Mésopotamie
Babylone

Babylone, la ville

Les ruines visibles aujourd’hui sont celles de l’époque de Nabuchodonosor et de Nabonide. Une vaste étendue de la cité n’a jamais été fouillée et demeure donc complètement inconnue. Grâce à une série de cinq tablettes, connues sous le nom de Topographie de Babylone, nous disposons de beaucoup d’informations sur l’aspect visuel, le plan, les bâtiments importants, les noms et les traditions de Babylone. Le but principal de ces listes n’était pas topographique mais théologique et cosmologique : les savants babyloniens cherchaient à glorifier et à expliquer la renommée religieuse et l’importance cosmologique de leur ville.

Aperçu général

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Babylone : la porte d’Ishtar (Berlin).

La ville était ceinturée d’une formidable muraille. La caractéristique la plus remarquable de Babylone est son plan régulier : son tracé à quatre côtés défini par des murs rectangulaires renfermait dix quartiers, six situés sur la rive orientale et quatre sur la rive occidentale. Ces quartiers portaient des noms qui dérivaient de ceux donnés à d’autres vénérables cités antiques (Eridu, Kullab, Kumar, Tuba) ou propre à Babylone ( Shuanna et   -dingir-ra), ou encore se référant tout simplement à leur emplacement ( « Ville-neuve », « Porte de Lugalirra »). Dans ces quartiers se trouvaient des temples consacrés aux divinités des villes correspondantes. Les édifices étaient tous disposés selon un plan en damier, les rues principales tracées de manière plus ou moins parallèle au fleuve et les autres les coupant à angle droit.

Au centre de la cité se trouve la ville intérieure, à cheval sur l’Euphrate. La ville intérieure est protégée par un double rempart en briques qui mesure un peu plus de 6 km de long. Des huit portes qui le perçaient, on n’a retrouvé les emplacements de quatre. La voie processionnelle, véritable axe nord-sud, a été dégagée sur 900 m de long. Large, flanquée de murs ’élevant à plus de sept mètres de haut, elle menait de la porte d’Ishtar, sur la face nord du rempart, à la ziggourat. 120 lions de taille réelles en briques émaillées ornaient son parcours.

Les principaux palais babyloniens de l’époque de Nabuchodonosor étaient ceux appelés Palais Nord, Palais Sud et Palais d’Eté. Les textes antiques recensent 43 sanctuaires, dont certains ont été retrouvés et reconstruits. Le principal était celui de Mardouk.

Fortifications de Babylone

Les Murailles de Babylone avaient suffisamment impressionnées les auteurs antiques pour que plusieurs d’entre-eux les citent parmi les sept merveilles du monde. Selon Hérodote, leur longueur totale atteignait 360 stades (64 kilomètres). Le dispositif défensif avait été pensé par Nabopolassar, qui en commença la réalisation, et son fils Nabuchodonosor l’acheva.

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Babylone : reconstitution de la porte du palais nord.

Les fortifications intérieures consistaient en trois murs : un premier mur intérieur de 7 mètres de large en briques crues, puis douze mètres plus loin un deuxième mur de 7,80 mètres en briques cuites, puis un troisième de 3,25 mètres en briques cuites aussi, lui même précédé d’un fossé extérieur qui avait entre 80 et 100 mètres de large. L’espace compris entre les deux premiers murs d’enceinte était comblé de terre, l’ensemble (24 mètres) faisait office de voie de circulation.

Tous les dix-huit mètres environ les deux premiers murs étaient renforcés de tours en quinconce. Ces murs étaient probablement surmontés de créneaux, semblables à ceux que l’on peut voir sur les bâtiments babyloniens figurant sur les reliefs assyriens. Comme Jérusalem, l’enceinte de Babylone était percée de huit portes, chacune ayant un nom de cérémonie, suivi de son nom commun : la Porte d’Urash : « L’ennemi lui est répugnant », la Porte de Zababa : « Elle déteste ses attaquants », la Porte de Mardouk : « Son Seigneur est berger », la Porte d’Ishtar : « Ishtar vainc son assaillant », la Porte d’Enlil : « En1i1 la fait briller », la Porte du Roi : « Que son fondateur prospère ! », la Porte d’Adad : « O Adad, protège la vie des troupes  » , la Porte de Shamash : « O Shamash, soutiens les troupes ! » Ces noms de portes garantissaient à la ville la protection divine. De chaque porte partaient les voies processionnelles des grands dieux.

L’accès à la cité se faisait par une magnifique avenue de 250 mètres de long, flanquée de murs de 7 mètres d’épaisseur, avec trois séries de bastions. Ces murs étaient coupés à intervalles par des tours construites légèrement en saillie. Ils étaient décorés de frises de briques en relief et émaillées de couleurs vives (bleu, jaune, blanc et rouge), figurant 120 lions, l’emblème d’Ishtar.

Les Jardins Suspendus

Les célèbres Jardins Suspendus étaient considéré par les auteurs antiques comme une des sept merveilles du monde. Leur création est généralement attribuée soit à la reine Sémiramis soit à un roi qui les aurait ordonnancés pour que son épouse, d’origine perse, ne se languisse pas des paysages de son pays natal [1]. Dans une dernière version, c’est Nabuchodonosor qui pour la même raison les aurait fait construire pour son épouse Amytis, fille du roi mède Cyaxare.

