Asie Mineure
Pergame

Acropole de Pergame

Pergame était une splendide cité dans laquelle la construction de plusieurs bâtiments donna une sérieuse impulsion à l’architecture antique. Son école d’architecture et de sculpture était renommée. Selon la tradition, Pergame fut la première cité à renoncer au plan hippodamien   et à privilégier l’esthétisme urbanistique à l’urbanisme fonctionnel. C’est ainsi que l’acropole fut construite avec le souci de composer un ensemble harmonieux visible depuis la vallée. Tous les monuments encore visibles furent construit durant la période hellénistique, sauf le temple de Trajan. Presque toutes les maisons de Pergame furent construites suivant le même plan où les différentes pièces s’ordonnaient autour d’une cour centrale bordée d’une galerie à colonnes.

Les Palais royaux

Sur le point le plus élevé de l’acropole est situé celui de Philétairos. Les autres palais se trouvent en-dessous, disposés le long d’un rue en escaliers. Dans ses palais, la cour centrale, qui n’excédait pas 40 ou 50m2, était entourée par des saloirs, des salles à manger et des chambres à coucher, sans parler des dépendances réservées aux domestiques.

L’arsenal

L’arsenal de Pergame, qui a été construit au Ier et au IIe siècle apr. J.-C. est le plut ancien dépôt d’armes de l’antiquité dont nous ayons connaissance. Il était composé de cinq corps de bâtiments séparés, longues constructions rectangulaires parallèles entre elles. Les dépôts bénéficiaient d’un système d’aération permettant d’éviter que les réserves de vivres qui y étaient stockées ne s’abiment. Ces bâtiments contenaient aussi des armes et des équipements militaires. On y a retrouvé une collection de boulets de diverses tailles destinés aux catapultes.

Temple de Trajan

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© Jean Savaton
Pergame : temple de Trajan.

Le temple de Trajan fut construit sur le plus bel emplacement de l’acropole, à un endroit où il pouvait être vu de tous les points de la ville romaine qui s’étalait dans la plaine. Alors que la plupart des monuments de l’acropole avaient été construits en blocs d’andésite grise, le temple de Trajan, fait de marbre blanc, se détachait bien et pouvait donc être vu de très loin. C’était un temple périptère   de style corinthien  , avec six colonnes en façade et dix sur les côtés.

Le sanctuaire d’Athéna

Il est situé sur une vaste terrasse qui domine le théâtre. C’est le plus ancien temple connu de Pergame. Aujourd’hui il n’en reste plus que les fondations, L’édifice de style dorique  , était construit suivant un plan périptère ; la cella   était divisée en deux. Une partie des éléments architecturaux, tels que colonnes ou architraves, ont été emmenés au musée de Berlin. On pénétrait dans le sanctuaire d’Athéna par l’est, en franchissant un propylée   à deux étages qui s’ouvrait sur la rue principale de l’acropole.

La bibliothèque

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© Jean Savaton
Pergame : bibliothèque.

D’après les sources antiques, la bibliothèque de Pergame contenait 200.000 volumes ; comme il semble impossible que les quatre salles de ce bâtiment aient pu contenir une telle quantité de livres, on en a déduit que la bibliothèque devait posséder des bâtiments annexes. A la suite d’une rivalité entre Pergame et Alexandrie, l’Égypte ayant interdit l’exportation de papyrus, les habitants de Pergame utilisèrent la peau tannée, bientôt baptisée pergamen (origine du mot parchemin), comme support d’écriture. Plus tard, Antoine offrit comme cadeau l’intégralité de la bibliothèque à Cléopâtre.

La bibliothèque était composée de quatre salles placées perpendiculairement à une galerie. La plus grande servait de salle de lecture. Ses murs portaient des étagères en bois où étaient rangés les livres ; on en voit encore les trous de fixation. Contre le mur nord de la salle de lecture il y avait, posée sur un socle, une statue haute de 3,5 mètres représentant Athéna et qui, aujourd’hui, est exposée au musée de Berlin. Avec son socle la statue mesure 4,5 mètres de haut, ce qui montre que la salle de lecture devait avoir une hauteur approximative de 6 mètres.

Le théâtre

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© Jean Savaton
Pergame : le théâtre.

Pergame possédait trois théâtres monumentaux construits à des époques différentes. Le plus important d’entre eux, construit à l’époque hellénistique, est une spectaculaire construction à flanc de colline. Il pouvait contenir 10 000 spectateurs siégeant sur 80 rangs. Le dernier rang dominait l’orchestre de 36 mètres. Comme tout théâtre grec, il permettait à la fois de jouir du spectacle joué sur la scène et du panorama naturel qui s’ouvrait derrière.
La terrasse du théâtre avait l’aspect d’une étroite promenade longue de 250 mètres bordée sur les deux côtés de galeries à colonnes et de boutiques. On accédait à la terrasse du théâtre par une porte monumentale à trois arches située à l’extrémité sud mais dont il ne reste aucune trace aujourd’hui.

