Mésopotamie
Assyrie

Séminaris

Légendes...

La légendaire Sémiramis a donné lieu à
plusieurs hypothèses. Beaucoup d’auteurs antiques (Diodore de Sicile, Hérodote, Ctésias...) rapportent le récit de sa vie romanesque avec de nombreuses variantes mais c’est Diodore de Sicile [1], qui a le plus longuement raconté son histoire en s’inspirant des écrits de Ctésias désormais perdus. Fille de la déesse Derkéto (Atargatis) patronne d’Ascalon, lieu de naissance de Sémiramis, et d’un simple mortel, elle est exposée à sa naissance, nourrie par des colombes puis recueillie par des bergers. Or un jour, un gouverneur assyrien du nom d’Omnès visite les bergeries et s’éprend de la jeune fille qui entre temps est devenue une beauté incomparable. Elle épouse le gouverneur et lui donne deux fils, Hyapate et Hydaspe. Elle accompagne son époux quand celui-ci est appelé par le roi Ninos qui mène campagne en Bactriane et échoue à s’emparer de Bactres. Sémiramis ayant bien observé les mouvements des défenseurs s’empare de la citadelle aidée de quelques soldats et les assiégés ne tardent pas à se rendre. A son tour, le roi s’éprend de cette femme remarquable et l’épouse. De cette union leur naît un fils, Nias. A la mort de Ninos, Sémiramis accède au trône qu’elle occupera pendant 42 ans. Elle fonde alors Babylone, s’assure de la conquête de la Médie, de la Libye et même une campagne en Inde ou elle est blessée. Partout, son passage est marqué par de grandioses réalisations : montagnes retaillées, cours d’eau déviés, construction de bâtiments prodigieux. Son fils Ninyas finit par conspirer contre elle et Sémiramis quitte le trône et disparaît mystérieusement.

Selon Hygin, Sémiramis se serait jetée dans un bûcher après la mort du cheval qu’elle avait pris pour amant.

...et hypothèses

Aucun des noms mentionnés dans le récit de Diodore n’est attesté par l’archéologie. La légende de Sémiramis ne serait qu’un amalgame des traditions de deux reines réelles, une assyrienne et une babylonienne. Certaines réalisation prêtées à Sémiramis sont celles de Naqî’a (la Pure) Zakutu, appelée par les Grecs Nicrotis, originaire de Syrie ou de Palestine, femme de Sennachérib et mère d’Assarhaddon qui semble avoir exercé une sorte de régence en Babylonie, entre 683 et 670, et contribué à reconstruire Babylone dévastée par son époux. Certains des travaux attribués à Sémiramis par les auteurs antiques font penser à ceux de Sennachérib à Ninive, d’autres à ceux de Nabuchodonosor à Babylone. Quant à la campagne militaire contre l’Inde elle ressemble beaucoup à la campagne réelle que mena Alexandre.

Quant au nom de Sémiramis, il s’agit vraisemblablement de la déformation de celui de Sammuramat, épouse de Shamshi-Adad V et mère d’Adad-nirâri III (810-783) dont elle assura la régence durant les quatre premières années de son règne. Son nom signifie « aimée du ciel » ou « mon nom est haut ». Or Sammuramat est le seul exemple connu de reine assyrienne ayant règnée ce qui lui valut le privilège de voir son nom inscrit dans les annales babyloniennes. Selon Georges Roux, la forte personnalité de Sammuramat aurait entraîné son assimilation avec la déesse assyro-babylonienne Ishtar de Ninive dans la tradition des Mèdes, contre lesquels Sammuramat ordonna une expédition en 810.

Plus tardivement, autour de cette femme semi-divine se seraient cristallisées, au-delà de la légende mèdo-persique, non seulement la saga de Sémiramis, mais celles d’autres souveraines ou princesses plus ou moins mythiques du Proche-Orient, comme la Shirin des Sassanides, la reine d’Arménie Samiran, ou la Shéhérazade de l’époque abbasside.



[1DIODORE DE SICILE, Bibliothèque Historique II 4-20

 



Accueil | Plan | Crédits

   Creative Commons License

Dernière mise à jour : 3 juin 2015
2005-2017 © Clio la Muse