Asie Mineure
Pergame

L’Asclépieion
de Pergame

D’après Pausanias, le premier temple d’Asclépios édifié à Pergame datait du IVe siècle avant notre ère ; mais la grande majorité des vestiges actuels datent de l’époque d’Hadrien. C’est en effet, au IIe siècle apr. J.-C., à l’extérieur de la ville, que fut reconstruit le sanctuaire d’Esculape appelé l’Asclépéion.

La Voie Sacrée

On arrivait au sanctuaire depuis Pergame par une voie sacrée, la Via Tecta. Dans l’Antiquité, la Voie Sacrée partait du théâtre romain et après avoir traversé la ville romaine de bout en bout, elle aboutissait, après une portion finale ornée d’une superbe colonnade de 140 mètres de long, jusqu’à l’entrée monumentale du sanctuaire d’Asclépios.

Le propylée

Ce propylée   avait été construit sous le règne de l’empereur Antonin le Pieux par un certain Claudius Charax, historien et consul, qui en avait fait don à la cité. Le propylée proprement dit était formé de quatre colonnes corinthiennes portant un fronton. Après avoir franchi le propylée, on descendait par un escalier monumental dans une vaste cour où, du IVe siècle av. J.-C. jusqu’au IIe siècle de notre ère, se succédèrent 18 stades différents de construction pendant cette période. La place était entourée sur les trois autres côtés de portiques à colonnades.

Salon impérial et bibliothèque

En sortant du propylée, immédiatement sur la droite, on voyait d’abord une petite niche cultuelle et tout de suite après, un assez grand bâtiment qui servait tout à la fois de salon impérial et de bibliothèque. Au milieu du mur du fond était creusée une niche senti-circulaire qui contenait une grande statue de l’empereur Hadrien. La salle de lecture dont les murs avaient été plaqués de marbre de couleur à l’époque d’Hadrien, comportait des étagères murales en bois pour ranger les volumes : on en voit encore les trous de fixation. Comme dans la plupart des bibliothèques antiques, les murs étaient doublés de manière à ménager un vide sanitaire qui évitait l’humidité fort préjudiciable aux livres.

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© Jean Savaton
Asclépieion : portique.

Les galeries

La colonnade de la galerie nord était àl’origine de style ionique   mais après le séisme de 175 les dix colonnes les plus proches de la bibliothèque ayant été détruites, elles furent remplacées par des colonnes corinthiennes. Le sol de la galerie était en terre battue ; par contre le mur du fond était plaqué de marbres décoratifs. La galerie sud comportait deux niveaux. Le premier, assez bas de plafond, était formé de puissantes colonnes en andésite reposant sur un soubassement de pierre. Quant au second niveau, il n’en subsiste plus rien.

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© Jean Savaton
Asclépieion : théâtre.

Le théâtre

A l’extrémité de la galerie qui est opposée à la bibliothèque se situe un petit théâtre de 3500 places où les malades venaient écouter de la musique ou suivre des pièces de théâtre, car ces activités faisaient partie intégrante des méthodes thérapeutiques employées dans l’Asclépieion. Ce théâtre possédait toutes les caractéristiques des théâtres romains.

Le temple d’Asclépios

Bien évidemment le bâtiment essentiel de ce sanctuaire était le temple consacré au dieu Asclépios qui trouvait entre le propylée et le bâtiment de cure qui fut construit plus tard. Le temple dont nous voyons les restes aujourd’hui fut bâti en l’an 150 de notre ère. C’était un bâtiment circulaire de 23,85 mètres de diamètre, précédé d’une entrée monumentale à colonnes. Il devait ressembler en plus petit au Panthéon qui avait été construit à Rome vingt ans plus tôt. A l’intérieur, les piliers qui soutenaient la coupole étaient séparés par des niches qui devaient contenir des statues de dieux et de déesses. La statue d’Asclépios se trouvait dans la grande niche face à l’entrée.

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© Jean Savaton
Asclépieion : télesphore.

Le Télesphore

A la sortie du souterrain, les malades débouchaient dans le bâtiment de cure appelé temple de Télesphore. C’était une construction circulaire de 26,3 mètres de diamètre, à deux étages. Le second étage a totalement disparu, par contre le premier est relativement bien conservé : il comporte 6 grandes absides semi-circulaires où se trouvaient des lits pour dormir. Les malades priaient jusqu’à ce qu’ils sombrent dans le sommeil ; à leur réveil, les médecins expérimentés de l’Asclépiéon venaient interpréter leurs rêves. Une porte permettait de passer de ce bâtiment à une terrasse où les malades pouvaient prendre des bains de soleil.

Méthodes thérapeutiques

De nombreuses inscriptions trouvées au cours des fouilles évoquent les traitements médicaux qui étaient pratiqués à l’Asclépieion, ainsi que les écrits de l’orateur Aetius Aristide qui, au milieu du IIe siècle de notre ère, resta là pendant 13 ans pour se faire soigner. Son témoignage est particulièrement intéressant car il correspond au règne d’Hadrien, c’est à dire la période où l’Asclépieion de Pergame était le plus renommé et où exercèrent des médecins connus dans tout le monde antique, comme Galien ou Satyros. Mis à part les guérisons miraculeuses, les maladies étaient traitées par des méthodes « classiques » comme le sport, le thermalisme ou les bains de boue. La psychologie et la suggestion jouaient aussi un grand rôle.

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© Jean Savaton
Asclépieion : le cryptoportique.

En général, les malades arrivaient par la Voie Sacrée où ils marchaient pieds nus, animés par la conviction que chaque pas fait en direction du sanctuaire d’Asclépios les rapprochait un peu plus de la guérison. Une croyance soigneusement entretenue voulait qu’Hadès, dieu de la Mort ne puisse pas pénétrer dans le sanctuaire du dieu de la Médecine ; donc, à peine le malade avait-il pénétré dans l’enceinte sacrée, qu’il en ressentait les effets psychologiques favorables !
Après s’être lavés et purifiés dans des bassins, les malades s’engageaient dans un tunnel souterrain, appelé cryptoportique, qui les conduisait jusqu’au Télesphore. L’obscurité et le silence qui y régnaient créaient une atmosphère mystérieuse.


 

Portfolio

Asclépieion : théâtre. (c) Jean Savaton


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Dernière mise à jour : 17 mai 2015
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