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Bisotoun
(Behistun, Bagistan)

Site archéologique iranien célèbre pour ses bas-reliefs. Au bas d’une falaise, au niveau de la route, se trouvent deux bas-reliefs de l’époque parthe accompagnés d’inscriptions en grec, un bas-relief   séleucide et surtout le fameux bas-relief trilingue célébrant l’accession au trône de Darius Ier.

Le bas-relief de Darius

Sculpté sur l’ordre de Darius Ier en 520 av. J.-C., il commémore sa victoire contre le mage Gaumata et la consolidation de son pouvoir. Dans ce bas-relief, Darius, debout à gauche, a le pied posé sur le corps de Gaumata. Il fait face aux huit chefs rebelles, enchaînés les uns aux autres. Le dernier personnage tout à droite, portant un bonnet pointu, est Skunkha, le roi des Scythes, rajouté après la victoire de Darius contre ce peuple en 518. Derrière Darius se tiennent ses alliés, Gobryas et Artaphernes. Au-dessus des prisonniers figure le symbole ailé d’Ahura-Mazda.

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© Jean Savaton
Bas-relief de Bisotoun.

Tout autour du relief une inscription en trois langues, élamite, néo-babylonien (ou akkadien) et vieux perse, donne la version officielle de la lutte de Darius pour prendre le pouvoir et de son triomphe final. L’importance de ce texte provient de ce qu’il est le seul texte d’un roi achéménide à narrer les évènements historiques de son règne. Darius y raconte en détail la rébellion de Gaumata contre Cambyse II puis, une par une, les rébellions des huit provinces et leur défaite. Le roi termine en soulignant l’aide que lui a apportée le dieu Ahura Mazda dans son combat - il justifie ainsi son droit au trône - et demande aux rois futurs de préserver le monument et de répandre son message.

Le choix du site de Bisoutun par Darius pour y faire graver son message n’avait rien d’accidentel, la falaise se trouvant directement au-dessus de la route qui reliait Ecbatane à Babylone. Ce message s’adressait autant à ses sujets qu’à la postérité ; en effet, les inscriptions sont placées trop haut pour être lues depuis la route et leur accès avait été rendu impossible sur ordre du roi, peut-être pour les protéger. Mais des copies du relief, dont quelques fragments ont été retrouvés, avaient à l’époque été envoyées dans toutes les provinces de l’empire, assurant ainsi que la volonté du roi soit connue de tous.

C’est grâce à ces inscriptions que l’officier britannique Rawlinson put, vers 1838, déchiffrer le cunéiforme vieux perse, de la même manière que Champollion avait, avec l’aide de la pierre de Rosette, trouvé la clé des hiéroglyphes égyptiens une dizaine d’années plus tôt.

Bas-reliefs parthe et séleucide

Celui de gauche, malheureusement très abîmé par une inscription persane du 17e siècle, représente Mithradate II recevant l’hommage de quatre dignitaires ; c’est le plus ancien relief parthe connu et la technique achéménide de présentation des personnages de profil plutôt que de face y est encore employée. Le relief de droite commémore la victoire de Gotarzès II (40-51 av. J.-C.) sur son rival Meherdate et montre le roi à cheval brandissant sa lance, accompagné d’une victoire ailée.

Un troisième bas-relief de l’époque séleucide (148 av. J.-C.) représente Héraclès au repos. Près de là, gravé sur un bloc isolé, un dernier relief de l’époque parthe figure un prêtre ou un noble, vu de face, accomplissant un rite devant un autel. Une inscription mentionne le nom de Vologèse, nom qu’ont porté cinq rois parthes entre 51 et 228 ap. J.-C.


 



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Dernière mise à jour : 21 décembre 2014
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