Asie Centrale
Bactriane & Margiane

Dilbergine Tepe

L’un des principaux centres urbains de la Bactriane antique, situé en Afghanistan sur la rive gauche de l’Oxus   (Amou-Daria). L’occupation du site est attestée du Ve siècle av. J.-C. jusqu’au Ve siècle de notre ère. Elle couvre donc les périodes achéménide, gréco-bactrienne, kouchane et kouchano-sassanide. Ceci s’explique par sa position géographique à proximité d’une des routes reliant la Bactriane à la Sogdiane   et surtout au bord du vaste mur d’enceinte (long de plus de 200 km) qui protégeait les terres irriguées de l’oasis de Bactres des incursions des nomades et de l’envahissement des sables. Le site nous a révélé l’existence d’une vie religieuse intense à toutes les époques et la présence d’une importante école de peinture locale.

La ville

La ville dans son état actuel fut probablement fondée durant le règne du roi gréco-bactrien Eucratide mais les développements ultérieurs sont liés aux Kouchans. L’agglomération urbaine comprenait deux zones distinctes : l’enceinte fortifiée et les faubourgs. L’enceinte fortifiée, renforcée de tours rectangulaires est de forme carrée (393 x 383 mètres) et couvre une quinzaine d’hectares.

A l’intérieur de cette enceinte se trouvaient les principaux sanctuaires et, au centre, une puissante citadelle de plan circulaire entourée d’un fossé. La ville avait plusieurs portes dont l’une, au sud, exactement dans l’axe de celle de la citadelle. Le faubourg extérieur regroupait des habitations privées et des ateliers artisanaux. Toutes les constructions, privées et publiques, sont en briques crues et pisé, à toit plat pour les grandes portées et à voûte (période kouchane) pour les portées moindres.

Cultes religieux

Le principal temple de la ville fut à l’origine consacré aux Dioscures (peintures sur la façade), qui étaient les dieux protecteurs d’Eucratide. Dans son dernier état, ce temple prend des proportions monumentales (43 x 32 mètres) avec un double couloir périphérique autour de la salle de culte et du vestibule. Dans ce temple furent découverts les fragments d’une longue inscription en langue kouchane. À une date relativement tardive, toute une série de petites chapelles dédiées à diverses divinités furent également construites à proximité du temple contre le côté nord de l’enceinte.

Avec les nouveaux occupants apparurent de nouveaux cultes mais les anciennes divinités perdurèrent. Aux IIe et IIIe siècles, Héraclès était encore vénéré, comme l’atteste une statue retrouvée à la porte principale de la ville ; une divinité féminine, figurée sur l’une des fresques, synthétise les aspects guerriers d’Athéna et d’Anahita. L’hindouisme se manifeste par la présence d’une représentation de Siva, dont le culte remplace à l’époque kouchane celui des Dioscures dans le grand temple quant au bouddhisme il se manifeste lui aussi par la construction d’un monastère dans les faubourgs de la ville. Des restes de statues royales indiquent peut-être l’existence d’un culte dynastique.


 



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Dernière mise à jour : 21 décembre 2014
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