Mésopotamie
Sumer & Akkad

Ur
(Our)

Brève Histoire

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Tête de taureau ornant une lyre (Tombes royales d’Our).

Aujourd’hui Tell Muqayyar en Irak à 200 kilomètres au nord-ouest de Bassorah. Cité antique de Sumer sur le bas Euphrate fondée au VIe millénaire. Sous la Ie dynastie (XXVe siècle), Ur domine une partie de Sumer avant de passer sous la domination d’Akkad (XXIIIe siècle), de Lagash puis d’Uruk (XXIIe siècle).

En l’an 2113, une nouvelle dynastie - dite Troisième dynastie d’Our ou Our III - fut fondée par Our-Nammou.

Durant la centaine d’années qui suivirent, Our fut la capitale d’un empire qui maintint sa cohésion grâce à sa prospérité économique et à sa puissance militaire. Elle devint très peuplée et d’une richesse fabuleuse comme l’atteste le contenu des tombes royales. Saccagée en 2003 par les Élamites , Ur reste encore pendant un siècle le port de commerce avec le Dilmun   mais son rôle politique est terminé. Dominée successivement par Isin, Larsa et Babylone, elle n’est plus qu’une ville sainte dont les maîtres de la Mésopotamie restaurent les sanctuaires pendant près de 2 000 ans. La ville est abandonnée vers le IIe siècle avant J.-C. mais son souvenir demeurera grâce à certains textes bibliques qui y voyaient la patrie d’Abraham.

Urbanisme

Alors qu’au troisième millénaire Our se situait sur la rive même de l’Euphrate le fleuve aujourd’hui en est assez éloigné (150 Km plus au sud). Les navires descendant l’Euphrate pouvaient jeter l’ancre dans deux ports, au nord et à l’ouest de la ville.La ville y puisait son eau ; de nombreux canaux en partaient pour irriguer les cultures maraichères alentour : orge, lentilles, oignons. Traversée par le grand canal, quadrillée par des boulevards, des rues et des ruelles étroites, elle était divisée en quartiers. La ville était riche de bâtiments publics, religieux et profanes elle avait aussi ses quartiers résidentiels qui n’ont pas encore été fouillés. Sous le règne d’Our-Nammou, la cité fortifiée couvre 63 hectares et sa population atteint probablement 30 000 personnes.

Les Fortifications

La ville s’inscrit dans une enceinte elliptique. Murs et remparts étaient en briques crues. Ils présentent une paroi extérieure inclinée s’élevant à 8 mètres du sol ; ils étaient larges au sommet de 25 à 35 mètres. Le mur n’entourait pas complètement la ville car, par endroits, des temples ou d’autres bâtiments publics étaient construits directement sur les remparts et incorporés dans le système de défense. L’Euphrate coulait au pied des remparts, à l’ouest, renforçant la protection de ce côté ; à l’est, on avait creusé des douves ou un canal artificiel ; seul le côté sud demeurait vulnérable. Mises à part quelques briques, il ne reste cependant aucune trace de l’enceinte d’Our-Nammou, qui sera détruite par les envahisseurs Élamites.

Les Temples

La ville était consacrée au dieu Nanna. Les vestiges de son énorme ziggourat (62 mètres sur 43 mètres, 22 mètres de haut, soit 40 000 m3) sont toujours visibles. Outre les temples du téménos sacré, on avait érigé partout dans la ville des temples et des chapelles. Les vestiges de certains ont été mis au jour : le temple de Nimin-tab-ba, sur les hauteurs de l’ancienne cité, ceux d’Enki et de Ningirsa, jouxtant les murs d’enceinte.

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Bélier dans un buisson - Or, argent et lapis-lazuli - Ur.

Le temple de Ningirsa s’élevait dans la partie sud-ouest de la cité, juste à l’intérieur des murs. Ce temple est identifié par les inscriptions des rois de Larsa qui l’ont appelé é-nig-gi-na, c’est à dire « Maison de Vérité ». Les lamentations sur la destruction d’Our par les Élamites mentionnent la perte d’autres temples encore qui n’ont pas été retrouvé. La Troisième dynastie avait également essayé de rassembler à Our des divinités d’autres villes. Les textes contiennent des allusions au temple de Utu, le dieu solaire d’Our (dont la demeure était à Larsa) et de Ninsun d’Our (qui résidait à Ourouk).

