Asie Mineure
Ourartou

Brève Histoire

L’Ourartou était un État théocratique et féodal. On peut retracer les grandes lignes de l’histoire de ce royaume à partir de la liste de ses rois, du milieu du IXe au début du VIe siècle et des chroniques assyriennes contemporaines.

Liste de rois

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© Musée des Civilisations Anatoliennes
Altintepe : lion assis - ivoire.

C’est è partir de Sarduri Ier
que l’Urartu commence è s’étendre. Ce souverain transfère sa capitale è Tushpa. Ishpuhini (824-806) s’empare de la ville et du pays de Musasir probablement situés entre les lacs de Van et d’Urmiah, et du pays de Parsua, peuplé de Mèdes et de Mannéens.

Sous le règne de son fils Menoua (805-788), l’Ourartou accroît sa puissance : il conquiert l’Alzi (jadis appelé Alshe) entre le haut Tigre et l’Euphrate, puis traverse ce fleuve et reçoit le tribut du roi de Milid. Cette extension territoriale s’accompagna d’un renforcement de l’autorité centrale, de la naissance d’une classe dirigeante, et de la création d’un panthéon unitaire. Menoua fut aussi un grand bâtisseur : il édifia des villes, des citadelles, des palais et des temples, il creusa des canaux et planta des jardins et des vignes.

L’expansion du royaume d’Ourartou se poursuivit sous le règne d’Argishti Ier (787-766), fils de Menoua. Dès le début de son règne Argishti mena une campagne guerrière vers sa frontière ouest, cherchant à se ménager une ouverture vers la Méditerranée et à s’emparer des principales voies commerciales contrôlées par les Assyriens. En même temps qu’il menait ses campagnes occidentales, il tourna son attention vers le Nord : il occupe la haute vallée de l’Arase, en Transcaucasie, et y fonde des villes telles qu’Irbuni (Arin-Berd près d’Erevan) et Argishtikhinili (Armarvir sur la frontière turco-soviétique). Argishti, qui avait conquis, au prix de combats acharnés, une façade sur la Méditerranée, voulut s’assurer la possession définitive de cette région-clé : il transféra dans la Transcaucasie, plus proche du centre de l’Ourartou, les populations hittites et sophènes qui risquaient de lui créer des difficultés. Sous son règne, l’Urartu atteint son maximum d’expansion alors que l’Assyrie connaît une période de recul politique et économique.

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© Musée des Civilisations Anatoliennes
Statuette de lion assis - ivoire.

Son successeur, Sarduri II (765-733) y ajoute le Milid et le Kummuhu, sur la rive droite de l’Euphrate. Il poursuivit la politique de construction de son père. Dès 743, il doit faire face au réveil de l’expansionnisme assyrien mené par Téglath-Phalasar III. En 735, Tushpa est prise, le royaume est dévasté.

Son fils Rousa Ier hérite d’un royaume à reconstruire, tâche à laquelle il s’attela d’autant plus facilement que l’ennemi assyrien en la personne de Salmanasar V devait affronter des difficultés internes. La campagne de Sargon II en 719 contre l’Ourartou ruinera tous les efforts de Rousa à néant.

Quand Rousa mourut pendant la guerre contre l’Assyrie et que son royaume fut dévasté, ni la dynastie, ni l’Ourartou ne cessèrent d’exister. Rousa II, petit-fils du défunt, reconstitua son domaine et développa systématiquement l’élevage et l’agriculture. Pendant son long règne (670-665 av. J.-C.), l’Ourartou fut une des grandes puissances de l’Antiquité. Il nous a laissé beaucoup d’inscriptions.

Son successeur, Sarduri III est le dernier roi mentionné par les annales assyriennes. Assurbanipal lui reproche de comploter avec les Scythes.

De l’Ourartou...

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© Musée des Civilisations Anatoliennes
Teisheba ? - bloc à écriture cunéiforme.

Dès la fin du règne de Rousa II, le royaume d’Ourartou cessa de jouer un rôle dans l’Histoire de l’Asie antérieure ; pourtant, il parvint à survivre. Seule la pression répétée de peuples nomades venus du nord, Scythes et Cimmériens, entraîna l’effondrement du royaume qui renaquit, bien plus tard, sous le nom d’Arménie.

Une chronique babylonienne mentionne une expédition contre l’Ourartou (mentionné sous le nom d’Ourashtou) en 609. Durant le règne de Nabopolassar une campagne fut menée dans la région montagneuse de Bit Hanounia, « un district de la Terre d’Ourartou ». C’est au VIe siècle que le royaume d’Ourartou fut anéanti. Les pointes de flèches trouvées dans les murs de brique crue de Teishebaini indiquent que les Scythes prirent part à la destruction des cités auxquelles ils étaient autrefois alliés.

...à l’Arménie

La place de l’Ourartou fut prise par de nouveaux royaumes et de nouvelles fédérations des peuples qui avaient fait partie autrefois du royaume de Van. Sur le pourtour occidental du territoire de l’Ourartou les tribus se groupèrent autour des Arméniens. Le Lac de Van, cœur de l’Ourartou, devint pays mède et fit plus tard partie de la Perse achéménide.

On a longtemps pensé que, pressés par les Arméniens, les Ourartéens avaient abandonné leur pays et s’étaient retirés dans le nord. On pense plutôt aujourd’hui qu’ils restèrent sur place et se mêlèrent aux Arméniens. Ainsi la région qui avait été le royaume de Van prenait peu à peu le nom du nouveau groupement politique qui avait occupé une grande partie de son territoire et devint l’Arménie. De même la langue ourartéenne disparut au profit de l’arménien.


 



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Dernière mise à jour : 3 juin 2015
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