Mésopotamie
Assyrie

L’armée assyrienne

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Archer assyrien suivi d’un lancier probablement d’origine palestinienne ( Nimrud - palais de Sennachérib).

L’armée assyrienne représente l’armée la plus efficace et la plus parfaite que le monde oriental ait connue jusque-là. Armement et technique arrivent avec elle au maximum de rendement. Les Assyriens surent adapter à des buts militaires le cheval et le fer, empruntés l’un et l’autre aux Hittites. Il seront les inventeurs de l’artillerie d’assaut et de la cavalerie. Du règne de Sargon datent de nombreux documents administratifs qui permettent de reconstituer assez précisément l’organisation de l’armée.

L’infanterie

L’armée assyrienne réunit en elle toutes les conditions qui font les armées d’élite : recrutement, organisation, commandement et entraînement. Les Assyriens sont des montagnards sobres, vigoureux et résistants, qui feront d’excellents soldats. Levés selon un véritable service militaire, les soldats sont répartis entre divers corps spécialisés.

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© Jean Savaton
Sapeurs assyriens creusant un tunnel (Nimrud - palais nord-ouest).

L’infanterie lourde est pesamment armée avec armes de fer : casque conique, cuirasse ou cotte de mailles, bouclier métallique, longue lance, épée, hautes bottes. Elle se compose de deux corps de troupe : archers et piquiers. Ceux-ci portent une longue lame et un bouclier rond et convexe, ceux-là un arc et un carquois ; les uns et les autres armés d’une épée courte pour le combat au corps à corps. L’infanterie légère comprend elle aussi des archers et des piquiers mais moins protégés : armée de la lance, de l’arc, du bouclier d’osier.

L’infanterie est accompagnée de sapeurs et pionniers chargés d’ouvrir les routes et de mener les sièges. Ils sont équipés de machines de guerre : chars cuirassés porteurs de gros béliers, tortues, machines de jet, tours roulantes. Certaines représentations retrouvées sur des orthostates   du palais de Sennachérib laissent penser que l’armée assyrienne pouvait inclure dans ses rangs des soldats d’origine étrangère qui conservaient leur habit national.

La cavalerie et les chars

C’est l’arme principale de combat et de choc, véritable révolution sur le champ de bataille antique et par conséquent instrument décisif de la domination militaire assyrienne. Son équipement est semblable à celui de l’infanterie. Les premiers cavaliers montaient leur cheval à cru et étaient accompagnés chacun d’un servant, également monté, qui dirigeait leur cheval pendant l’action. Au temps d’Assurbanipal, l’animal est recouvert d’un caparaçon et par suite des progrès de
l’équitation, le servant a disparu.

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© Jean Savaton
Défilé de chars légers (plaque de bronze de Balawat).

Le char de guerre, monté sur de hautes roues massives, est décoré de peintures et d’incrustations. L’usage des brancards est inconnu : deux chevaux sont nécessaires pour traîner chaque char. Trois hommes y prennent place : le cocher à gauche pour le diriger, un guerrier armé de la lance ou de l’arc, et un servant qui protège les deux autres avec un bouclier. L’étendard de la troupe est fixé à l’un de ces chars.

Une armée cruelle

Avant toute campagne, le roi consulte les dieux par l’intermédiaire des devins ; les préfets des villes frontières ont envoyé
des espions dans les territoires à conquérir. L’armée marche sous les ordres du roi, ou du tourtan, général en chef, premier de tous les dignitaires, qui participe au combat en tête de l’armée sur son char. Des étendards, fixés à l’extrémité d’une hampe et portés sur des chars permettent d’assurer les communications au sein des troupes.

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© Jean Savaton
Déportation des populations (Nimrud -palais central).

Les Assyriens mènent une guerre de dévastation destinée à terrifier l’ennemi. Tous les rois assyriens se vantent dans leurs stèles de victoire de leur cruauté et des destructions effectuées. Voici un extrait de la chronique de Sargon II : Les poutres de cyprès, couverture des palais, j’arrachai... Leurs hauts donjons, qui, comme des montagnes, étaient solidement fondés, jusqu’à leur base, comme du sable (je les nivelai). A leurs maisons construites avec art, je mis le feu : je fis s’élever leur fumée ; comme à un ouragan, je lui fit occuper la place du ciel...Ses magnifiques plantations, j’abattis ; ses vignes en quantité, j’abattis : je fis chômer sa boisson. Ses importantes forêts, leurs arbres je coupai. L’ensemble de ses troncs coupés, comme des fétus réunis par l’ouragan, je rassemblai : par le feu je les consumai. 146 villages environnants, j’allumai comme des bûchers : de leur fumée, comme un ouragan, je couvris la face du ciel. Vainqueurs dans une bataille, ils s’illustrent par leur cruauté sans bornes : les hommes sont empalés ou écorchés, les cadavres sont décapités pour couronner les murs de la cité prise avec leurs têtes, les villages sont brûlés, les femmes et les enfants sont emmenés en captivité, les rebelles sont écorchés vifs ou emmurés vivants. Il lacéra les ventres des mères, il perça le corps des enfants, aux puissants il coupa le cou, dans la fumée de leur pays périrent les hommes. Que les débris s’amoncellent pour celui qui pèche contre Assour.

Ces descriptions ont un but de propagande : afficher la puissance sans borne du souverain et dissuader en conséquence toute velléité de résistance. Ultime action de guerre psychologique, les statues divines des peuples vaincus sont détruites ou enlevées de leurs temples, afin que les dieux absents ne puissent plus protéger le pays vaincu.

Cette réputation de cruauté était telle qu’à l’approche de l’armée assyrienne, beaucoup préféraient se soumettre, quitte à tenter plus tard de s’émanciper à nouveau. Dans l’histoire de l’Antiquité, les Assyriens resteront comme l’archétype d’un peuple guerrier et sanguinaire.


 

Portfolio

Officiers assyriens. Siège de Lakish par les Assyriens. Attaque amphibie d'une ville ennemie (Nimrud - palais nord-ouest) (c) Jean Savaton Archers assyriens menés par le roi (Nimrud - palais nord-ouest). (c) Jean Savaton Bélier assyrien à l'assaut des murailles (Nimrud - palais nord-ouest). (c) Jean Savaton Représentation du camp fortifié d'Ashurnazirpal (Nimrud - palais (...) (c) Jean Savaton Archers assyriens. (c) Jean Savaton Défilé de prisonniers (Nimrud - palais nord-ouest). (c) Jean Savaton Machine de siège à l'assaut des murailles (Nimrud - palais central) (c) Jean Savaton Célébrations de la victoire (Nimrud - palais central) (c) Jean Savaton


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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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