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Athènes

La justice à Athènes

La Justice

Il n’y a pas de « ministère public ». Pour les causes privées (dicaï), la personne qui s’estime lésée peut intenter un procès. Pour les causes publiques (graphaï), tout citoyen qui s’estime lésé en tant que membre de la communauté peut déposer une plainte. Les magistrats instructeurs sont les archontes : l’archonte  -roi pour les plaintes relatives aux cultes et aux homicides, l’archonte éponyme pour les affaires de droit privé, le polémarque pour les affaires relatives aux métèques et aux étrangers, les thesmothètes pour les intérêts matériels de la cité. L’Aréopage, formé des anciens archontes, rend la justice (crimes d’impiété, vols...) et exerce la surveillance sur les affaires publiques.

L’ecclesia jugeait elle-même les affaires les plus graves contre la sûreté de l’État. Il existe de nombreux tribunaux mais le plus important est l’Héliée aux attributions presqu’universelles en dehors des homicides. L’héliée est un tribunal populaire dont les membres sont tirés au sort annuellement parmi les citoyens de plus de trente ans à raison de 600 par tribu, soit au total 6000 héléastes. Tout un luxe infini de précautions existait pour empêcher les parties de connaître à l’avance le nom des juges. L’héliée comporte plusieurs tribunaux de taille variée mais généralement composés de 501 personnes.

Le témoignage des esclaves n’est valable que s’il est obtenu par la torture. L’accusé déclaré coupable à la majorité des suffrages voit sa peine déterminée par la loi. Afin d’éviter la multiplication des procès, l’accusateur a tort est condamné à une amende voire à l’atimie  . Les peines vont de la simple amende à la peine de mort en passant par l’ostracisme.

Ostracisme

La condamnation par ostracisme est une mesure préventive : elle ne punit pas une faute mais elle a pour objet de la rendre impossible. Cette mesure a été instituée pour prévenir les tentatives de tyrannie et les comportements excessivement ambitieux.

Il n’y avait vote sur l’ostracisme qu’une fois par an au maximum. Lors de l’assemblée de la sixième prytanie, un vote à mains levées décidait de l’organisation d’une ostrakophoria. Cette assemblée d’ostracisme se tenait alors en hiver, durant une période chargée de fêtes où les paysans de l’Attique libérés des travaux agricoles venaient volontiers à la ville. L’ostrakophoria était une réunion exceptionnelle de l’ecclesia présidée par les neuf archontes et les 500 membres de la boulê. Elle se tenait sur l’Agora  . Les citoyens athéniens qui étaient favorables à cette mesure écrivaient le nom de la personne visée sur un fragment de céramique (ostrakhon). On commençait par compter le nombre d’ostraca. S’il était inférieur à 6 000 votes, l’ostracisme est non avéré. Sinon, on classait les suffrages par nom et celui dont le nom avait été inscrit le plus grand nombre de fois était frappé d’exil pour une période dix ans.

L’ostracisé avait dix jours pour faire ses bagages. Il gardait la libre disposition de sa fortune et sa citoyenneté. Il ne pouvait s’approcher d’Athènes mais pouvait s’installer où il voulait. Avant la bataille de Salamine, les Athéniens proclamèrent une amnistie générale des ostracisés en vue de réaliser une union sacrée face au péril perse.

C’était une pénalité propre au droit des Athéniens mais à l’imitation de l’ostracisme athénien, Syracuse avait établi une mesure similaire, appelé pétalisme, qui permettait d’éloigner pendant cinq ans toute personne menaçant les institutions démocratiques. Le terme de pétalisme venait du mot grec petalon (feuille), car le nom de la personne à éloigner était inscrit sur une feuille d’olivier [1].



[1Diodore de Sicile, XI, 87.

 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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