Monde Grec
Minoens

Palais de Cnossos

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Knossos : koulourès.

Cnossos est le palais le plus important de Crète. Le site était occupé dès le Néolithique (IVe millénaire). Le palais de Cnossos est construit un peu après 2000 av. J.-C., détruit vers 1700, reconstruit tout de suite après et détruit partiellement en 1650 et définitivement en 1450 av. J.-C. A l’abandon, il sera réutilisé à l’époque grecque et à l’époque romaine. Selon Homère, Cnossos était la capitale de la Crète. C’est le plus grand des palais minoens. Il occupe une surface de près de 20.000 m2. Sur les côtés Ouest et Sud, un mur faisait le tour du palais, peut-être pour en fixer les limites, mais ce n’était pas un mur de fortification.

L’entrée principale du palais se faisait exactement comme aujourd’hui, à l’Ouest, par une rampe qui menait à une cour. Cette cour ouest est dallée avec des allées surélevées pour les processions : l’une d’elle aboutit au palais, l’autre part en direction de l’aire théâtrale. On pense que les trois fosses construites en pierre, les koulourès, étaient des dépôts sacrés dans lesquelles on jetait les objets cultuels hors d’usage et les restes d’offrande.

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Knossos : le propylon sud.

Une allée relie la cour au Propylon Ouest, où le roi lui-même recevait peut-être les visiteurs. Une porte à double battant menait au corridor dit de la procession, qui doit son nom à la fresque ornant autrefois son mur et qui représentait des porteurs d’offrandes. Une copie partielle de cette fresque est reproduite sous les propylées sud. Il est admis que la scène représente une cérémonie religieuse où prêtres et prêtresses accompagnés de musiciens se rendent vers la cour ouest.

Il existait un autre accès au palais, la porte Sud, qui mène aux corridors sud-nord et, de ceux-ci, à la cour centrale. C’est près de ce corridor, appelé en conséquence Corridor de la fresque aux lys que furent trouvés les restes de la fresque du « Prince aux fleurs de lys », dont la reconstitution est sujette à controverse.

Aile Ouest

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Knossos : façade de la salle du trône.

Sur presque toute la longueur de l’aile occidentale, se suivent dix-huit magasins de forme oblongue, desservis par un long couloir. Ces magasins n’étaient pas éclairés par des fenêtres. Chaque magasin regorgeait d’énormes pithoi (150 au total). Chaque pithos pouvait contenir 78 000 litres d’huile ou de vin. Les magasins communiquaient avec les sanctuaires du rez-de-chaussée. Les murs sont décorés des symboles religieux traditionnels. Ainsi, tout semble prouver qu’un culte était associé à ces magasins.

Depuis l’aile sud-ouest, un escalier mène au sanctuaire à trois colonnes. A droite de l’escalier, une pièce rectangulaire est considérée comme un temple d’époque grecque consacré à Rhéa, dont nous connaissons l’existence à Cnossos par Diodore de Sicile. Derrière ce sanctuaire et juste au-dessus des magasins Ouest il y avait la Grande salle destinée aux réunions, tandis que plus au Nord se trouve la salle du sanctuaire. C’est de cette salle que provient la fameuse fresque de la « Parisienne ».

La salle du trône

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Knossos : La salle du trône.

La salle du trône est éclairée par un puits de lumière à l’étage. La salle attenante abrite désormais des copies de fresques retrouvées dans différentes parties du palais. Une petite terrasse adjacente surplombe la cour centrale. Au rez-de-chaussée, la salle du trône est précédée d’un vestibule éclairé par un polythyron   à quatre baies qui ouvre sur la cour centrale.

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Plan de Knossos.

Une banquette en gypse coure le long des murs de la salle du trône. Une fresque de griffons sans ailes en décore les murs. La vasque de porphyre placée au centre fut découverte dans le couloir contigu. Evans pense qu’elle contenait de l’eau lustrale. Le trône en bois est placé là où Evans a retrouvé un amas de bois calciné.
Au fond, un petit sanctuaire où on a retrouvé une double hache, une double corne et une statuette. Les vases « paniformes » trouvés sur le sol laissent penser qu’une cérémonie se déroulait au moment de la destruction.

Les salles sud

Un large escalier de 18 marches mène à l’étage supérieur. Les deux colonnes, au milieu et dans la longueur, devaient soutenir le toit. Il sépare la salle du trône, à droite, du sanctuaire tripartite, à gauche. C’est une petite pièce tout en longueur où ont été retrouvées des tablettes en linéaire B dans un coffre en bois. Derrière le sanctuaire, deux petites salles : la première renferme une haute jarre, décorée de médaillons ; la seconde est appelée chambre du trésor, car c’est ici qu’ont été retrouvées les statuettes de déesses aux serpents et de nombreux objets précieux. A gauche du sanctuaire, des marches mènent à un espace dallé qui constitue le vestibule des cryptes à piliers, salles hypostyles où se déroulaient des sacrifices. Les piliers sont décorés du symbole de la double hache gravée.

Aile Est

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Knossos : l’escalier est.

