toute taille, de toute forme, les bassins permettent l’irrigation de jardins. De véritables barrages barrent le fonds des petits wadis (Wadi es Siyagh, Wasi Abu Ullayqa, Wadi Farasa).

Le Wadi Musa lui-même, dont l’ancien lit correspond au Siq, est détourné par un barrage conduisant les eaux vers un tunnel : il contourne le massif de la Khubta pour venir alimenter un nymphée   au cœur de la cité. Ce tunnel constitue en lui-même un très bel exemple de la qualité des aménagements accomplis par les Nabatéens : 88 mètres de long sur 6 mètres de haut creusés dans la roche.

...et développer l’élevage et l’agriculture

La gestion des ressources en eau était destinée tant à la consommation humaine et animale qu’à la mise en valeur de terres peu fertiles. La construction de terrasses irriguées, dont certaines sont encore visibles, permettra la culture de céréales et surtout de vigne. Selon Strabon, les Nabatéens étaient en effet de grand consommateur de vin, notamment au cours des banquets rituels. On a d’ailleurs découvert des pressoirs taillés dans la roche. Cependant, on ne peut pas vraiment parler de champs cultivés mais plutôt de jardins. Comme aujourd’hui, l’élevage demeurera l’activité agricole prédominante chez un peuple aux origines nomades.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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