Arabie & Levant
Nabatéens

Pétra, le Siq

Djinn blocks

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© Jean Savaton
Pétra : les Djinn blocks.

On appelle ainsi les trois blocs massifs de forme rectangulaire que l’on trouve sur la droite du Wadi avant d’arriver au Siq et dont la signification est longtemps demeurée controversée. Après étude, il s’est avéré qu’il s’agissait de tombeaux du genre tombes-tours, d’un genre un peu différent de celles que l’on peut observer à Palmyre.

L’une ressemble à une pyramide à degré. Deux d’entre elles disposent d’une chambre funéraire ouverte vers l’est. Le troisième bloc (au premier plan à gauche sur la photo), outre sa décoration sur les quatre faces, présente la singularité de disposer au sommet d’une fosse de 2,20 m x 1,20 m et profonde de 2 mètres qui était couverte de dalles.

Tombeau aux obélisques et triclinium

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Pétra : tombeau aux obélisques.

Le tombeau est surmonté de quatre cippes funéraires, en forme d’obélisque, appelées nefesh. Un nefesh étant sensé représenter la personne ou l’âme du défunt, il s’agit donc probablement ici d’un tombeau collectif. Ce que confirme la présence de cinq loculi creusés dans les parois de la chambre inférieure : les quatre premières disposées deux à deux de chaque côté de l’entrée et la cinquième au fond. L’identité des occupants initiaux est révélée par une inscription bilingue en nabatéen et en grec sur le rocher situé en face, de l’autre côté du wadi : elle mentionne un certain Abdmank et sa postérité.

Dans la partie inférieure du tombeau, les trois salles en triclinium  , appelées parfois triclinium Bab al-Sîq, semblent constituer un ensemble indépendant dont la construction n’a pas pu être achevée. Elles étaient destinées à honorer les morts au cours de banquets rituels.

Le Siq

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Pétra : dallage et canalisation dans le Siq.
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Pétra : autel dans le Siq.

Le Siq correspond à l’ancien lit du Wadi Moussa. C’est un canyon étroit, de quelques mètres de large (3 à 11 mètres), et profond, atteignant par endroit cent mètres de haut qui entaille cette muraille naturelle sur 1200 mètres avant de déboucher face au Khazneh. Cette véritable tranchée n’est pas dû uniquement à l’érosion du wadi. Au contraire, c’est principalement l’érosion éolienne qui a accentué une fracture orientée est-ouest dans une roche gréseuse particulièrement friable. Or à Pétra, les vents dominants sont orientés à l’ouest. C’est le choc des grains de sable, transportés par le vent, qui petit à petit a érodé les parois : phénomène dit de corrasion bien connu au Sahara.

Ce phénomène de corrasion constitue d’ailleurs une menace discrète mais irrévocable pour les monuments de Pétra : autrefois, une arcade marquait l’entrée du site, elle s’est depuis effondrée.

Seule voie d’accès aisée pour les piétons et seule voie praticable pour les caravanes, le Siq a été entièrement dallé à l’époque romaine. De part et d’autre de la voie, à hauteur d’homme, d’étroites canalisations ont été creusées dans la paroi pour recueillir les eaux de ruissèlement et les diriger vers des citernes.

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Pétra : sculpture représentant un chamelier.

Vers le milieu du Siq, on découvre un autel massif taillé dans le roc. Sa décoration est assez complexe : une frise dorique   à triglyphes et rosaces surmonte deux colonnes à chapiteaux nabatéens entourant deux bétyles. Le plus grand des deux est orné d’une face humaine stylisée.

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Pétra : reposoir à bétyle dans le Siq.

Plus loin, une sculpture plus grande que nature représente une scène quotidienne de la Pétra antique : des chameliers à pied, vêtus d’une fine tunique plissée pénètrent pieds nus à travers le Siq en s’appuyant sur de longs bâtons et tirant leurs dromadaires par une longe.
Tout au long du Siq, sculptés dans la paroi, stèles votives, bétyles et autres reliefs représentent les dieux vénérés à Pétra. Disposés comme autant de bornes le long du parcours, l’ensemble avait sans doute une signification religieuse précise pour les caravanes entrant ou sortant de Pétra, comme autant d’étapes spirituelles avant de pénétrer dans la cité sanctuaire.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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