Mésopotamie
Sumer & Akkad

Vie quotidienne à Sûmer

Le roi

JPEG - 26.9 ko
Statuette de roi-prêtre - Vers 3200 - Uruk.

Les villes sumériennes sont dirigées par un chef, mais ces chefs ne sont pas des rois. Le véritable roi, c’est le dieu tutélaire de la ville, dont le chef terrestre n’est que le vicaire : chef politique et grand prêtre. Le roi est un prêtre roi (en en sumérien), émanation du dieu tutélaire de la cité et chef de guerre. Son titre est patesi, serviteur, en sumérien et ishakkou, remplaçant, en akkadien. Cette charge d’ishakku finit par devenir héréditaire. Si ce chef dirige une ville qui exerce une certaine hégémonie locale, il prend alors le titre de lougal, roi et seigneur, en sumérien, de sharrou et bel en akkadien.

Pour les Sumériens, la royauté, d’essence divine, descendit du ciel à la création du monde dans la ville d’Eridu, puis elle fut transférée à Sippur et Shuruppak. Cette autorité n’est pas absolue. Afin de mieux asseoir une lignée royale et son antériorité, la durée de chaque règne est mythique : elle va de 64 000 à 18 000 ans !

Le Patesi a des devoirs précis, tant matériels que moraux. "Il doit remplir les canaux d’eau courante, multiplier le poisson dans les étangs, construire des greniers, établir des parcs, veiller à ce que bœufs et ânes remplissent bien leur rôle, veiller à la bonne exécution de la mouture, et, par la musique, distraire son peuple. " Et tous ces devoirs précis, le dieu se charge, le cas échéant, par des instructions précises, de les lui remettre en mémoire.

Le peuple

JPEG - 22.2 ko
© Photo R.M.N
La femme à l’écharpe - Tello.

Tous les citoyens sumériens, y compris les esclaves, jouissaient de certains droits civiques élémentaires, mais leur situation socio-économique variait en fonction de leur rang dans la société, qu’ils soient esclaves (essentiellement des étrangers fait prisonniers lors de batailles) ou hauts dignitaires du clergé, qui vivaient dans de fastueuses demeures. Dans l’ensemble, les habitants étaient fermiers, éleveurs, bateliers, pêcheurs, négociants et artisans.

La classe moyenne se composait de prêtres, médecins, scribes, artisans et ouvriers qualifiés... Les scribes assurent l’administration et la tenue des documents administratifs. Un autre élément de la population comprenait les prêtres au service des divers cultes : du dieu de la ville, de sa suite, etc. Les prêtres purificateurs étaient classés en nombreuses catégories, chacun avec un titre différent, et le nombre de spécialistes religieux foisonnait : devins, interprètes de rêves, diseurs de bonne aventure... Des étrangers se mêlaient à cette population : on connaît l’existence à Our d’une colonie de marchands venus de Meluhha (l’Inde d’aujourd’hui).

Le sol appartenait en théorie au dieu de la cité, soit probablement au Temple, qui l’administrait dans l’intérêt de tous les citoyens. En fait, une grande partie des terres était la propriété de particuliers. Les pauvres eux-mêmes n’étaient pas sans posséder quelques biens fonciers. L’entretien du système d’irrigation devait nécessairement être assuré en commun.

La justice et l’idéal moral

La loi et la justice étaient des concepts fondamentaux dans l’antique Sumer. Au cours du siècle passé, les archéologues ont mis à jour des milliers de tablettes d’argile représentant toutes sortes de documents d’ordre juridique : contrats, actes, testaments, billets à ordre, reçus et arrêts des tribunaux. La loi était sévère.

Les penseurs sumériens avaient une vision relativement pessimiste de l’homme et de sa destinée. Ils étaient fermement persuadés que l’être humain, pétri d’argile, n’avait été créé que pour servir les dieux en leur fournissant la nourriture, la boisson et des demeures. Ils se disaient que la vie est pleine d’incertitude et que l’homme ne peut jamais y jouir de la sécurité puisqu’il est incapable de prévoir la destinée que lui assignent les dieux. Après sa mort, il n’est plus qu’une ombre impuissante errant dans les ténèbres des enfers.

Si nous en croyons leurs propres chroniques, les Sumériens
prisaient fort la bonté et la vérité, la loi et l’ordre, la justice et la liberté, la droiture et la franchise, la pitié et la compassion. Ils abhorraient le mal et le mensonge, l’anarchie et le désordre, l’injustice et l’oppression, les actions coupables et la perversité, la cruauté et l’insensibilité. Leurs rois se vantaient constamment d’avoir fait régner la loi et l’ordre dans leurs villes ou dans le pays, d’avoir protégé les faibles contre les forts, et les pauvres contre les riches, d’avoir exterminé le mal et établi la paix.

