Mésopotamie
Assyrie

Arts et art de vivre en Assyrie

Bas-reliefs assyriens

La sculpture assyrienne du Ier millénaire découle directement de l’art babylonien de l’époque kassite et de l’art hittite du second millénaire. Les nombreuses orthostates   dressées le long des murs du palais sont consacrées le plus souvent à la guerre (assaut de villes ennemies, combats, scènes de butins et de déportations) et aux chasses du souverain, les grands travaux de son règne et même parfois à sa vie privée. Les personnages représentés sont essentiellement des hommes, les rares femmes visibles sont généralement des prisonnières emmenées en déportation.

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© Jean Savaton
Stèle représentant une scène de chasse (Khorsabad - palais royal)

Les bas-reliefs se sont multipliés dans les palais assyriens pour orner les plaques de gypse et d’albâtre   disposées en plinthes le long des murs. Les palais assyriens étaient couvert de véritables tapisseries de pierre.

Les chasses d’Assurbanipal en sont l’un des plus beaux témoignages. La seule décoration du palais de Khorsabad avait nécessité l’exécution d’au moins 5000 mètres carrés de reliefs.

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© Jean Savaton
Nimrud : chasse d’Ashurnasirpal (British Museum).

Dès la création du palais d’Assurnazirpal à Kalhu, l’actuelle Nimrud, toutes les caractéristiques de l’art assyrien sont en place : la scène se déroule sur un seul plan, les personnages sont détachés sur un fond neutre et toujours vus de profil. A l’origine, tous les reliefs étaient peints. Il en subsiste parfois des traces.

La composition respecte une symétrie rigoureuse dans les scènes mythologiques et narratives : les défilés de personnages sont systématiquement répétés de part et d’autre d’un élément central, le roi, un arbre sacré stylisé ou une simple porte.

Car l’imagerie, comme les écrits, était destinée à glorifier les actions du roi, à célébrer sa personne, sa place dans la société entre les dieux et les hommes : dans la salle du trône étaient figurés les exploits du roi à la chasse et à la guerre. Des tributaires apportent au souverain les produits de leurs pays. Des génies   gardent les portes. L’inscription, dite standard, toujours la même indépendamment du sujet du décor, court au milieu de la dalle sculptée, passant sur les personnages.

Les Fresques

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Roi buvant suivi de gardiens (Nimrud - brique glacée).

Au-dessus des plaques orthostates, hautes en moyenne de 3 m, le mur de brique était revêtu d’un enduit sur lequel était sans doute appliquée une peinture qui a complètement disparu. Les fresques du palais provincial de Till Barsip, en Syrie du nord, siège probable d’un chef militaire assyrien, nous en ont gardé un précieux témoignage : chasses, défilés de soldats, créatures mythologiques sont peints au trait noir sur le fond de chaux blanche. Quelques rehauts de couleurs avivent la composition. Les couleurs sont appliquées en à plat, le contour linéaire domine, la scène se déroule sur un seul plan, les personnages sont de profil, respectant les mêmes conventions de dessin que le relief de pierre.

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Le démon Pazuzu.

C’est surtout dans le domaine de la religion personnelle que l’art assyrien a laissé de nombreux témoignages : amulettes, plaques de conjuration contre les démons, statuettes du redoutable Pazuzu. Les sceaux cylindres, à la fois instruments traditionnels de l’administration orientale et amulettes protectrices, déploient un répertoire plus varié : geste des grands dieux, comme Assur combattant le dragon, motifs mythologiques hiératiques ou scènes de la vie quotidienne : chasse à l’autruche, bétail paissant, chevaux aux champs...

Bijoux, meubles et objets

Des bijoux d’or, d’argent, de cuivre doré étaient portés par les hommes comme par les femmes. De lourds bracelets de bronze, non fermés, ornés aux deux extrémités de têtes d’animaux, se portaient aux poignets et au-dessus du coude. Des pendants d’oreille volumineux et des emblèmes divins suspendus au cou complétaient la parure. Le menu peuple se contentait de colliers et de bracelets formés de barillets, cylindres, plaques, olives ou grains taillés dans des pierres fines ou fabriquées en pâte artificielle imitant la pierre.

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Panneau d’ivoire découpé avec sphinx ailé.

Le mobilier, au Ier millénaire, est très luxueux dans les palais et de siècle en siècle devient plus riche et plus chargé d’ornements. Fauteuils, chaises, lits, tables, escabeaux étaient en bois précieux ouvragés, avec incrustations ou revêtement d’ivoire, d’or, d’argent, de bronze, de pierres précieuses.

Beaucoup d’objets retrouvés dans le palais de Ninive proviennent sans doute de pillages chez les peuples conquis : vases et coupes en bronze décorés de motifs égyptiens, objets en ivoire. On utilisait aussi des vases en verre et en pierre, mais surtout des poteries de terre ; des vases peints ont été retrouvés en très petit nombre.

Les soins corporels

L’Assyrien faisait un usage journalier d’huiles parfumées, de cosmétiques et peut-être même de produits épilatoires. Au temps de la domination sumérienne, le vêtement était un châle rectangulaire enroulé autour des reins. Au premier millénaire, il se compose de deux pièces : une tunique sans manches, tantôt courte, tantôt longue, et un châle rectangulaire, drapé de diverses façons, parfois par des cordons et un baudrier.

L’usage de se raser le crâne mais de conserver la barbe, attesté aux débuts de l’histoire par des représentations trouvées dans les ruines d’Assur, tombe en désuétude. Au IXe siècle, les cheveux frisés tombent sur les épaules, et la barbe longue est taillée au carré. Le roi et son fils désigné comme successeur sont toujours représentés avec une barbe. Seuls sont rasés de hauts fonctionnaires, de jeunes recrues et les prêtres, ces derniers se rasant aussi le crâne.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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