Mésopotamie
Mari

Palais et archives de Mari

Le Palais de Mari

Le palais royal a été découvert dans les années 1930. Il constituait le cœur politique et administratif d’une cité mésopotamienne. Cet immense bâtiment, édifié au début du IIe millénaire sur les ruines d’un plais du IIIe millénaire s’étend sur 2,5 ha de superficie et compte près de 300 pièces, chiffre qu’il faut pratiquement doubler compte tenu de l’existence d’un étage sur la presque totalité du bâtiment retrouvé. (Cf. Plan).

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Maquette du palais de Mari - Musée du Louvre.

Il constituait à la fois la demeure du roi et de sa famille avec leur cohorte de courtisans et domestiques mais aussi le siège du pouvoir poltique, administratif et économique. On y trouve : - la Maison du Roi avec le secteur officiel, les réserves, le secteur du personnel, les cuisines et le quartier administratif ; - la Seconde Maison qui abritait les reines et le personnel féminin formée d’une zone résidentielle, le quartier du personnel, les réserves ; le quartier des temples à l’emplacement de l’ancienne Enceinte Sacrée ; le secteur des grandes réserves, en partie disparu, dans la partie méridionale de l’édifice. Les cérémonies officielles se déroulaient dans la « cour du palmier » (sans doute artificiel) et dans deux autres pièces, la salle du trône et celle du culte des ancêtres.

Les archives royales

La vie du royaume, la façon dont il est administré, les relations du roi avec les autres villes de Mésopotamie ou de Syrie sont réapparues grâce aux archives : quelque 20 000 tablettes en langue akkadienne écrite en cunéiforme. Ces tablettes traitent de la vie quotidienne du palais (entrées et sorties de marchandises, de nourritures et de biens, distributions de rations alimentaires comme paiement, repas du roi...) ; des relations administratives entre le roi et ses serviteurs dans les cités qui composent le royaume (le roi donne ses ordres et reçoit les rapports et les informations de ses gouverneurs) ; des relations entre les différents royaumes et donc de la vie internationale. Au IIe millénaire, tout le Proche-Orient fourmille d’une intense activité diplomatique entre royaumes aux alliances mouvantes. Plusieurs tablettes retrouvées sont de véritables traités d’alliance dont on possède à la fois les projets et la version définitive.

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Ces tablettes nous renseignent aussi sur la religion des Amorrites, mélange de divinités locales et de grands dieux de toute la Mésopotamie comme Ishtar ou Addu. Près de 50 textes sont des prophéties, par lesquelles les prophètes, homme ou femme, font connaître au roi ce que les dieux leur ont dit.

Les tablettes nous apprennent que le souverain est « roi de Mari et du pays des Bédouins ». La population du royaume est donc constituée de sédentaires dépendant d’un gouverneur (shapitum) ou d’éleveurs nomades dépendant de leur chef (mehrum). Ces nomades sont source d’instabilité et le roi les oblige a lui envoyer des contingents en cas de conflit. Comme dans toute la Mésopotamie, le roi n’est que le vicaire du dieu sur terre. Les chefs de village sont désignés par les villageois eux-mêmes, le gouverneur puis le roi ne font qu’entériner ce choix.

L’existence quotidienne des individus transparaît au travers de lettres, de plaintes ou d’une correspondance administrative qui évoque aussi bien les moissons, la maladie que les infidélités conjugales.


 

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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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