Arabie & Levant
Palmyre

Palmyre romaine

Tadmor devient Palmyre...

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© Jean Savaton
Palmyre, la grande colonnade.

Appien nous raconte qu’en l’an 41 av. J.-C. Antoine ayant à payer les gratifications qu’il avait promises à ses cohortes et le trésor de Rome étant mal en point, jeta son dévolu sur les richesses de la ville. Il justifia cette expédition punitive par le fait que les Palmyrénéens louvoyaient politiquement entre les Parthes et les Romains sans choisir leur parti. Avertis, les habitants de Palmyre transportèrent leurs biens de l’autre côté de l’Euphrate et les Romains trouvèrent une ville désertée.

On ne connaît pas exactement la date d’annexion de Palmyre par les Romains. Germanicus, sous le règne de Tibère, fut envoyé en Orient avec des pouvoirs étendus sans que l’on sache vraiment le but et les résultats de cette mission. Il semble bien que Claude et ses successeurs aient déployé des efforts tenaces pour attirer Palmyre dans l’orbite de Rome. Palmyre fut vraisemblablement annexée par les Romains en même temps que Pétra et Damascus, en l’an 106.

Dès le Ier siècle av. J.-C., la ville prend une grande importance stratégique en raison de sa situation de ville tampon entre l’empire romain et les territoires sous domination parthe. Pline l’Ancien écrit : "Palmyre jouit d’un sort privilégié entre les deux grands empires, celui des Romains et celui des Parthes, et tous deux la sollicitent, dès que renaissent les conflits."[Histoire naturelle V,88]. Ainsi à l’époque d’Auguste ou de Tibère, l’empire romain noue ses premières relations diplomatiques avec Palmyre tant en raison de son rôle stratégique que de son rôle dans les liens commerciaux avec l’Orient.

... cité de l’Empire romain ...

Tibère entreprend une véritable œuvre de propagande en finançant la construction du temple de Bel. La ville est alors rattachée à l’empire et prend le nom de Portus Palmyra, le port de Palmyre, dans les documents officiels romains.

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© Jean Savaton
Palmyre, cella du temple de Bêl.

Elle est incorporée à la province romaine de Syrie en 18 apr. J.-C. Mille archers palmyréniens prirent part au siège de Jérusalem, en tant que vélites, en 70 apr. J.-C. En 116, Trajan crée les premières unités auxilliaires palmyréniennes destinées à protéger le limes. La ville est alors une forme de république marchande dirigée par une boulê et deux archontes. Des mandataires extraordinaires chargés par la ville de traiter avec l’empereur romain ou son représentant surveillaient les agissements des publicains.

On a gardé la trace du statut de la ville, publié en 137, mais qui reprend une loi datée de 68, reprise elle-même de la réglementation fiscale de l’époque de Tibère promulguée vers 30 av. J.-C. Ce statut particulier est de nouveau renouvelé lors de la visite d’Hadrien en 130 qui fait de Palmyre une ville libre : ce qui laisse au sénat le droit de fixer et collecter les impôts. La ville prend alors le nom de Hadriana Palmyra et ses habitants se qualifient eux-mêmes d’Hadrianapolitai. Hadrien fut reçu avec beaucoup d’égards par les habitants. Sa popularité fut telle que les habitants le déifièrent avant même son apothéose   : Hadrien eut en son temps un collège de prêtres, son autel, ses sacrifices.

La dynastie des Sévères (193-235), en partie d’origine syrienne, fut favorable au développement de Palmyre.

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Ruines présumées du sénat de Palmyre.

Alexandre Sévère, avait installé pendant la durée de sa campagne contre les Perses, qui menaçaient la Characène (Basse-Mésopotamie), son quartier général à Palmyre. Les Palmyréniens jouèrent d’ailleurs un rôle important dans l’organisation et le déroulement de cette campagne. Ils guidèrent les légions de l’empereur à travers le désert et leur permirent d’atteindre aisément Doura-Europos, sur l’Euphrate, où les Romains grossirent leur corps d’expédition de la vingtième cohorte d’archers palmyréniens qui y tenaient garnison.

En 217, Palmyre devint colonie romaine sous le règne de l’empereur Caracalla et bénéficia ainsi du jus italicum. Ce nouveau statut signifiait que les citoyens de Palmyre devenaient égaux en droits aux citoyens romains et étaient désormais dispensés de payer l’impôt foncier.

Dioclétien fit fortifier la ville pour qu’elle constitue l’un des maillons de sa ligne de forteresses, le limes oriental. Sous Justinien, au VIe siècle, la ville abritait une importante communauté chrétienne : elle comportait plusieurs églises et envoya un évêque, Marinus, au Concile de Nicée en 320. Les cella   des temples de Bêl et Baal-Shamîn furent alors transformées en églises.

... dont le statut est un tarif fiscal

La loi fiscale de Palmyre est le document le plus important que nous possédions sur la réglementation et l’activité du commerce palmyrénéen. Cette loi fiscale, promulguée par le sénat de Palmyre est datée « du dix-huitième jour du mois de Nisan de l’an 448 des Séleucides », c’est-à-dire du 18 avril 137 de notre ère. Le texte est bilingue, une version grecque et une version palmyrénienne, selon l’usage adopté à Palmyre pour la plupart des inscriptions. Le tarif débute par un bref exposé historique, intégralement maintenu dans les deux versions. Cette introduction précise les conditions qui ont motivé le remaniement du tarif et le but auquel répondent les retouches apportées à ce tarif. Cette loi énumère les taxes douanières qui frappent l’entrée et la sortie des matières sèches, des esclaves, de la pourpre, des parfums, de l’huile, des salaisons, de la graisse, des montures, des troupeaux, des prostituées. Elle réglemente le régime fiscal du sel importé à Palmyre et du sel extrait sur le territoire de cette ville.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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