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La bataille de Qadesh

Aujourd’hui Tell Nebi Mend en Syrie, au sud du lac de Homs. En 1274 av. J.-C., une célèbre bataille y opposa Ramsès II et le roi hittite Muwatalli.

L’origine du conflit

L’origine du conflit est peut-être constituée par la défection du pays d’Amourrou au profit de l’Égypte. Cette bataille fut sans conteste le point d’orgue d’un siècle de conflit entre les deux empires du moment pour le contrôle de la Syrie qui constituait alors le carrefour commercial entre le monde mésopotamien et la Méditerranée. Dans l’Antiquité, le site constituait une puissante cité fortifiée du pays d’Amourrou, véritable position stratégique au levant car elle contrôlait l’axe est-ouest joignant l’Euphrate à la Méditerranée. Plusieurs fois assiégée et vaincue par Thoutmosis III, elle fut sans cesse au cœur des révoltes contre l’empire égyptien et constituait un enjeu certain à la limite de la frontière des empires égyptien et hittite.

La version de Ramsès II

Le récit de cette bataille nous est bien connu par deux textes égyptiens appelés le Bulletin et le Poème. Ramsès II dirige une armée estimée à 20 000 hommes répartis en quatre divisions : Amon, , Ptah et Seth (Soutekh). Ce sont des unités d’infanterie et de charrerie auxquelles s’ajoute la garde royale composée pour partie de mercenaires [sardanes-art267]. Face à lui, Muwatalli II aligne 3 500 chars de combat, soit environ 10 500 hommes, et 37 000 fantassins. Au côté de l’armée hittite proprement dite l’on retrouve une coalition rassemblant le Mitanni et les petits royaumes syriens.

La bataille commence le neuvième jour du troisième mois de shemou. Ramsès II, sur la foi d’informateurs bédouins, croyant à tort l’ennemi encore très éloigné, s’avance le long de la rive gauche de l’Oronte et installe son camp au nord-ouest de Qadesh, sans soupçonner que Muwatalli et son armée se tenait déjà à moins de dix kilomètres derrière la ville. L’armée égyptienne, en plaine installation, est alors très divisée : la division d’Amon est occupée par des préparatifs d’installation ; la division de Rê est en marche vers son futur campement ; les divisions de Ptah et de Seth sont encore bien en arrière. La capture de deux éclaireurs hittites révèlent aux Égyptiens la proximité du danger hittite mais déjà la division Rê est submergée par une vague de 2 500 chars hittites qui anéantissent en un clin d’œil le quart de l’armée égyptienne !

Puis les chars hittites bousculent la division d’Amon et s’emparent du camp égyptien où seule la garde royale ne cède pas à la panique. A leur tête, Ramsès II renverse la situation par une contre-offensive désespérée. Malgré une nouvelle vague de 1 000 chars hittites en renfort et après six charges, Ramsès II repousse la coalition ennemie et la rejette à l’Oronte. Pendant la nuit, la division Ptah a rallié le camp et au matin du deuxième jour Ramsès aligne son armée pour le deuxième assaut. Les Hittites se sont alors réfugiés dans la forteresse et montrent peu d’ardeur au combat. Ramsès II propose alors un armistice.

Le bilan de la bataille

Ramsès II, qui se jugea victorieux, fit commémorer sa « victoire » par tout un ensemble de reliefs en Haute-Égypte (Thèbes, Louxor, Abydos) et de textes. Au-delà de la propagande égyptienne, il faut étudier les conséquences historiques de cette bataille. Si elle fut un choc certain entre les deux empires, la bataille de Qadesh, ne fut pas pour autant un choc décisif : deux ans plus tard (an VII de son règne), Ramsès II sera de nouveau en campagne en Palestine et en l’an IX de son règne, il s’empare des villes de Tounip et Dapour bien au nord de Qadesh qu’il assiègera encore durant l’an X de son règne.

Côté hittite, l’Amourrou revient sous tutelle mais les Hittites assistent sans réaction à la conquête du Mitanni par les Assyriens dès 1274. Furent-ils épuisés par les pertes subies à Qadesh ? Dès 1258, Hattousili III conclut avec Ramsès II un traité de paix et lui offre deux filles en mariage. Là réside sans doute la principale conséquence de cette bataille au sort incertain : un rapprochement diplomatique entre les deux empires hier ennemis irréductibles alors qu’aux frontières sud émerge une nouvelle puissance régionale, l’Assyrie.


 



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Dernière mise à jour : 3 juin 2015
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