L’aile est a été construite sur la pente de la colline. Les constructions se développaient sur quatre étages. Le Grand escalier, dont les volées étaient protégées par des parapets, était éclairé par un puits de lumière depuis la cour centrale jusqu’au rez-de-chaussée grâce à un agencement très bien étudié. L’œuvre architecturale était renforcée par une décoration recherchée : plaques de gypse pour les marches et balustrades, fresque aux boucliers en forme de huit sur les murs. Cet escalier desservait les appartements royaux.

Le Mégaron   du roi

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Knossos : salle des audiences.

L’escalier et un corridor en chicane mènent au Hall des doubles haches, qui doit son nom au symbole gravé sur les murs de la pièce, où l’on a trouvé, sur une banquette, des figurines cultuelles aux bras levés datant de l’époque mycénienne.

Au rez-de-chaussée, deux polythyrons encadrent une salle dallée, éclairée et aérée grâce à un puits de lumière. Evans ayant trouvé dans cette pièce, les vestiges d’un trône en bois placé sous un baldaquin supporté par quatre colonnes, supposa qu’il s’agissait d’une salle servant aux audiences. Les polythyrons devaient être fermés par des volets de bois ou des rideaux en tissu.

Le Mégaron de la Reine

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Knossos : la fresque aux dauphins.

Une petite porte, au Sud de la salle, et un corridor en angle droit mène au mégaron de la Reine. La pièce a une double fenêtre et une porte ouvrant sur une pièce couverte avec deux portes et deux puits de lumière. Dans le Mégaron on a trouvé d’admirables fresques dont on peut voir des reproductions sur le mur. Sur le mur Nord était peinte la fresque des dauphins. Sur un montant du polythyron Est on a mis au jour la fresque de la « danseuse ».

A l’ouest du mégaron, se trouvent la Salle de bain de la Reine avec une baignoire-sabot en terre cuite, et le cabinet de toilette, avec une banquette basse et les latrines. Une porte du cabinet de toilette mène à la courette aux quenouilles, qui doit son nom aux quenouilles gravées sur les murs. C’est dans une petite pièce du mégaron de la reine que se trouve la Chambre du trésor où Evans a trouvé des objets précieux en or, ivoire, faïence et jaspe, tandis que sous un petit escalier en pierre il a trouvé le célèbre acrobate en ivoire.

Aile Nord

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Cnossos : bastion ouest.

Le couloir de l’entrée nord descendait en pente, à ciel ouvert, vers la porte nord. De chaque côté, deux bastions symétriques, dont un, celui de l’ouest, a été reconstruit par Evans. Sur le mur ouest du bastion reconstruit, on peut découvrir une copie de la fresque en relief représentant la capture d’un taureau dans un bois d’oliviers.

A la base des bastions, on peut découvrir de nombreuses marques (tridents, doubles haches, étoiles) ayant une signification sacrée ou profane (marques de carrier). Les fouilles de ce corridor ont livré des tablettes en linéaire B et quelques vases mycéniens. Sous le corridor nord passe un égout central. A l’extrémité nord du corridor, la grande salle hypostyle  , dont le toit était soutenu par huit piliers et deux colonnes, a été appelé l’Octroi par Evans, car c’est là qu’arrivait la route menant aux deux ports, Katsamba et Amnisos, qui desservaient Knossos.

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Cnossos : la voie royale.

Evans a baptisés « cellules », un complexe de constructions aux angles arrondis, datant de l’époque protopalatiale, situées dans la partie Nord-Ouest de la cour centrale. Durant la période postpalatiale, sur ces constructions, fut construit un sanctuaire. C’est de l’étage de ce sanctuaire que sont tombées certaines fresques, dont celle du singe cueilleur de safran.

Dans la partie Nord-Ouest du palais se trouve l’aire théâtrale, du même style que celle de Phaistos. Les gradins dessinent un L. Un soubassement de pierre, au Sud, constituait, pense-t-on, la loge royale. Les deux ailes devaient abriter 500 spectateurs. L’endroit où se déroulaient les représentations était bas, dallé et traversé par une voie processionnelle avec des embranchements.

La voie processionnelle vient croiser la voie royale, surnommée la « plus ancienne route d’Europe ». De chaque côté, la route était bordée de maisons comme la Maison des fresques et l’Arsenal. A l’Ouest se trouve la maison du trésor Nord-Ouest, qui doit son nom aux objets de bronze qui y furent découverts. La route aboutit au petit palais où fut retrouvé le fameux rhyton en forme de tête de taureau.


 

Portfolio

Cnossos : entrée nord-ouest. (c) Jean Savaton Cnossos : corridor des lys. (c) Jean Savaton Cnossos : fresque du Prince aux fleurs de lys. (c) Jean Savaton Cnossos : magasin et pithoi. (c) Jean Savaton Cnossos : mégaron de la reine. (c) Jean Savaton Cnossos : pithoi. (c) Jean Savaton Cnossos : polythyron. (c) Jean Savaton Cnossos : portique aux haches. (c) Jean Savaton Cnossos : portique aux haches. (c) Jean Savaton Cnossos : puits de lumière. (c) Jean Savaton Cnossos : le théâtre. (c) Jean Savaton


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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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