Monde Grec
Grèce classique
Civilisation grecque

La société grecque
(dans la Grèce antique)

Aristocrates comme paysans appartiennent à un système de tribus. La ségrégation est un trait dominant de la société grecque : ségrégation des sexes qui contribua sans doute au développement de l’homosexualité, ségrégation entre Grecs et Barbares, ségrégation entre citoyens, métèques et esclaves, ségrégation entre riches et pauvres.
Dans le monde grec cette distinction riche/pauvre correspond plus à une opposition qualitative que quantitative. Est pauvre celui qui est sans vertu, sans éducation, mauvais, méchant en proie à l’hybris, qui doit travailler, tout comportement qui conduit à une dégénérescence morale et intellectuelle. Est riche celui qui n’a pas besoin de travailler pour vivre et qui passe sa vie à s’enrichir moralement et intellectuellement.

Hormis le travail agricole, qui fait l’objet d’une véritable idéalisation, le travail n’est pas une valeur du monde grec. L’idéal c’est l’oisiveté et de disposer grâce à ses revenus et ses esclaves du temps nécessaire pour accomplir les seules activités dignes d’un honnête homme : la participation aux affaires de la cité, l’entretien du corps (gymnases, jeux) et de l’esprit (théâtre, banquets).

Hommes, femmes...

Un orateur anonyme athénien du Ve siècle déclare : « Nous avons les courtisanes pour le plaisir, les concubines pour les soins quotidiens du corps, les épouses pour qu’elles nous donnent des enfants légitimes et soient fidèles gardiennes de notre intérieur ».

L’homme primait en tout, sa femme lui devait obéissance. Les femmes n’étaient pas citoyennes, leur rôle civique se limitait à donner des héritiers masculins pour assurer la descendance de leur mari. Au sein du foyer, l’homme représente la lignée des ancêtres. Il est chargé du respect des rites. Les fils ont comme premier devoir de veiller sur leurs parents, d’assurer leur subsistance et de les enterrer selon les rites. D’une manière générale, le respect des vieillards était la règle commune, particulièrement à Sparte.

Les femmes faisaient partie de la communauté civique mais étaient exclues de la communauté politique. A Athènes, elles ne tenaient un rôle civique que dans le domaine religieux puisque la fête de Déméter, les Thesmophories, était interdite aux hommes. De même, la prêtresse d’Athéna Polias détenait la plus haute charge religieuse de la cité. A Sparte, elles étaient considérées comme très libres car elles pouvaient paraître en public et faire de l’exercice à l’extérieur. La plupart du temps, les femmes ne pouvaient pas hériter et ne possédaient pas de patrimoine, sauf à Sparte et dans certaines régions de Grèce comme l’Epire où la femme peut vendre, acheter et affranchir librement des esclaves.

Les courtisanes (hétaïraï) étaient les seules femmes qui pouvaient échapper au rôle traditionnel et participer aux banquets. C’étaient principalement des esclaves mais beaucoup avaient reçu une éducation plus libre et plus importante que n’importe qu’elle respectable femme grecque, notamment en ce qui concerne la musique, le chant et la danse. Musiciennes accomplies, elles participaient souvent à des fêtes.

Les femmes grecques avaient leurs propres appartements, le gynécée, et n’en sortaient très peu sauf les femmes les plus pauvres qui étaient contraintes d’aller travailler dans les champs ou de tenir une boutique pour vivre. A Athènes, il n’était pas permis de parler des femmes de sa famille, ni même de mentionner leur nom, devant un homme qui n’en faisait pas partie.

...mariage...

A Athènes, le célibat masculin était mal considéré et à Sparte, il était puni par la loi. Le mariage constituait un rite de passage décisif pour les femmes. Une loi athénienne attribuée à Solon établissait que la jeune fille qui avait eu des rapports sexuels avant le mariage cessait d’appartenir à la famille et pouvait être vendue comme esclave. Les filles se mariaient souvent avant 16 ans avec des hommes plus vieux d’au moins une dizaine d’années car le citoyen grec se marie tard, vers trente ans.

A Athènes, le seul mariage légitime était celui d’un citoyen à une fille de citoyen. Les enfants nés d’un père athénien et d’une mère étrangère étaient tenus pour des bâtards (nothoi) qui n’avaient pas droit à l’héritage paternel et ne pouvaient être comptés parmi les citoyens mais cette loi ne fut pas scrupuleusement respectée.

