Iran ancien
Achéménides

Cyrus II le Grand

De son vrai nom Kûrash. Il naît vers 580. Issu du mariage de Cambyse Ier, noble perse, et de Mandane, fille du roi mède Astyage, qu’il renverse vers 550 grâce à l’appui d’Harpage qui refuse de le combattre. En 549, il est roi d’Anzan (Susiane) et en 546 roi de Perse. Selon la tradition, trois batailles lui suffisent pour réduire la Médie.

Un très grand conquérant

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© Jean Savaton
Tombe de Cyrus à Pasargades.

Cyrus fut avant tout un grand chef militaire. Il veilla de très près à l’entretien et à l’entraînement de son armée. Il connaissait tous ceux qui y exerçaient un commandement et veillait à récompenser les soldats méritants. Bon stratège  , il ne dédaigna pas la ruse (utilisation des chameaux contre la cavalerie lydienne) ou l’emploi d’innovations militaires comme les tours roulantes.

En dix ans, par une série de brillantes campagnes, il constitue le plus vaste empire connu jusqu’alors. Alerté par l’alliance de Crésus et de Sparte, il s’empare de la Lydie en 547, en battant Crésus à Pteria (Boghazkoï ?) et après quatorze jours de siège devant Sardes. Cette conquête
n’est que le prélude à la prise des cités grecques d’Ionie en 546. Pendant cinq ou six ans, de 545 à 539, Cyrus fait campagne contre des peuplades inconnues entre la Caspienne et l’Inde. Il prend Bactres, ce qui lui assure la soumission de la Margiane et de la Sogdiane   (Samarcande). Il s’avance jusqu’au Sir-Darya et y élève des forteresses qui existaient encore du temps d’Alexandre le Grand. Il soumet les Saces, et perd une armée dans les déserts de Gédrosie (Mekrân).

Un excellent politique

Intelligent, il ne gouverne pas son gigantesque empire par la cruauté comme le firent les Assyriens, bien au contraire, tout son règne se caractérise par une politique de tolérance et d’intégration envers les divers peuples qui composèrent son nouvel empire.

Il profite de la disgrâce religieuse dans laquelle est tombée Nabonide pour conquérir Babylone en 539 où il est accueilli comme un libérateur grâce à l’appui du clergé du dieu Mardouk et à la trahison de Gobryas. Cyrus se rend alors célèbre par sa politique religieuse : il fait rendre aux diverses cités les images de leurs divinités qu’avait confisqué Nabonide ; il libère les Juifs et les autorise à reconstruire le Temple. Il établit sa capitale à Pasargadès, en plein cœur du pays perse, où il fut inhumé.

Les circonstances de sa mort en 528 sont imprécises. Selon Hérodote, il avait demandé en mariage Tomyris, reine des Massagètes  , et envahi son pays suite à son refus. Il fait prisonnier son fils aîné, Spargapises, qui se suicide. Il trouve la mort durant le violent combat entre Perses et Massagètes qui suivit. Selon Bérose, c’est au cours d’une guerre contre les Dahes de Parthie qu’il trouve la mort. Selon Ctésias, c’est en combattant les Derbices, peuplade vivant à l’est de la mer Caspienne, alliés aux Indiens. Son fils aîné Cambyse II lui succéda.

Cyrus, figure de l’Histoire

Pour s’être élevé du rang de petit roi de Susiane à celui de fondateur de l’empire perse , après avoir soumis trois grandes puissances, Cyrus est une figure légendaire de l’Antiquité, ce que traduit déjà le récit d’Hérodote sur les conditions de sa naissance.

Intelligent, généreux, habile, il a laissé, malgré ses nombreuses conquêtes, le souvenir d’un roi juste et sage, admiré de ses propres ennemis. Alexandre, qui par certains traits lui ressembla beaucoup, s’attrista en voyant que sa tombe à Pasargades avait été pillée et ordonna de la restaurer. Sa légende, amplifiée et romancée par Xénophon, donna naissance à la Cyropédie où il est rapporté que « Cyrus aimait et traitait ses sujets comme ses enfants et ses sujets honoraient Cyrus comme un père ». Platon en parle en termes identiques dans son dialogue des Lois.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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