Monde Grec
Grèce classique
Civilisation grecque

L’économie
(dans la Grèce antique)

L’Agriculture

Le monde grec de la période archaïque et de l’époque classique est un monde de paysans d’où les importantes répercussions politiques de toutes les crises agraires et des conflits liés à la propriété agricole. La terre était répartie entre les citoyens qui en avaient la propriété privée. Il existait des terres publiques, comme les pâturages, ou de nouvelles terres acquises par la conquête (colonies). Les sanctuaires pouvaient aussi posséder des terres. Pour les Grecs, le seul travail qui assurait la dignité de l’homme et du citoyen était celui du paysan propriétaire qui vivait en autarcie sur son domaine (oikos). Le bon fonctionnement de la cité exigeait que ceux qui faisaient partie de la cité fussent propriétaires de terres : dans de nombreuses cités, seuls les propriétaires terriens pouvaient être citoyens et seuls les citoyens pouvaient posséder de la terre. En 403, on estime que les 3/4 voire les 4/5 des citoyens athéniens étaient encore des propriétaires terriens. Toutefois, à Athènes, les citoyens qui exerçaient un métier non agricole jouissaient des mêmes droits que les autres.

Le monde grec est un monde de cités où la vie urbaine occupait une place essentielle et pourtant c’est l’agriculture qui constituait la première activité économique mais sa productivité était insuffisante pour couvrir les besoins car les terres sont peu fertiles et le climat aride. La plus grande partie des céréales consommées à Athènes était importée de Sicile, d’Égypte, de Thrace et du Pont-Euxin. Seuls le vin et l’huile d’olive sont produits en quantité suffisante et même excédentaire. L’élevage des bœufs et des chevaux n’est prospère qu’en Thessalie et en Béotie. Par contre, l’élevage des porcs, des moutons et des chèvres est répandu dans toute la Grèce.

Artisanat et Industrie

Les activités artisanales n’étaient pas exclusivement réservées aux esclaves. Le travail s’accomplissait dans le cadre de la famille, l’unité de production était la maison (oikos) qui incluait des serviteurs esclaves ou dépendants. De nombreux étrangers et aussi les citoyens les plus pauvres effectuaient ce type de travail. A Athènes, les métèques pauvres et les thètes ont le même genre de vie : ils travaillent dans les mêmes ateliers et reçoivent les mêmes salaires.

L’exploitation des mines était l’apanage des esclaves car les conditions de travail y étaient très pénibles. les travailleurs de l’argile étaient très nombreux surtout à Athènes : dans le quartier du Céramique, on fabriquait des vases de formes extrêmement variées pour répondre à tous les besoins de la vie courante. Le filage et le tissage étaient surtout pratiqués par les femmes dans leur maison mais il existait aussi des ateliers.

Le Commerce

Outre les produits agricoles, les cités grecques importaient des minerais (fer, cuivre, étain) dont la Grèce était dépourvue, du bois (de Macédoine, de Thrace, d’Asie et de Grande Grèce) car dès l’époque classique la Grèce était déjà déboisée et des produits de luxe issus d’Orient. L’essor du commerce maritime profita à l’aristocratie foncière qui en était le bailleur de fonds. Cet enrichissement nécessita l’essor de la législation sur les questions de la propriété, de l’héritage, du statut des esclaves mais aussi, en accentuant les différences sociales, il contribua à l’apparition récurrente de réformes politiques et judiciaires.

Le commerce international se faisait essentiellement par voie maritime. Les bateaux de commerce naviguaient essentiellement à la voile et étaient de faible tonnage (moins de 400 tonnes). Cette limitation était due à l’habitude de tirer à sec sur la rive les navires à la mauvaise saison et par mauvais temps. La navigation avait presqu’exclusivement lieu de jour et à la belle saison. Elle consistait à suivre les côtes au plus près ou à passer d’ile en ile.

La Monnaie

Durant la période archaïque, le commerce ne génère pas de profit : c’est un échange de biens qui doivent s’équilibrer. Jusqu’aux Guerres Médiques, la monnaie sera assez rare par manque de métaux précieux.

La drachme attique pesait 4,25 grammes d’argent. A Athènes, on frappa des pièces de deux (didrachme), dix (décadrachme) et surtout quatre drachmes (tétradrachme). Les divisions de la drachme sont représentées aussi par des pièces en argent, principalement l’obole (1/6 de drachme). Au dessus de la drachme, on connaît la mine (100 drachmes) et le talent   (60 mines, soit 6000 drachmes). Toutes les monnaies d’Athènes sont du même type : d’un côté une tête d’Athéna coiffée d’un casque et d’une couronne et au revers une chouette avec un croissant, une pousse d’olivier et es trois premières lettres du nom d’Athènes.

Les monnaies grecques sont sans égal. Toute cité, si petite fut-elle, essayait de trouver un artiste connu pour décorer ses pièces. Chaque cité frappant sa propre monnaie, les échanges commerciaux nécessitaient de nombreux changes. Seules quelques cités comme Athènes ou Egine (statère   à la tortue) parvinrent à faire de leur monnaie une devise internationale. Durant la guerre du Péloponnèse, Athènes imposa sa propre monnaie à tous les membres de la ligue de Délos. Après la guerre, les dariques   d’or perse étaient très courantes en Grèce grâce aux sommes versées à Sparte par les Perses.

Les Impôts

Pour l’essentiel, les ressources des cités grecques proviennent de taxes indirectes, principalement des droits de douane, frappant l’entrée et la sortie des marchandises. À cela s’ajoutent des impôts directs, considérés comme une marque de servitude et pesant sur tous les étrangers, comme les métèques. A Athènes, dès le IVe siècle av. J.-C existe un impôt (le merismos) dont la gestion est confiée au collège des apodectes. L’eisphora, conçue à l’origine comme une contribution directe exceptionnelle destinée à financer les guerres, devient un impôt régulier. Les grosses dépenses de la cité étaient financées directement par les citoyens riches dans le cadre des liturgies  .


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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