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Les Cimmériens

Origines...

Le mot grec Kimméryi, peut-être emprunté à l’hittite Kammara, désignait une contrée brumeuse et nordique. Il se retrouve dans son nom moderne : la Crimée. Ce qu’Hérodote appelle le Bosphore cimmérien correspond à la presqu’île de Kertch. Peuple indo-européen qu’on estime de race thraco-phrygienne, venu de la Hongrie et de la Roumanie, il occupe peut-être la steppe russe au nord de la Mer Noire dès 1200 avant J.-C. Les Cimmériens, appelés aussi Kymris ou Cimbres, peuvent être identifiés avec les fondateurs de la civilisation du Luristan. Ils se réunissaient périodiquement en amphictyonie  , comme le font les Lurs nomades aujourd’hui encore.

Les archéologues russes les identifient avec les auteurs de ce qu’on appelle la « civilisation des catacombes » qui fut très importante dans la Russie du Sud. A cette civilisation succéda celle qu’on appelle la civilisation des tombes à charpentes (vers 1000-900 avant J.-C.) attribuée à des peuples proto-scythes.

...et expansion

Entre 750 et 700 avant J.-C., selon le témoignage des historiens grecs, complétés par la chronologie assyrienne, ils sont dépossédés des steppes russes par les Scythes. Face à cette invasion, les Cimmériens se déchirent : les nobles souhaitent résister semble-t-il, alors que le reste de la population choisit la suite. La querelle dégénère en conflit armé qui s’achève sur une défaite des nobles. Une partie des Cimmériens dut alors semble-t-il se réfugier en Hongrie, le reste s’enfuit par la Thrace (d’après Strabon) ou par la Colchide   (d’après Hérodote) en Asie Mineure. Chacun de ces deux ensembles connaîtra un destin propre. Les Cimmériens qui ont choisi la fuite vers l’ouest se fondent dans les populations locales.

Quant aux Cimmériens qui ont émigré vers l’est, vers 708, ils franchissent le Bosphore et prennent pied en Asie Mineure où, autour d’Héraclée et de Sinope, ils constituent un établissement permanent. De ce repaire, des bandes partent constamment au pillage des régions de l’intérieur. Car les Cimmériens ne sont pas à la recherche d’un territoire : ce sont des guerriers et des pillards qui vivent de rapine. Ils auraient ainsi envahi au VIIe siècle avant J.-C. le royaume d’Ourartou et celui des Mèdes avec qui ils ont une parenté ethnique et les mêmes divinités. Ils tardèrent pas à se heurter à la puissance assyrienne. En 679, Assarhaddon écrase en Cappadoce le roi des Cimmériens Téouslipa.

Contenus de ce côté, les Cimmériens se retournent vers l’Asie Mineure occidentale où les royaumes de Phrygie, de Lydie, et les colonies grecques du littoral ont de quoi tenter leurs convoitises. En Phrygie, ils remportent un succès complet. Battu par eux, le roi Midas s’empoisonne et son royaume s’éteint. Après cette victoire, ils se tournent vers la Troade et entamèrent la lutte contre Gygès, roi de Lydie.

Après la mort de Gygès en 652, personne en Asie Mineure ne fut plus capable de contenir les Cimmériens. De la côte d’Ionie aux portes de Cilicie, ils inondèrent le pays. A Sardes, les Cimmériens conquièrent la ville basse, mais ne purent emporter l’Acropole. A Ephèse, ils incendièrent le Temple d’Artémis. Les Cimmériens, d’une manière générale, échouèrent contre les villes fortes et durent se borner à ravager le plat pays. On les voit ensuite errer en Cappadoce et en Cilicie (vers 650) et enfin dans le Pont (vers 630).

Les Cimmériens continuèrent après la pénétration scythe en Crimée d’y avoir des villages, voire des villes, comme Cimméric (près de l’actuelle ville de Kertch) et d’autres sur la rive droite du Dniepr.


 



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Dernière mise à jour : 3 juin 2015
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