Arabie & Levant
Nabatéens

Les Tombeaux royaux

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© Jean Savaton
Pétra : tombe à l’urne.

On désigne parfois ainsi les tombeaux creusés dans la partie inférieure de la paroi du Djebel Khubtha. Cette dénomination traduit autant la qualité esthétique des tombes considérées que l’éventuelle identité de leurs destinataires initiaux.

La Tombe à l’Urne

Probablement sculptée en 70 av. J.-C. D’énormes voûte étagées sur deux niveaux soutiennent l’escalier maçonné datant de la période byzantine, l’escalier d’origine était lui taillé dans le rocher. On débouche alors sur une terrasse rectangulaire agrémentée de part et d’autre d’une colonnade. La façade est décorée de deux pilastres   d’angle encadrant deux demi-colonnes aux chapiteaux nabatéens. Deux entablements reposent sur les colonnes, surmontés d’un fronton se terminant par un petite urne d’où le nom donné à cette tombe. La frise supérieure comporte quatre bustes de divinités très abîmés par l’érosion.

Entre les colonnes s’intercalent trois niches. Chacune d’entre elles constitue un caveau inaccessible. Celle du centre est en partie fermée par une dalle ornée d’un relief représentant le buste d’un homme vêtu d’une toge. la porte centrale, flanquée de deux pilastres est d’origine nabatéenne. Les deux portes latérales ont été creusées à l’époque byzantine.

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Pétra : tombe à l’urne.
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Pétra : tombe à l’urne.

La salle principale, colossale, mesure 17 sur 18,9 mètres. Elle bénéficie d’une bonne acoustique. A l’origine, il s’agit peut-être du caveau funéraire du roi Malichos II. L’évêque Jason la transforma en une église byzantine vers 447 (inscription peinte en rouge dans le fond à gauche). Les trois niches du fond ont été retaillées en arc pour servir de prothèse et de diakonikon, suivant la tradition des églises grecques byzantines. L’emplacement de l’autel et de la tribune de prêche sont encore visibles.

La Tombe de la Soie

Elle doit son nom au drapé des veinures de la roche et aux couleurs douces du grès dans lequel elle a été taillée. La façade est ornementée d’une double corniche.

La Tombe de Sextus Florentinus

Elle tient son nom du fils du gouverneur romain de la province d’Arabie qui la fit sculpter vers 130 apr. J.-C. et la dédia à son père conformément à la demande testamentaire de celui-ci. L’inscription figurant au-dessus de la porte d’entrée raconte la vie de Sextus Florentinus : "A Titus Aninius fils de Lucius, de la tribu Papiria, Sextus Florentinus, triumvir chargé de la frappe de l’or et de l’argent, tribun des soldats de la Iere légion Minervae, questeur de la province d’Achaïe, tribun de la plèbe, légat de la IXe légion Hispana, proconsul de la province de Narbonnaise, légat de l’empereur, propréteur de la province d’Arabie, père bien-aimé, selon son testament".

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Pétra : tombe de Sextius Florentinus.

Cette inscription présente de nombreux intérêts. Outre qu’elle permet de dater à quelques années près (entre 126 et 130 apr. J.-C.) la construction de ce tombeau, elle nous apprend que Sextus Florentinus lui-même avait choisi d’être enterré sur ce site, marquant par là son attachement à une cité. On peut légitimement penser que l’ancien gouverneur de la province d’Arabie n’a pas choisi au hasard l’emplacement de son futur tombeau, emplacement que d’autres personnages importants avaient déjà choisi comme lieu de repos éternel. La décoration est une savante synthèse des styles nabatéen et dorique   avec un fronton arqué surmonté d’un aigle impérial.

La Tombe Corinthienne

La décoration, sévèrement endommagée par l’érosion, de cette tombe est un mélange des styles visibles à Pétra. Toutefois, le plan d’ensemble et la dimension de l’édifice évoquent une sépulture royale. Contrairement à ce que laisserait supposer le nom, les chapiteaux de colonnes sont de style nabatéen.

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Pétra : au pied d’el Khubta la tombe palais et la tombe corinthienne.

La partie supérieure imite celle du Khazneh, alors que la partie inférieure est une copie de la tombe aux obélisques. Huit colonnes encadrent cinq portes dont la plus large permet d’accéder à la salle principale. Les autres portes constituent des aménagements ultérieurs ouvrant sur de petites salles carrées. Le style de l’ensemble indique une construction antérieure à l’annexion romaine. A l’intérieur, les sept loculi n’ont pas de fosse, ce qui ne permet pas d’affirmer que le monument était une tombe.

La Tombe Palais ou Tombeau à Étages

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Pétra : la tombe palais.

Située à gauche du Tombeau Corinthien  , il s’agit peut-être de la plus récente des tombes de Pétra, édifiée durant la seconde moitié du Ier siècle.

Le monument est aussi large (49m) que haut (46m) et comprend cinq niveaux superposés. Les deux derniers niveaux ont été fortement endommagé par l’érosion. Le registre supérieur est composé de quatre portes encadrées par des pilastres au style nabatéen. L’ensemble n’est pas sans rappeler le mur de scène d’un théâtre romain. L’angle supérieur gauche a été construit en maçonnerie, la roche n’étant pas assez solide. Là aussi, rien n’indique que les quatre chambres du registre inférieur ont été taillées pour faire office de tombes.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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