Mésopotamie
Sumer & Akkad

Ecriture cunéiforme

Les scribes

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Le scribe Dudu.

L’école sumérienne visait à former des scribes dont avaient besoin l’administration et les bureaux d’affaires. Mais peu à peu, l’école devint le foyer de la culture et du savoir sumériens. Dans ses murs prospéraient érudits et savants, instruits de toutes les formes de connaissance courantes à cette époque, aussi bien d’ordre théologique que botanique, zoologique, minéralogique, géographique, mathématique, grammatical ou linguistique. Elle était aussi le centre de la création littéraire : non seulement on y recopiait les œuvres du passé mais on y composait de nouvelles. L’enseignement n’était ni général ni obligatoire. La plupart des étudiants provenaient de familles aisées. Il est probable que les étudiants étaient tous des hommes.

A la tête de l’école se trouvait l’ummia, le professeur à laquelle on donnait le titre de "père de l’école". Sur les programmes, les découvertes archéologiques ont fourni les travaux même des étudiants. L’enseignement comportait ainsi deux sections principales : la première donnant une instruction de caractère plus scientifique et mnémotechnique, la seconde plus littéraire et créatrice.

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Tablette d’écolier - IIIe millénaire.

En ce qui concerne la première section, le système d’instruction reposait sur l’établissement de répertoires : c’est à dire qu’ils classaient les mots de leur langue en groupes de vocables et d’expressions reliés les uns aux autres par le sens, puis les faisaient apprendre par cœur, copier et recopier par les étudiants. Au IIIe millénaire, on voit ainsi apparaître de véritables dictionnaires. Dans certains d’entre eux, on trouve de longues listes de noms d’arbres et de roseaux ; d’animaux de toutes sortes ; de pays, de villes et de villages ; de pierre et de minéraux. Les enseignements comportaient aussi de nombreux problèmes mathématiques et leur solution. De même, l’on trouvait de véritables dictionnaires de linguistique, de grammaire et de traduction de vocabulaire entre le sumérien et l’akkadien.

En ce qui concerne la deuxième section, qui consistait à former les élèves à la création littéraire, l’enseignement reprenait la méthode de l’étude et de la copie d’œuvres existantes, essentiellement des mythes et des contes épiques, des hymnes aux dieux et aux rois, des œuvres morales.

L’écriture cunéiforme

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Stèle avec inscriptions cunéiformes.

L’écriture cunéiforme a été employée du IIIe au Ier millénaire av. J.-C. Inventée en Mésopotamie, elle servira à transcrire successivement le sumérien, l’akkadien, le hittite et le perse. Elle se compose d’un grand nombre (au moins 300 à la basse époque) de signes, constitués par des traits en forme de "coins" et de "clous" plus ou moins diversement enchevêtrés, et qui représentent la stylisation sur argile de dessins linéaires primitifs traduisant des objets concrets. Les chiffres sont notés par des encoches, les marchandises par des pictogrammes.

Ce qu’une telle écriture a pour nous de particulièrement compliqué, c’est que chacun de ces signes, comme dans nos rébus, peut être lu dans le courant du texte de deux façons différentes : soit comme la marque d’un son (qui est toujours une syllabe : ba, ab, bab...), soit comme le nom de l’objet que représentait originellement ledit signe. L’écriture cunéiforme est donc à la fois et pour chacun de ses éléments pictographique et phonétique. Ainsi, le dessin de l’épi de céréales et le dessin de l’oiseau, quand on les rencontre ensemble dans un texte peuvent être lus, suivant le contexte, ou bien comme les noms du "grain" et du "volatile"
(idéographie), ou bien comme des syllabes : le premier, she ; le second, du (phonétique).

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Composition littéraire concernant l’éducation d’un scribe.

Il va sans dire que la signification pictographique a donné naissance à l’autre, la valeur phonétique. Les signes cunéiformes ont d’abord été purement et simplement des reproductions d’objets. Plus tard on eut l’idée de dissocier dans le signe sa référence à l’objet qu’il reproduisait et sa prononciation, sa valeur phonétique. Le dessin de l’oiseau ne signifierait plus seulement l’objet-volatile, mais les sons qui exprimaient, dans la langue parlée, le nom de cet objet-volatile. Dès lors, il devenait possible d’écrire tout ce que le langage parlé exprimait : le mot abstrait "vision", qui se dit shedu, pouvait être écrit désormais par le signe de l’épi (she) suivi de celui de l’oiseau (du). La difficulté du déchiffrement des cunéiformes vient surtout de ce perpétuel mélange d’idéographie et de phonétique.

Les textes sumériens

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Tablette cunéiforme, époque d’Uruk III.

Des dizaines de milliers de textes de la période d’Our III ont été mis au jour par les archéologues ; ils traitent pour la plupart de sujets commerciaux (contrats, comptes) et de procès-verbaux judiciaires plutôt que de sujets littéraires ou religieux. Leur intérêt réside dans le fait qu’ils nous donnent une idée, non seulement des transactions financières, mais aussi de la nature des rapports familiaux, des conventions entre l’État et le peuple, des contrats entre individus, des types de marchandises fabriquées...C’est donc le développement du commerce qui est à l’origine de l’invention de l’écriture à la fin du IVe millénaire av. J.-C.

Ces archives proviennent des temples, des palais, des maisons individuelles du clergé ; d’autres proviennent des sépultures sous les maisons privées.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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