Selon Strabon [2], les Jardins Suspendus étaient de forme quadrangulaire et consistaient en voûtes posées l’une derrière l’autre sur des fondations en damier, un peu comme des cubes. Selon Diodore [3], les plates-formes étaient soutenues par des colonnes et s’élevaient en gradin donnant à l’ensemble l’aspect d’un théâtre qui culminait à 24 mètres de haut. L’accès à la terrasse la plus haute se faisait par un escalier ; et le long de ces marches se trouvaient un système de vis pour tirer continuellement dans les jardins l’eau de l’Euphrate. La localisation de ces fameux jardins n’a pas à ce jour été établie avec certitude.

Les Palais de Babylone

Le plus important et le plus élaboré était le Palais Sud, qui couvrait une superficie de 322 x 190 mètres. C’était le palais royal commencé par Nabopolassar et agrandi par Nabuchodonosor, appelé « Maison de l’émerveillement du peuple ». Ce vaste ensemble de forme trapézoïdale consistait en cinq blocs de bâtiments, chacun centré autour d’une vaste cour d’une largeur d’environ 56 mètres. Les salles et appartements auxiliaires abritaient le personnel, les domestiques et l’administration de l’empire. II est difficile de savoir quel était le type de toiture utilisée, mais une description écrite qui en est donnée mentionne des toits à poutres de bois de cèdre.

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Babylone : palais nord.

La salle du trône était située au sud de la cour centrale, la plus grande, La salle elle-même mesurait 52 x 17 mètres et le trône du roi se trouvait probablement en face de la porte principale, dans une niche en retrait. C’est cette salle du trône qui a été associée à la scène du festin du roi Balthazar. C’est aussi dans cette salle du trône que probablement la dépouille d’Alexandre le Grand fut exposée sur un lit de parade pour que le monde entier lui rende un dernier hommage.

Le Palais Nord, connu sous le nom de Palais Principal fut construit par Nabuchodonosor pendant la seconde moitié de son règne. Seule la partie nord-est du palais a été fouillée ; une quantité importante de tablettes d’argile attestent la présence en cet endroit d’une bibliothèque royale. Un élément singulier de la construction du Palais d’Eté réside dans le puits vertical de ventilation d’un type encore utilisé de nos jours pour rafraîchir les maisons orientales.

La Porte d’Ishtar

Elle a été identifiée (« Ishtar écrase son assaillant ») par son inscription de fondation datant du règne de Nabuchodonosor II. La porte originale a été dégagée en 1902, entièrement démontée et transportée au musée de Berlin. Il s’agit d’une énorme structure en briques cuites, d’une hauteur de plus de 23 mètres, plusieurs fois reconstruite et rehaussée, située à l’entrée nord de la ville intérieure. C’est par cette porte que le roi rentrait triomphalement dans la ville après une campagne militaire.

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Babylone : dragon de Marduk en briques émaillées.

La porte elle-même mesurait 48 m de long ; elle se composait de deux portes à un passage, chacune d’elles étant reliée aux murs de la ville et protégée par deux tours. La Porte subsistait sur une hauteur de 15 à 18 mètres. Dans sa dernière configuration, tous les murs visibles étaient décorés de reliefs en briques vernissées, teintées en bleu avec une poudre de lapis-lazuli, représentant des rangées de dragons-serpents (symbole du dieu Mardouk et de taureaux (symbole du dieu Hadad, dieu de l’orage et de la tempête), les animaux étant alternativement blancs et jaunes sur fond bleu. Bien que l’on n’ait pas retrouvé les vantaux des portes, des textes les décrivent comme étant réalisés en bois de cèdre avec des bandeaux de bronze.

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Babylone : lion d’Ishtar sur la voie processionelle.

On s’approchait de la Porte d’Ishtar en gravissant une rampe, de 20 à 24 mètres de large, faite d’un sous pavage en briques prises dans de l’asphalte recouvert d’un dallage en pierre. La Voie Processionnelle empruntait cette porte et se poursuivait au-delà, en suivant le mur oriental du Palais Sud, jusqu’à l’E-temen-an-ki qu’elle contournait vers l’ouest pour aboutir au pont sur l’Euphrate.

On a pu suivre son tracé sur une longueur de plus de 800 mètres. C’était le long de cette rue que l’on portait en procession les effigies des dieux, et notamment celle de Mardouk, au cours de la Fête du Nouvel An à l’équinoxe de printemps. Les vestiges de la chaussée suggèrent qu’à l’instar de nos rues actuelles la Voie Processionnelle était divisée en une voie centrale réservée à la circulation et, situés de chaque côté, des trottoirs pour les piétons.



[1DIODORE DE SICILE, Bibliothèque Historique, II 10-1

[2STRABON, Géographie XVI 1-5

[3DIODORE DE SICILE, Bibliothèque Historique, II 10-1

 



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Dernière mise à jour : 3 juin 2015
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