Monde Grec
Macédoniens

L’héritage alexandrin

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De son vivant, Alexandre était déjà entré dans la légende et sa mère Olympias lui avait inculqué dès sa plus tendre enfance qu’il était d’origine divine. Alexandre y cru-t-il lui-même, lui qui alla à l’oasis d’Amon pour interroger les prêtres ? Sa jeunesse, ses prodigieuses conquêtes sans aucun revers, sa mort foudroyante font de lui un personnage hors du commun où tous les évènements prennent un aspect tragique proche de la mythologie. Comme les dieux grecs, comme Héraclès, Alexandre allie en lui les exploits mythiques et les faiblesses humaines. Avec le recul, sa fabuleuse épopée n’est pas exempte d’erreurs que l’on peut juger plus ou moins impardonnables : répression féroce de Thèbes, incendie de Persépolis, assassinat de Cleitos au cours d’une querelle d’ivrogne, massacre des mercenaires indiens à Massaga, traversée du désert de Gédrosie...

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Toutes ces erreurs doivent être mises en parallèle avec l’œuvre et l’héritage d’Alexandre quand on songe à la brièveté de son règne. Alexandre le Grand fut un prodigieux fondateur de cités. Plutarque lui en attribuait soixante-dix, trente-quatre sont identifiées à ce jour, dont vingt-cinq Alexandrie : Alexandrie en Arie (Herat), Alexandrie d’Arachosie (Kandahar), Alexandrie de l’Oxus   (Termez), Alexandrie Eschaté, Alexandrie Bucéphale... Héritier de la culture grecque, il n’eût pas la vision sectaire de ses aînés pour lesquels tous les non Grecs étaient des Barbares, au contraire il pratiqua très rapidement une politique « multi-raciale », adoptant les usages des pays conquis, s’appuyant sur les élites locales, intégrant les plus jeunes à son armée. Toute son oeuvre contribua à la diffusion de la culture grecque jusqu’en Inde où elle demeura bien après sa mort.

Cette ouverture culturelle sera d’ailleurs à double sens : la richesse de la pensée orientale sera transcrite en grec par les intellectuels des siècles à venir : Manéthon pour l’Égypte, Bérose pour la Mésopotamie, Philon de Byblos, Ménandre et Dios pour le monde phénicien, quant à la traduction de la Torah de grec elle interviendra sous le règne de Ptolémée.

Pendant des siècles, les cités fondées par Alexandre ont répandu les arts, la littérature et les connaissances scientifiques des Grecs. Dans les siècles qui suivirent son épopée ne tomba jamais dans l’oubli et bien au contraire elle se mêla aux récits immémoriaux et fit d’Alexandre, Alexandre le Grand, celui qui surpasse tous les autres.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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