Le temple de Dionysos

Il était situé dans l’espace étroit qui se trouve au bout de la terrasse du théâtre. Comme les représentations théâtrales avaient pour origine les cérémonies et les fêtes célébrées en l’honneur de Dionysos, ceci explique que ce temple ait été construit si près du théâtre. Le temple fut construit au IIe siècle avant J.-C. Lorsque l’empereur Caracalla voulut remercier les dieux de sa guérison, il fit entièrement recouvrir le temple de plaques de marbre. Par la suite, le temple de Dionysos fut dédié à Caracalla qui y fit l’objet d’un culte sous le nom de « Nouveau Dionysos » !

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Autel de Zeus remonté au musée de Berlin.

Autel de Zeus

L’autel de Zeus était visible dans toute sa splendeur aussi bien de la ville qui était en-dessous que de la vallée. Il fut construit sous le règne d’Eumène II : le roi voulait ainsi immortaliser la victoire qu’il avait remportée sur les Galates   en 190. L’autel se composait de bas en haut d’une krépis à cinq degrés, puis d’un socle orné d’une frise et enfin d’une galerie à colonnes. Le monument ressemblait à un fer à cheval dont l’ouverture était tournée vers l’ouest.

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Autel de Zeus : détail de la Gigantomachie.

C’est par ce côté qu’on pouvait pénétrer dans l’autel en gravissant les marches d’un escalier monumental. L’édifice était entièrement construit en marbre blanc et mesurait, à la base de la krépis, 36 mètres par 34. L’élément le plus frappant de ce monument était la frise en haut-relief qui, sur une longueur de 120 mètres, faisait le tour complet de l’édifice et qui figure parmi les plus belles œuvres de la sculpture hellénistique. Le sujet principal de cette frise, appelée Gigantomachie, est le combat victorieux que menèrent les dieux de l’Olympe contre les Géants, combat symbolisant la lutte et la victoire de Pergame sur les Galates.

A l’intérieur du bâtiment, sur l’autel proprement dit, il y avait une autre frise qui représentait les différents épisodes de la vie de Télèphe, fils d’Héraclès et ancêtre mythique des Attalides.

La salle des orgies dionysiaques

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Pergame : la salle des orgies dyonisiaques.

Le culte de Dionysos était très répandu à Pergame, surtout dans les couches populaires. Ses adeptes se réunissaient à dates fixes pour y célébrer les mystères et rites, appelés orgies, qui consistaient essentiellement à s’énivrer pour accéder à l’extase. Les participants aux orgies étaient couchés sur une plate-forme centrale pour boire et manger. Au centre de la pièce il y avait un autel où on pratiquait des libations en l’honneur de Dionysos. Dans le mur nord une niche contenait la statue du dieu.

Les murs étaient recouverts de fresques ayant trait à Dionysos et au vin avec des représentations de vignes et de treilles.

Sanctuaire de Déméter

Il a subi diverses transformations et agrandissements jusque vers le IIIe siècle de notre ère au fur et à mesure que la ville de Pergame se développait. D’après des inscriptions, Philétairos et son frère Eumène auraient dédié cet ensemble architectural en mémoire de leur mère Boa. Plus tard, on le réaménagea le temple et il prit l’aspect d’un temple péristyle   d’ordre corinthien.

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Pergame : reconstitution du temple de Déméter.

Le côté nord du téménos occupé sur la moitié de sa longueur par des rangées de gradins semblable à ceux d’un stade   où prenaient place les participants aux cérémonies en l’honneur de Déméter. La plus importante de ces fêtes était celle des Thesmophories qui avait lieu au mois d’octobre. Seules les femmes mariées pouvaient y prendre part. Elles adressaient des prières à Déméter et à sa fille, Perséphone. Près de l’entrée du sanctuaire, il y avait un puits sacré dans lequel les femmes venaient jeter les objets qu’elles offraient à Déméter et à Perséphone pour que leurs vœux soient exaucés. La plupart de ces ex-voto étaient des gâteaux, des poules ou des porcelets.

Devant les colonnes de la galerie sud, une série d’inscriptions expriment soit un vœu, soit des remerciements pour la réalisation d’un vœu.

Sanctuaire d’Héra

D’après l’inscription dédicatoire, le temple fut édifié par Attale II et consacré à Héra. Un escalier monumental conduit au temple qui est de style dorique et de plan périptère. Dans l’adyton   on a retrouvé des fragments d’une grande statue d’homme qui devait représenter soit Zeus, soit Attale II. Le bâtiment était entouré sur les côtés d’une étroite galerie.

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Pergame : les vestiges du gymnase.

Le gymnase

Le gymnase de Pergame surclassait tous les autres gymnases aussi bien par la superficie qu’il couvrait que par son caractère monumental. Il s’étageait sur trois terrasses différentes : la plus haute était réservée aux adultes, celle du milieu aux adolescents et la plus basse était pour les enfants. Le gymnase supérieur, celui des adultes, était beaucoup plus vaste que les deux autres et sa disposition générale bien plus élaborée.


 

Portfolio

Pergame : temple de Trajan. (c) Jean Savaton Pergame : temple de Trajan. (c) Jean Savaton Pergame : temple de Trajan. (c) Jean Savaton


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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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