Arabie & Levant
Arabie & Palestine

La Décapole

Histoire

Beaucoup de ces cités de taille modeste prétendaient avoir été fondées par Alexandre le Grand. Mais leur fondation est sans doute plus récente, elle traduit l’installation de colons grecs, anciens soldats macédoniens, sur une portion de territoire bien délimité après la conquête de la région par le roi séleucide Antiochos III. Avec l’effondrement de l’empire séleucide, les cités sont livrées aux querelles d’influence de leurs puissants voisin, les Nabatéens au sud et les rois juifs de la dynastie asmonéenne à l’ouest. Ce regroupement avait donc un double objet : développer le commerce, et se protéger des Juifs et des Nabatéens.

De culture grecque, ces cités accueillirent l’arrivée des Romains en 63 av. J.-C. comme une véritable libération tant elles avaient pâtis des conflits les Juifs et les Nabatéens. Les cités sont alors rattachées à la province romaine de Syrie tout en étant regroupées sous l’autorité d’un préfet romain lui-même sous l’autorité du gouverneur de province. En 106, Pompée annexe la Nabatène et crée deux nouvelles provinces, la Judée et l’Arabie, tandis que l’ouest de la Syrie et de la Palestine actuelles constituent désormais la nouvelle province romaine de Syrie. Les cités seront alors partagées entre les deux nouvelles provinces. Au delà de l’an 200 après J.-C., la confédération n’existe plus.

Les cités

Les dix villes les plus importantes à l’est du Jourdain se regroupèrent en une ligue, appelée la Décapole. On ne connait pas précisément l’identité de ces dix villes : selon les auteurs antiques, la liste des cités n’est pas la même. Pline le Jeune y inclus Damas mais ne cite pas Abila. La géographie de Ptolémée ignore Raphana. La composition la plus communément admise est la suivante (le site actuel figure entre parenthèses) :

  • Scythopolis (Baïsan ou Bethsan), qui en serait la capitale.
  • Gadara (Umm Qeis en Jordanie) qui selon Flavius Josèphe était une ville considérable, capitale de la Pérée.
  • Hippos, (Qalaat el-Hosn) appelée Susita par les Juifs, sur la rive du lac de Tibériade, au nord-ouest de Gadara.
  • Gerasa (l’actuelle Jerash en Jordanie).
  • Canatha (Qanawat au nord-ouest de Gerasa), située sur une route vers Damas dans la plaine à l’est du Jourdain.
  • Pella (Tabaqat Fahil en Jordanie) au nord-ouest de Ramoth. Les Grecs de Syrie lui auraient donné ce nom, à cause de sa situation, environnée d’eau comme la cité de Macédoine de ce nom.
  • Capitolias (Beit Ras) citée parfois aussi sous le nom de Raphana.
  • Abila (Qwelbeh en Jordanie).
  • Dion   (Tell el-Ashari en Syrie).
  • Philadelphia (l’actuelle Amman en Jordanie).

Ce qui caractérise ces cités c’est le fort attachement à la culture grecque qui s’y manifeste : l’urbanisme est grec (théâtre, agora  ...) ; l’organisation de concours athlétiques et hippiques aussi. Le panthéon de ces cités est bon témoignage de cette culture. Sous une dénomination grecque, les citoyens adorent des divinités régionales plus anciennes : Atargatis est assimilée à Déméter-Vénus, Ourania à Artémis et Hadad à Zeus. Noyau grec dans un environnement sémite, la Décapole jouera ainsi le rôle d’un pôle de rayonnement hellénistique au Proche-Orient qui touchera autant Pétra que Palmyre et préparera l’assimilation romaine.


 



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Dernière mise à jour : 3 juin 2015
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