Le Palais

Le siège des rois de la dynastie, l’É-hur-sag « Maison de la Montagne », a été identifié parmi les ruines. Les vestiges partiels de ce bâtiment, nous donnent le plan d’un ensemble de salles publiques ou officielles et de deux séries incomplètes d’autres pièces ; ce plan est typique d’un palais. On peut conjecturer que l’édifice eut une double fonction : palais pour Our-Nammou et sa famille, sanctuaire pour les rois déifiés. La déification du roi, pendant le règne de Shulgi, fit que le palais du roi mortel devint simultanément le temple du roi divin.

Le cimetière royal d’Ur

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Tombes royale d’Ur : jeu en coquillage, os et lapis-lazulli.

Les fouilles des tombes de 1926 à 1932 connurent un aussi grand retentissement que celle de la tombe de Toutankhamon à la même époque. Woolley et son équipe mirent à jour près de 2500 tombes. Il s’agissait le plus souvent de simples fosses ou les morts reposaient soit enveloppés dans une natte, soit enfermés dans un cercueil de bois, de roseaux tressés ou de céramique au milieu d’objets personnels, armes, modestes bijoux et sceau-cylindre. En dessous, 16 tombes furent qualifiées de « royales » en raison de leur forme particulière, de leur fabuleuse richesse et de la présence de serviteurs accompagnant leur maître dans l’au-delà. Elles étaient constituées, en général, d’un caveau voûté construit en pierre ou en brique reposant au fond d’une fosse profonde de forme carrée ou rectangulaire, à laquelle on accédait par un plan incliné. Une dix-septième tombe (tombe 755) d’allure modeste contenait toutefois un trésor si conséquent qu’il s’agit sans conteste de la tombe d’un roi ou d’un prince.

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Diadème de la reine Puabi (Tombes royales d’Ur).

Au-dessous de ces tombes royales, Woolley mis à jour de nouvelles tombes ordinaires. Quelques défunts ont pu être identifiés par des inscriptions : le roi Akalamdug et son épouse, le roi Meskalamdug, deux reines ou prêtresses (Puabi et Ninbanda), une prêtresse mineure Hekunsig. L’occupant de la tombe 755 n’est pas identifié. Aucun des noms retrouvés n’est mentionné dans la Liste royale sumérienne. Les corps des victimes qui les accompagnèrent dans l’au-delà gisaient soit à l’intérieur du caveau, soit dans la fosse ou sur la rampe d’accès. Le nombre de victime par tombe est très variable. La « fosse 1237 » contenait 74 victimes (6 soldats et 68 servantes). Aucun squelette ne porte de traces de violences. Les parures accompagnant les corps de femmes traduisent le haut rang de leur propriétaire ou leur fonction de musicienne (harpes ou lyres).

La tombe de Puabi

La reine ou prêtresse a été enterré couchée sur un brancard en bois. Elle a été identifié grâce à un cylindre portant son nom placé auprès du corps. Son corps était recouvert d’une véritable cape, ensemble de colliers constituées de perles en lapis-lazuli et en cornaline, s’étirant entre ses épaules et sa ceinture. Les doigts des mains étaient couverts d’anneaux. Elle portait un peigne en or dans les cheveux et des boucles d’oreille en or en forme de croissant. Un diadème, composé de perles en lapis-lazuli et de pendants aux formes animales et végétales était posé sur une table auprès de sa tête.

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Lyre à tête de taureau (Tombes royales d’Ur).

Deux « servantes » ont été enterrées avec elle, l’une accroupie auprès de sa tête, l’autre à ses pieds. Elles-mêmes portaient une coiffure composée de feuilles d’or, des boucles d’oreille d’or, des colliers d’or, de lapis-lazulli et de cornaline.

Dans un puits attenant à cette tombe, Woolley a retrouvé un char en bois tiré par une paire de bœufs accompagné de quatre palefreniers et un coffre en bois qui devait servir de garde-robe comme l’atteste la présence de 12 servantes à ses côtés.

Lyre à tête de taureau

Les tombes du cimetière royal ont livré de splendides objets traduisant le niveau de perfection technique et artistique atteint par les Sumériens : une statuette de bélier en or et lapis-lazuli, un jeu en coquillage, os et lapis-lazulli, un casque en électrum attribué au roi Akalamdug, un poignard en or et son fourreau. Parmi ces objets, une lyre en bois constitue l’un des plus anciens instruments de musique connus à ce jour. Elle est décorée d’une tête de taureau en or et lapis-lazuli, incrustée d’une plaque représentant des animaux mythiques. Exposée au musée de Bagdad, elle fait partie des objets dont le sort est incertain depuis son pillage en avril 2003.


 

Portfolio

Etendard d'Ur. Harpe à tête de taureau. Etendard d'Ur.


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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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