Iran ancien
Sassanides

La société sassanide

Les classes sociales

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© Photo R.M.N
Buste d’un prince sassanide en bronze - Musée du Louvre.

La population était divisée en quatre classes sociales : les prêtres, les nobles, les fonctionnaires, les cultivateurs et artisans. Cette division générale comprenait un grand nombre de subdivisions : c’est ainsi que le clergé se divisait en juges et divers offices ; que la bureaucratie regroupait les écrivains, les médecins, les poètes et les astrologues ; et la dernière catégorie renfermait aussi les marchands et négociants.

Chacune de ces classes est placée sous l’autorité d’un chef, ayant sous ses ordres un contrôleur chargé du recensement, un inspecteur chargé de la fiscalité, un instructeur surveillant les apprentis.

La famille

La polygamie était en usage : outre les femmes légitimes, les Perses avaient des concubines, des esclaves (achetées ou prises de guerre). La femme était tenue à une obéissance absolue envers son mari. Souvent les fiançailles avaient lieu pendant l’enfance. Les mariages entre proches parents, comme celui entre frère et sœur, étaient fréquents parce que recommandée par l’Avesta comme ayant valeur d’exorcisme. Le futur époux versait une dot à la famille de sa future épouse.

La naissance d’un enfant était accompagnée de célébrations solennelles surtout quand l’enfant était un garçon. L’enfant doit obéissance à son père et s’il ne remplit pas son devoir, un part de son héritage peut être dévolue à sa mère. Dans le premier âge, l’éducation des garçons est du ressort de la mère. Les filles restent auprès de leur mère, seul leur père à le droit de leur choisir un mari.

Si un homme mourrait sans postérité masculine et en laissant une femme, celle-ci devait se remarier avec son plus proche parent. L’adoption est strictement règlementé : le fils adoptif doit être majeur, de religion mazdéenne, intelligent, issu d’une famille nombreuse et exempt de péchés mortels.

La Noblesse

Les princes (chatradâr) de l’Empire portaient le titre de roi, d’où l’expression “roi des rois”. Ils étaient constitués par les princes vassaux gouvernant les provinces éloignées et les rois vassaux. Au même rang appartenaient les gouverneurs des marches frontières, les marzbâns, et les satrapes appartenant à la famille royale.

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© Jean Savaton
Naqch-e-Rostam : hommage des dignitaires à Bahram II.

Les fils de clans (vishpur) comprenaient sept familles privilégiées dont les trois premières (Kâren, Sûren et Aspahbedh) étaient d’origine arsacide. Ces familles remplissaient des charges héréditaires notamment celles ayant pour fonction de poser la couronne sur la tête du roi, les charges militaires (généralissime, général de cavalerie, directeur de l’intendance) et les charges civiles (juge arbitral, directeur des impôts).

Ces charges étaient des charges honorifiques : les bénéficiaires jouissaient des revenus de leurs fiefs sans avoir part à l’administration de l’état. Les grands (wazurg) et les nobles (âzât) s’assemblaient à l’intronisation d’un nouveau roi pour lui rendre hommage. Ils le détrônent parfois et parfois aussi le mettent à mort. Le grand vizir est issu de leurs rangs. Cultivé, très bien informé, il doit être capable de répondre à toutes les questions du roi, mais aussi faire parfois office d’astrologue et de médecin !

Les chefs de village (dêhqâns) formaient une classe inférieure de la noblesse qui vivait sur ses terres et ne se distinguait des paysans que par son costume et son éducation. Ce sont eux qui sont chargés de la perception de l’impôt.

La noblesse se distinguait du peuple par la splendeur de son train de vie ; l’ascension sociale n’étant possible que si l’on s’était fait remarquer d’une manière extraordinaire par le roi. Pour récompenser le mérite, les titres, les dons d’argent et les charges de cour sont les moyens les plus usités. Le don d’une tiare ou d’un trône d’argent par le roi sont de grandes marques de faveur.

Ammien Marcellin nous a laissé une excellente description de l’aristocratie perse. Les nobles perses sont incroyablement prudents et soupçonneux. Ils portent des bracelets et des colliers d’or, des pierres précieuses et surtout des perles ; ils ont constamment un sabre à la ceinture. Ils sont bavards et fanfarons, sévères et terribles, rusés, orgueilleux et cruels. Ils s’arrogent le droit de disposer de la vie des esclaves et du menu peuple. Ils se livrent sans frein à des débauches sexuelles.


 



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Dernière mise à jour : 3 juin 2015
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