Asie Mineure
Pamphylie

Aspendos

Histoire

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Aspendos : tour de pression de l’aqueduc.

Ville grecque de Pamphylie située à proximité de la rivière Eurymédon, qui jusqu’au IVe siècle au moins était encore navigable jusqu’à Aspendos. Le site fut occupé dès l’âge de pierre. Selon Strabon et Pomponius Mela, la cité aurait été fondée à la fin du IIe siècle av. J.-C. par des colons d’Argos. Selon Hérodote, la cité aurait été conquise par Crésus. Après la conquête de l’Asie Mineure par les troupes de Cyrus II au Ve siècle, la cité fournissait des contingents de soldats aux Perses mais elle continua à frapper sa propre monnaie. Aspendos fut une base navale perse, une bataille navale opposa les Perses aux Athéniens menés par Cimon sur l’Eurymédon.

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Aspendos : mur de scène extérieur.

Au IVe siècle, Aspendos appartint à la ligue de Délos à laquelle elle versait un tribut. Selon Arrien, les habitants obtinrent dans un premier temps qu’Aspendos ne soit pas occupée par une garnison macédonienne en échange du versement du tribut (chevaux et 50 talents   d’or) précédemment versé aux Perses. Mais Aspendos n’ayant pas respecté l’accord, Alexandre revint en faire le siège et n’épargna la ville qu’en échange de 100 talents d’or et 4 000 chevaux, ce qui dénote la richesse de la cité d’alors. La cité fut intégrée en 190 av. J.-C. à la province romaine d’Asie. Sous la domination romaine, Aspendos connut un certain essor. Tous les vestiges archéologiques visibles aujourd’hui datent de cette période.

La ville était une cité prospère dont le commerce se développait autour de l’élevage des chevaux, des cultures céréalières, des vergers et des oliviers. Mais selon Strabon, ce sont surtout la production de sel issu des salines et les vignes d’Aspendos qui faisaient la richesse de la cité. La condamnation des exactions menées par Gaius Verres à Aspendos, qu’il pilla littéralement, donna l’occasion à Cicéron de prononcer certains de ses plus beaux réquisitoires.

Principaux monuments

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© Jean Savaton
Aspendos : le théâtre.

Le plus beau monument qui nous soit parvenu est indiscutablement le théâtre, l’un des mieux conservés de tout le monde antique. Il fut construit par l’architecte Zénon, lui-même originaire d’Aspendos, durant le règne de Marc-Aurèle. Modèle parfait du théâtre romain (présence d’un mur fermant la scène), il a conservé du théâtre grec la forme de la cavea   (en hémicycle outrepassé) et la situation (adossé à une colline). Ses proportions sont monumentales : 100 mètres de large, 70 de profondeur, avec une façade de 22 mètres, il pouvait contenir 15 000 personnes. La cavea comporte quarante rangées de gradins séparés en deux niveaux par un promenoir intermédiaire. Il fut offert à la cité par deux frères et dédié à la fois aux divinités nationales et à la famille impériale romaine. Aspendos avait en effet reçu ce privilège d’avoir un temple dédié au culte impérial.

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© Jean Savaton
Aspendos : voûtes (fornices) du théâtre.

Le bâtiment de scène s’élevait sur deux niveaux. Le mur de scène était entièrement recouvert de marbre. Au IIIe siècle, l’orchestre fut entouré d’un parapet de pierre pour y permettre les combats de gladiateurs ou de fauves.

Au nord de la ville, un aqueduc construit par Tiberius Claudius Italicus au IIe siècle amenait l’eau des collines sur une distance de 850 mètres. Cet aqueduc est l’un des meilleurs exemples d’aqueducs romains existants , il est même exceptionnel en raison de ses deux tours de décompression hautes de 30 mètres : l’eau arrivait sous une forte pression, il fallait donc ralentir son mouvement et permettre à l’air de s’échapper avant d’aller alimenter les thermes et le nymphée   (IIe ou IIIe siècle).

La ville comportait aussi une basilique (IIIe siècle), un bouleterion   et un stade.


 



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Dernière mise à jour : 21 décembre 2014
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