Il y avait peu d’échanges intellectuels, peu d’intimité et peu d’amour véritable entre les époux, il faudra attendre l’œuvre d’Aristote pour qu’apparaissent les notions d’affection et de tendresse. Le mariage (enguè) entérinait une transaction entre le beau-père et le gendre en vertu de laquelle le contrôle sur la femme est transféré du premier vers le second. La formule consacrée était : « Je donne en gage ma fille pour la mise au monde d’enfants légitimes, et avec elle une dot de [...] ».

Le mariage n’était effectif qu’après sa consommation (gamos) qui donnait généralement lieu à des festivités au domicile du père de la marié, puis l’homme emmenait son épouse chez lui. A la maison, c’était la femme qui dirigeait. Un mari avait le droit de répudier sa femme, cela était même obligatoire en cas d’adultère sous peine d’être frappé d’atimie  . Le mari trompé avait le droit de tuer son rival. Théoriquement, une femme trompée pouvait demander le divorce en exposant ses griefs auprès de l’archonte   mais l’opinion publique condamnait cette démarche.

...et homosexualité

L’homosexualité grecque masculine se caractérise par l’existence d’un décalage d’âge entre les deux hommes : le « couple » est composé d’un adulte (éraste) et d’un adolescent (éromène). La littérature et la philosophie soulignent l’aspect éducatif d’une telle relation : le benjamin doit prendre son compagnon pour modèle, tandis que l’adulte admire la beauté du jeune homme. A contrario, l’homosexualité entre deux adultes n’est pas tolérée, de même que la poursuite de ces relations avec un jeune devenu adulte, car lui-même devait à son tour prendre sous sa protection un jeune garçon.

En théorie, l’amour qui unit les deux compagnons est purement platonique, dans les faits il est en est tout autre comme nous l’évoquent certaines anecdotes et représentations sur des céramiques. Elle fut même parfois institutionnalisée dans les milieux aristocratiques à travers toute la Grèce, et en particulier à l’armée comme à Elis, Sparte et Thèbes. Chez les Thébains, l’homosexualité est considérée comme un atout militaire : on plaçait les deux amants côte à côte au combat afin de décupler leur ardeur au combat !

Les banquets

Le banquet (symposion) constitue la forme la plus élaborée de la sociabilité grecque. C’est d’ailleurs l’un des thèmes favoris des peintres et des décorateurs de céramiques. C’est un véritable rituel où en compagnie des membres d’un cercle (phratères), les hommes et souvent des hétaires s’adonnent aux plaisirs de la boisson, de la musique, de la poésie et de l’amour. Pas de banquet, sans danseuses et musiciennes qui sont aussi plus prosaïquement des prostituées de condition servile, les femmes libres étant exclues des banquets.

Le banquet commence généralement par un repas rapide et peu élaboré où l’on boit peu, c’est une phase   purement alimentaire sans portée sociale. Le banquet proprement dit peut alors commencer. Dans un décor de lits recouverts d’étoffes agrémentés de quelques tables légères et de trépieds, les convives commencent par faire des libations aux divinités, notamment en l’honneur de Dionysos, puis ils entonnent un péan adressé à Apollon. Ils désignent un chef de banquet (symposiarque) puis ils s’adonnent à la boisson jusqu’à l’ivresse totale. Car on boit beaucoup dans les banquets, énormément, les coupes étant elles-mêmes d’une forte contenance. La prise de boisson est entrecoupée de spectacles, divertissements, chansons de table interprétées à tour de rôle et de jeux assez puérils (devinettes, charades, énigmes) ou érotiques. La boisson aidant ces « activités » deviennent de plus en plus absurdes. Le jeu du cottabe consiste ainsi après avoir vidé sa coupe à en lancer les dernières gouttes vers une cible (un plat ou un vase) tout en prononçant le nom de la personne désirée. Si le convive atteint sa cible, la danseuse ou la musicienne désignée lui est acquise pour finir la soirée. L’usage éventuel de plantes euphorisantes mélangées au vin ou dissoutes dans des aspersions répandues au sol participe aussi parfois de cette recherche d’un état second.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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