Asie Mineure
Hittites

Emar

Cité antique aujourd’hui engloutie par les eaux du lac Assad en Syrie. La ville était située au point de rencontre entre les courants d’échanges syro-mésopotamien et syro-anatolien. Les textes d’Ebla et de Mari mentionnent Emar dès la fin du IIIe millénaire mais les fouilles archéologiques menées de 1972 à 1976 n’ont pas permis de retrouver des vestiges datant de cette époque. Les vestiges découverts et identifiés comme étant ceux de la cité d’Emar correspondent à la deuxième cité, celle construite au XIVe siècle av. J.-C. vraisemblablement sur ordre du roi hittite Suppiluliuma. La reconstruction hittite s’est donc accompagné d’un déplacement géographique peut-être justifié par un déplacement de l’Euphrate lui-même : le fleuve s’étant écarté, le port d’origine devenait inutilisable.

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© Jean-Claude Margueron
Tablette retrouvée à Emar.

Les Hittites ont entrepris de considérables travaux de terrassement lors de la construction de la nouvelle cité. Sur 1 km de long et 600 m de large, le site a été entièrement remodelé afin de créer une succession de terrasses s’étageant depuis le fleuve vers le plateau. Un fossé artificiel de 30 mètres de profondeur a même été creusé afin d’isoler le site du plateau originel côté terre. A l’époque, les Hittites cherchent à se protéger des invasions venues du Mitanni ou d’Assyrie. Une trentaine de d’habitations particulières ont été identifiées. Elles ont été construites sur un plan type à deux niveaux : au rez-de-chaussée une grande pièce ouvrant d’une part sur la rue et d’autre part sur deux petites pièces.

Les fouilles de Jean-Claude Margueron ont révélé deux monuments principaux, surélevés par rapport au reste de la ville : le palais du gouverneur et le double temple voué à Baal et Ashtarté. Le palais avait la forme d’un hilani : c’est un bâtiment pourvu en façade d’un porche à colonnes ouvrant sur deux salles oblongues, l’ensemble étant surmonté d’un étage. La découverte majeure effectuée sur le site est peut-être celle d’une bibliothèque de quelques 400 tablettes. Les noms qui y figurent sont essentiellement d’origine sémite. Les textes sont des textes rituels liés à l’exercice des cultes religieux (calendriers, listes de sacrifices, rites pratiqués envers les dieux hittites, textes divinatoires) et quelques textes littéraires.

Emar disparaît en 1187 av. J.-C. durant la période d’invasion des peuples de la mer. Le site ne sera réoccupé qu’à partir de l’époque romaine sous le nom de Balis.


 



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Dernière mise à jour : 21 décembre 2014
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