Si les Sumériens pensaient que les grands dieux se conduisaient d’une façon vertueuse, ils n’en croyaient pas moins qu’en établissant la civilisation humaine, ces mêmes dieux y avaient introduit également le mal, le mensonge, la violence et l’oppression. La liste des me comprenait non seulement la vérité« , »la paix« , la bonté » et « la justice » mais aussi « la fausseté », « la dispute », « la lamentation » et « la cruauté ».

L’économie sumérienne

JPEG - 36 ko
Tablette comptable.

La Mésopotamie méridionale n’ayant pas de ressources minérales significatives, l’économie était fonction de l’agriculture et de l’emplacement central de Sumer qui permettaient aux commerçants sumériens d’agir comme intermédiaires dans le transport des marchandises le long des voies commerciales. Les artisans vendaient librement leurs produits et les négociants itinérants entretenaient par voies terrestres et maritimes un commerce florissant avec les états voisins.

L’agriculture était la base de l’économie sumérienne et de la richesse. Les méthodes et les techniques étaient hautement développées bien avant le IIIè millénaire. La culture des céréales n’était pas la seule source de richesse, on y pratiquait aussi la culture maraîchère et les vergers étaient florissants. Des palmeraies et des potagers complétaient la production des céréales. Cependant la prospérité agricole de Sumer commença cependant à décliner à mesure qu’augmentait la salinité des terres. La production du blé devint impossible. La culture de l’orge, moins délicate, remplaça alors celle du blé, comme culture de base mais elle fut bientôt elle-aussi affectée par l’augmentation continue des sels dans le sol. Sous la Troisième dynastie, la production de la laine et le développement d’une importante industrie textile furent encouragés. Les lainages d’Our, hautement prisés, devinrent l’une des bases des relations commerciales lointaines.

JPEG - 19.1 ko
Vase à eau, culture de Jemdet Nasr - IIIe millénaire av. J.-C. - Uruk.

L’eau était bien entendu fortement utilisée au quotidien. Des conduits et des tuyaux drainaient l’eau des bâtiments et des terrasses ; ces conduits étaient en terre cuite, recouverts de bitume à l’extérieur et de plâtre blanc à l’intérieur. L’eau servait aussi dans l’industrie textile, ce qui probablement en dégradait la qualité. Outre les eaux du fleuve, on consommait celles de la nappe phréatique appelées « les eaux douces d’Enki-Ea ».

Pour satisfaire ces divers besoins, la maîtrise des dispositifs hydrauliques était donc indispensable d’autant que la région connaît un climat où de fortes inondations au printemps précédent des sècheresses en été. L’une des obligations royales était d’entretenir les canaux, dans la ville et à l’extérieur. Il y avait aussi des barrages et des écluses pour régler le débit, ainsi que des vannes de décharge. L’entretien de tout cela nécessitait des opérations de dragage, de nettoyage, de construction, de réparation, de nivellement et de terrassement.

L’architecture sumérienne

JPEG - 22.9 ko
© Jean Savaton
Crapaudine de porte à Tchoga Zanbil.

Bien que les vestiges archéologiques d’Our soient encore impressionnants après des millénaires, et que les murs de nombreux édifices s’élèvent encore par endroits jusqu’à 2 mètres de haut, il n’en reste le plus souvent que des soubassements ou des fondations : les archéologues en sont réduits à imaginer l’apparence des étages et des toits. Parfois, certains textes offrent de brèves descriptions architecturales des villes citées.

JPEG - 22.3 ko
© Jean Savaton
Serrure de porte à Tchoga Zanbil.

Les maisons sumériennes étaient bâties de la même façon que celles d’aujourd’hui avec des matériaux originaires de la région : des briques, du torchis, des toits de boue séchée soutenus par des poteaux en bois de peuplier, des portes et chambranles en bois. La pierre et les métaux n’étaient utilisés que pour des besoins spécifiques tels que les crapaudines et pivots des lourdes portes en bois, souvent assemblées par des bandes métalliques. Les pierres support de crapaudines présentaient une cavité où venait se placer le pivot en cuivre du montant de la porte. Celle-ci était fixée au montant, fait de bois de palmier, par de gros clous de cuivre.

Les murs étaient épais et bien construits, avec un revêtement intérieur en plâtre lissé ; les sols étaient faits avec soin. La brique crue ayant tendance à souffrir de l’humidité du sol, on la protégeait en la doublant de briques cuites. Dans les bâtiments publics, les briques crues étaient posées par assises et liées au bitume ; des couches de roseaux entrelacés venaient en renforcement toutes les 6 ou 8 assises. Des carreaux de brique cuite servaient à paver les sols. Des niches à redans sur les façades et des arcs construits en encorbellement   au dessus des entrées de maisons et des caves venaient rompre une certaine monotonie architecturale.


 



Accueil | Plan | Crédits

   Creative Commons License

Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
2005-2017 © Clio la Muse