Asie Centrale
Kouchans

Kanishka
(98-101 ou 148-151 apr. J.-C. ?)

Le plus célèbre des souverains kouchans, dont les dates de règne sont incertaines, évoqué par des sources bouddhiques indiennes traduites en chinois et en tibétain. Son règne est aussi connu par les deux grandes inscriptions bactriennes de Surkh Kotal et Rabatak. C’est l’une des figures les plus remarquables de l’Antiquité : grand général, administrateur habile et protecteur des arts.

Kanishka conquit la Chorasmie, le Gandhara, trois provinces de l’empire chinois (Tashkand, Khotan, Yarkhand) et la région comprise du Penjab jusqu’à Bénarès, mais c’est la Bactriane qui constituait le cœur de l’empire.

Kanishka porta à la fois les titres indien de Maharaja, iranien de Roi des rois et chinois de Fils du Ciel. Il fonda Purushapura (Peshawar) dont il fit une de ses capitales avec Mathura. Il bâtit une série de sanctuaires dynastiques dont les plus spectaculaire sont ceux de Surkh Kotal en Afghanistan et de Mat (près de Mathura) en Inde. En l’an I de son règne, il fait remplacer le grec par le bactrien dans les textes officiels et instaure une nouvelle ère.

Sous son règne se développa un éclectisme culturel où se côtoyaient le culte de la déesse-mère, le zoroastrisme, le mithraïsme et celui des dieux grecs Hermès). Il se prétend de race divine, investi de la royauté par la déesse iranienne Nana. La tradition rapporte maints traits de la bienveillance qu’il eut envers le bouddhisme. Il est possible que Kanishka lui-même se soit converti au bouddhisme mais ni la filiation divine du roi, affirmée les sanctuaires dynastiques, ni les documents divers trouvés à Begram ne plaident pour cette hypothèse. Les monnaies de Kanishka représentent aussi bien l’effigie de Bouddha que celles de divinités iraniennes.

Grâce à la tolérance religieuse qui régnait dans son royaume, le bouddhisme connut une nouvelle période d’épanouissement et c’est durant cette période qu’il s’infiltra avec les caravanes de la route de la soie au Turkestan chinois, en Mongolie et en Chine. C’est aussi durant son règne que se tint le quatrième concile bouddhiste d’où émergea la division entre bouddhisme du « Grand Véhicule » (Mahayana) et bouddhisme du « Petit Véhicule » (Hinayana) et que la figure de Bouddha apparaît pour la première fois sur des pièces de monnaie. L’espèce de culte que lui vouèrent les bouddhistes découle certainement des innombrables faveurs qu’il leur accorda et, plus encore, de sa tolérance qui rendit possible la propagation de leur foi dans son empire en direction du nord-ouest.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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