Asie Centrale
Scythes

Les Kourganes

On appelle kourgane les tombes souterraines où se faisaient ensevelir les rois et les hauts dignitaires scythes dans la steppe russo-ukrainienne. Presque toutes avaient été visitées par des voleurs dès l’Antiquité mais les fouilles archéologiques ont livré de très nombreux objets enrichissant la connaissance de cette civilisation et confirmant en grande partie le récit d’Hérodote.

Architecture et décoration

Groupés en nécropoles ou en cimetières établis dans le fond des vallées, les plus grands tumuli ont entre 120 et 400 mètres de circonférence avec des chambres intérieures à plus de 15 mètres de profondeur.

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© Tamara Talbot Rice
Structure du kourgane de Kostromskaïa Stanitsa (VIIe siècle av. J.-C.

Certains tumuli de Panticapé   ont été construits avec des blocs de pierre dans un style qui n’est pas sans rappeler les constructions mycéniennes. On accèdait à la chambre souterraine par un corridor incliné, ancienne tranchée renforcée par des poteaux de bois, surmonté d’une voûte en forme de cône. La chambre était elle-même couverte d’un toit à double pente supporté par des piliers.

Autour de la chambre principale, il existait des chambres plus petites, situées généralement à l’ouest, pour ensevelir les serviteurs. En Russie du Sud, la décoration intérieure était constituée de nattes de roseaux ou d’osier, d’écorces de bouleau ou de chaume. A Pazyryk, les parois internes de la chambre étaient couvertes de feutre ; au Kouban, on a même retrouvé des fresques. On peut ainsi penser que l’intérieur des tombes reconstituait l’intérieur des tentes ou des chariots.

Vie dans l’au-delà

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© Musée de l’Ermitage
Koul-Oba : vase en électrum avec scènes de la vie courante.

Les chefs étaient accompagnés dans l’au-delà par une de leurs femmes et par les principaux serviteurs ainsi que par ses chevaux. Tous les corps étaient allongés sur le dos, la tête tournée vers l’orient. Les serviteurs avaient été étranglés ou empoisonnés. Le corps du défunt reposait sur un matelas posé sur une civière ou dans un véritable cercueil décoré d’or. La coutume voulait que les rois, les reines et les grands chefs se fassent enterrer dans leurs plus beaux atours. Ils emportaient dans l’au-delà vases d’or et d’argent, rhytons  , coupes, amphores pleine d’huile et de vin, chaudrons de viande, armes et vêtements.

La dépouille était entourée aux quatre coins d’étendards en bronze décorés d’animaux ou de pieux surmontés de clochettes destinées à repousser les mauvais esprits. Les chevaux étaient eux aussi décorés de leurs plus beaux harnachements. Ils étaient abattus d’un coup de masse et rangés autour des chambres. Le char utilisé lors des funérailles était brisé et déposé dans la tombe.

Les kourganes du Kouban renfermaient beaucoup d’objets en or et beaucoup de chevaux sacrifiés (de 20 jusqu’à 400 !) Il est vraisemblable que le kourgane tenait lieu d’édifice de culte, ce qui expliquerait sa construction selon une structure complexe et les rituels funéraires particulièrement élaborés qui se déroulaient avant et après l’inhumation.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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