Monde Grec
Macédoniens

Philippe II

Né vers 382, Philippe II était un souverain hellénisé : prisonnier à Thèbes, il eût le temps d’étudier les forces et les faiblesses des Grecs et de s’inspirer des innovations militaires d’Epaminondas. En 359, à la mort de son frère Perdiccas III, il s’empare du trône de Macédoine qui légitimement aurait du revenir à son neveu Amynta. Il unit en lui le Grec et le Barbare. Il séduisait les Grecs par son éloquence et ses manières affables, il plaisait aux Macédoniens par sa bravoure, sa vigueur et son endurance, sa passion pour la chasse, le vin et les exercices violents. Il fut perspicace et sut s’entourer d’excellents collaborateurs. Il montra une activité inlassable que ne découragea aucun échec.

Ses nombreuses expéditions militaires, ses mariages successifs et ses sautes d’humeur sont attestés par les historiens. La tradition connaît à Philippe plusieurs épouses, dont Cléopâtre, nièce du chancelier Attale, qui évinça Olympias en 337.

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Portrait de Philippe II.

Réformes...

Par ses réformes intérieures, il est le vrai fondateur de l’État macédonien ; par sa politique étrangère, il va se placer à la tête du monde grec. Il entreprend de transformer son royaume et de ramener à l’obéissance les anciennes principautés féodales : il crée une administration et veille à unifier et à moderniser le territoire en créant une cité capitale par district, quitte à transplanter des tribus entières. Il introduit la frappe de monnaie d’or et d’argent.

Instruit par son expérience thébaine, il constitue une armée très efficace. Il organise les forces militaires en créant aux côtés de la cavalerie noble existante, une forte infanterie, la phalange  , composée de paysans qui lui sont personnellement rattachés. Il impose son autorité à la noblesse en se l’attachant : les enfants nobles servent comme pages et les commandements sont réservés aux nobles. Sa garde personnelle d’élite, les hypaspistes, étaient intégralement composée de nobles.

...et conquêtes

De 357 à 338, il se rendit maître de la Grèce. Philippe commença par élargir la façade maritime de son royaume en soumettant la Chalcidique  . Il neutralisa la la Thrace. Il s’allia   avec le roi des Molosses et négocia avec Athènes afin de la ménager. Il assiègea Amphipolis dont il s’empara en 357. En 356, il battit les Illyriens et prit aux Grecs les cités de Pydna et Méthone (golfe de Salonique), puis il s’allia au roi d’Épire et épousa sa fille Olympias, dont il eut un fils, le futur Alexandre le Grand, la même année année qui vit aussi ses chars triompher aux Jeux Olympiques.

En 354, il intervint dans la querelle opposant deux tyrans locaux de Thessalie et s’empara du même coup de la Ligue Thessalienne et tenta d’envahir la Phocide mais son armée fut arrêtée par Athènes aux
Thermopyles. Philippe reprit alors ses conquêtes en Thrace. Dès 351, Démosthène fustige le péril macédonien et l’inertie athénienne dans ses célèbres philippiques mais Athènes reste divisée sur l’attitude à tenir et Philippe en profita pour envahir la Chalcidique en 349, s’emparer
d’Olynthe   (348) et de 32 cités de la région qui furent détruites. Démosthène lui-même se rendit en ambassade auprès de Philippe pour négocier la paix (juillet 346) tandis que surgissait la menace des Scythes au nord. Maître de toute a Grèce septentrionale, Philippe se fit octroyer le siège des Phocidiens à l’amphyctonie delphique, ce qui vallait brevet d’hellénisme.

En 342, Démosthène l’emporta sur le camp des pacifistes et fit juger Eschine pour la paix obtenue quatre ans plus tôt. Après l’intervention macédonienne en Chersonèse   (341), Démosthène parvint enfin à mobiliser les Athéniens puis à constituer une ligue panhellénique (340). Philippe répondit par le siège de Byzance qu’il dut abandonner avant de se tourner (338) vers la Béotie. Le 1er septembre 338, la coalition de Thèbes et d’Athènes affronta Philippe à Chéronée où la phalange macédonienne fit merveille ainsi que la cavalerie menée par Alexandre.

Les Athéniens y laissèrent un millier de morts et le double de prisonniers. Thèbes fut occupée et la confédération béotienne dissoute. Philippe épargna Athènes d’une invasion certaine. Cette victoire fit de lui le maître de la Grèce (à l’exception des Grecs de Sicile). Il convoqua (337) tous les États à une conférence à Corinthe où fut fondée la Ligue de Corinthe. Philippe préparait la conquête de la Perse quand il fut assassiné (336) par Pausanias, officier macédonien.

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© Spyros Tsavdaroglou
Vergina : goryte en or et cnémides.

Tombe royale de Vergina

En 1977, l’archéologue grec Manolis Andronicos fouilla, sur le site de Vergina - l’antique Aigai - où étaient enterrés les rois de Macédoine, une tombe inviolée. L’entrée de cette grande tombe était surmontée d’une large fresque représentant une scène de chasse au sanglier et au lion constituant un témoignage exceptionnel de ce que fut la peinture grecque du IVe siècle av. J.-C. dans l’antichambre, on retrouva un sarcophage, un coffret funéraire, un goryte en or et une paire de cnémides d’inégale longueur (or Philippe II était boiteux).

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© Spyros Tsavdaroglou
Vergina : larnax en or avec soleil macédonien.

La chambre principale contenait un sarcophage et un grand et superbe coffret en or (larnax), qui originellement contenait peut-être des ossements après incinération conformément à l’usage. Il contenant aussi une couronne en or décorée de glands et de feuilles de chêne. Le dessus du coffret était décoré d’un soleil rayonnant emblème de la Macédoine. La chambre principale livra une multitude d’objets dont deux têtes en ivoire : la première pourrait être le portrait de Philippe lui-même (tête avec un œil borgne) et la seconde celle d’Olympias, tant les traits rappellent ceux d’Alexandre. La pièce recelait en outre, une cuirasse royale, des armes, des vases et un diadème identique à ceux que portaient les souverains hellénistiques.

Des moulages furent faits des fragments du crâne retrouvés dans la tombe. La cavité orbitale droite présentait une lésion qui ne pouvait avoir été causée que par un projectile venu d’en haut. 0r les portraits de Philippe le montrent justement avec une blessure à l’œil droit, le faisant paraître aveugle, et un chroniqueur antique nous a rapporté qu’il avait eu l’œil droit crevé par une flèche reçue alors qu’il inspectait les dispositifs d’attaque au cours du siège de Méthone. Ce faisceau concordant d’indices laisse à penser que c’est bien la tombe de Philippe II que Manolis Andronicos a découvert à Vergina.


 



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Dernière mise à jour : 21 décembre 2014
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