Monde Grec
Mycéniens

L’État mycénien

L’organisation politico-économique des Mycéniens apparaît comme un système centralisé autour du palais d’où s’opère des redistributions des richesses produites, productions agricoles, bétail et métallurgie. Mais, ce pouvoir, selon les tablettes, ne semble pas avoir dépassé un cadre strictement régional.

L’État

Les petites chefferies mycéniennes se sont consolidées pour devenir de véritables sociétés organisées autour d’un palais central. La Grèce mycénienne était divisée en royaumes, chacun d’entre eux étant dirigé par un roi, appelé wa-na-ka. Chacun de ces royaumes était lui-même divisé en circonscriptions administratives. Le plus puissant de ces royaumes fut Mycènes, dont Tirynthe fut momentanément vassale. D’autres États avaient pour centre Pylos, Thèbes, Athènes et peut-être Orchomène et Gla.

La société qui apparaît dans les poèmes homériques est une société de rois et de nobles possèdant beaucoup de terres et de troupeaux et vivant une vie de magnificence et de combats. La demeure du noble était le centre de l’activité et du pouvoir. Le roi était juge, législateur et chef, il n’est soumis à aucun contrôle, la seule sanction qui le menace c’est la défaite militaire. Il semble que chaque souverain était entouré d’officiers, de dignitaires, d’aristocrates et de fonctionnaires. Les scribes du palais contrôlaient toutes les entrées et sorties des magasins. Ils procédaient aussi au recensement du bétail et de la population et fixaient le montant des taxes et impôts.

Économie et Commerce

L’économie mycénienne reposait sur l’agriculture. A Pylos, chacune des régions (2 provinces elles-mêmes subdivisées en 7 et 9 districts) assujetties payait des contributions au palais sous forme de produits tels que des peaux de bœuf, des pourceaux engraissés, des étoffes de laine et de lin. Des listes d’artisans du bronze et de bacs d’huile odorante prouvent l’existence d’industries de ce métal et du parfum. Les palais mycéniens permettaient le stockage des productions locales (coton, huile) et l’échange des excédents contre des matières premières absentes du territoire mycénien telles que l’étain pour la fabrication des armes.

Des références, dans les tablettes en linéaire B, à des noms de pays comme Chypre ou l’Égypte, à des cités comme Milet, Cnide ou Halicarnasse, à des îles comme Lemnos ou Cythère témoignent des contacts entre les États mycéniens et leurs voisins. La conquête de la Crète projette les Mycéniens au premier rang des peuples de la Méditerranée orientale. La céramique mycénienne est attestée dans toute la Méditerranée, aussi bien de l’est que de l’ouest.

Les Mycéniens, attirés par le besoin en matières premières, ont accosté sur les rivages de la péninsule italienne, les découvertes archéologiques l’attestent (Scoglio del Tono dans le golfe de Tarente, côte tyrrhénienne). A partir du XIIIe siècle, ils ont influencé le développement technologique des cultures locales comme l’indiquent des imitations locales d’objets mycéniens en céramique et en métal retrouvés partout en Grande Grèce. Ils sont peut-être aussi à l’origine de la naissance de l’artisanat de Frattesina (sud de Venise). Les Grecs conservèrent la mémoire de ces migrations au travers des récits mythiques des explorations menées par des héros comme Ulysse, Jason ou Nestor.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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