Monde Grec
Grèce classique
Les Cités grecques
Athènes

Périclès

C’est sans aucun doute le plus grand homme d’État qu’ai eu la Grèce. Thucydide écrira que l’Athènes de Périclès était « l’école de la Grèce ». Né vers 494, Périclès appartient par ses deux parents à des familles aristocratiques qui ont joué un grand rôle dans la vie politique d’Athènes, dont par sa mère celle des Alcméonides qui dirige le parti démocratique. Son père Xanthippe fut un célèbre opposant à Miltiade, ce qui lui valu d’être frappé d’ostracisme. Il est le petit-neveu de Clisthène. On raconte qu’un présage précéda sa naissance : sa mère Agaristé eut en songe la vision d’accoucher d’un lion. Son crâne trop allongé lui vaudra le sobriquet de « Tête d’oignon ». Dans sa jeunesse, il fréquente des poètes, des artistes et des philosophes notamment Zénon et surtout Anaxagore. Plus tard, il entretiendra des liens avec le sophiste Protagoras, le sculpteur Phidias, l’historien Hérodote et les poètes Eschyle et Sophocle.

L’homme politique

Il apparaît pour la première fois dans la vie publique en 472 en tant que chorège de la pièce Les Perses d’Eschyle. En 463, il intente un procès à Cimon pour corruption mais se montre très accommodant lors de l’audience. A la mort d’Ephialte, Périclès devient le chef du parti démocratique.

Bon général, il aurait élevé neuf trophées [1]. Pendant près de trente ans, il est le maître d’Athènes et par son ascendant personnel et par l’autorité que lui donne la charge de stratège, renouvelée chaque année quinze ans de suite à partir de 443. Il garde les allures un peu hautaine d’un aristocrate qui prétend conduire, par la raison, la foule qu’ il domine par son intelligence. Son éloquence est simple mais naturelle et reconnue par tous y compris ses adversaires. Il sait se monter juste et modéré avec ses adversaires. Thucydide, son adversaire en politique, souligne aussi une autre de ses qualités : « dans le domaine de l’argent, il était manifestement de la plus grande intégrité. » [2]

Sa loi sur la citoyenneté instaure l’obligation d’être né de deux parents athéniens pour être citoyen d’Athènes ; loi dont le fils de Périclès et d’Aspasie sera directement victime ultérieurement. Démocrate convaincu, il fait accorder une indemnité (misthophorie) journalière pour les jurés des tribunaux populaires (Héliée), ce qui élargit le cadre de la démocratie athénienne en achevant de donner au peuple le pouvoir politique.

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Il maintient la paix intérieure en obtenant des riches leur participation financière à l’entretien des vaisseaux de guerre et en assurant aux pauvres des moyens d’existence, soit par la création de clérouquies,
soit par les grands travaux qui embellissent la ville (construction du Parthénon) et donnent du travail aux artisans (construction des « Longs Murs »).

Figure de l’Histoire

Mais ce qui met Périclès vraiment hors de pair, c’est sa vision de patriote hellène. Alors qu’Athènes est en paix avec toutes les cités, vers 448, il lance un appel à tous les peuples grecs et les invite à envoyer des délégués à Athènes. Ce congrès aurait pour but de voter les mesures nécessaires à la restauration des sanctuaires détruits par les Perses et d’examiner les moyens d’assurer la sécurité de la navigation dans les mers grecques.

Puisqu’Athènes doit être la capitale de la confédération hellénique ainsi formée, Périclès veut regrouper tous les Grecs autour d’un sanctuaire de l’Attique en l’honneur de Déméter, symbole de la terre nourricière. Enfin, l’union doit aboutir à la reprise de l’expansion hellénique. Périclès mena une politique extérieure expansionniste : il renforça les liens avec la Thrace et les colonies de Russie méridionale ; il attaqua sans succès l’Égypte ; il conclut des alliances avec les cités siciliennes. C’est là ce que vise la création de Thourioi. Les projets de Périclès échouent : les Péloponnésiens, sous la domination de Sparte ayant refusé d’y prendre part. Sparte comprenait que l’union rêvée par Périclès ferait d’Athènes la capitale morale du monde grec.

Périclès et Aspasie

Le couple que constituait Périclès avec Aspasie faisait scandale, d’abord parce que Périclès avait répudié sa première femme d’origine athénienne dont il avait eût des enfants et ensuite, parce qu’elle était une courtisane d’origine milésienne, enfin, parce qu’elle était intelligente et cultivée et qu’elle devait tenir une sorte de salon où se croisaient les hommes brillants de l’époque. Platon ne dit-il pas : « Socrate va quelquefois chez elle avec ses amis et les familiers y conduisent leurs femmes pour entendre sa conversion. » Ce qui n’empêchera pas ce même Platon de rejoindre Aristophane et les poètes comiques pour donner une image négative du couple Périclès-Aspasie.

Le poète comique Hermippos lui intente un procès pour impiété et débauche ce qui conduira Périclès lui-même à la défendre devant les juges et à verser des larmes pour implorer la clémence des juges ! Pleurer en public et pour une étrangère : situation doublement exceptionnelle et scandaleuse ! Vingt ans plus tard, Périclès, ayant perdu ses fils légitimes, n’hésitera pas encore une fois à s’humilier devant le peuple athénien en suppliant qu’on accorde la citoyenneté à son bâtard (nommé Périclès lui-aussi et futur vainqueur à la bataille des Arginuses en 406) né de l’union avec Aspasie.



[1Plutarque, Vie de Périclès, 38, 3.

[2Thucydide, Guerre du Péloponnèse, II, 65, 8.

 



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Dernière mise à jour : 21 décembre 2014
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