Asie Centrale
Bactriane & Margiane

Surkh Kotal

Site archéologique du centre de la Bactriane où durant le règne de Kanishka fut construit un temple, pour glorifier sa dynastie, sur une colline aux pentes très raides dominant de 70 mètres la vallée, au nord de Kabul. La construction du temple a duré plusieurs années, nécessita d’importants travaux de terrassement, et ne fut probablement jamais achevé. Le temple était encore utilisé sous Vasudeva, deuxième successeur de Kanishka. L’ensemble du bâtiment fut incendié entre 250 et 350 de notre ère.

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Surkh Kotal : vue des terrasses et du grand escalier

Le monument se présente comme une formidable forteresse rectangulaire entourée d’une enceinte fortifiée (5 mètres d’épaisseur sur 3 mètres de haut) de briques crues jalonnée de tours carrées et de fausses meurtrières. On accède à la porte du sanctuaire par un monumental escalier de pierre large de 6,60 mètres. Au-delà, s’élève une succession de quatre terrasses traversée en leur centre par un vaste escalier en pierre menant à la cour du temple proprement au sommet de la colline.

Le temple est lui-même de forme rectangulaire (46 mètres par 39). Il repose sur un podium de briques crues décoré d’un parement de pierre orné de pilastres   corinthiens. Au centre de ce podium s’élève la cella  , ouverte à l’est, entourée sur les trois autres côtés d’un péristyle   de colonnes en bois. La cella était une pièce carrée (11,50 mètres de côté) aux parois de briques crues épaisses de 3,40 mètres et décorées de pilastres corinthiens. La toiture était portée par quatre colonnes (de bois ?) dont on a retrouvé que les bases de pierre de style attique. Au centre de la cella se dressait une plate-forme en pierres de taille dont les côtés étaient décorés de rosettes peintes.

Le goût du gigantisme, l’architecture et la simplicité de sa décoration caractérisent une construction typique de l’époque kouchane avec prédominance des éléments parthes sur la tradition grecque. D’ailleurs durant longtemps, l’archéologue français Daniel Schlumberger, considéra qu’il s’agissait d’un temple du feu. Mais par la grande inscription, dite de Kanishka on sait que le temple abritait des statues de dieux iraniens protecteurs de la dynastie kouchane et celles des ancêtres de Kanishka. Le mazdéisme y était pratiqué, un second temple, plus classique, étant bien un pyrée  , mais il n’y a pas de trace d’un culte bouddhique.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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