Monde Grec
Séleucides

Apamée

Le site antique est identifié au XIXe siècle à l’actuel Qalaat-el-Mudiq, non loin de l’Oronte. Des fouilles systématiques sont entreprises à partir de 1928. Sur les 250 hectares intra-muros que compte le site, seuls quelque 50 000 m2 sont aujourd’hui fouillés. Il semble que le premier établissement humain remonte au néolithique (Ve millénaire avant J.-C.) ; il a été découvert à l’emplacement de l’acropole antique, là où s’élève le village moderne. Des documents égyptiens, hittites et akkadiens citent la ville au IIe millénaire.

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© Jean Savaton
Apamée : le cardo.

Fondation

Sous la domination perse, la ville connaît une hellénisation précoce, dès la fin du Ve siècle, et prend le nom de Pharnaké. Après la victoire d’Alexandre à Issus, en 333 av. J.-C., la ville reçoit probablement une garnison macédonienne ; elle est rebaptisée Pella. En 301 avant J.-C., Séleucos Ier rebaptise la cité, Apamée en l’honneur de sa mère Apama. Elle fait alors partie de la Tétrapolis avec Antioche, Laodicée et Séleucie. C’est alors une ville de garnison qui pouvait accueillir une armée forte de 500 éléphants et un haras de 30 000 chevaux. De cette époque, Apamée n’a conservé que ses remparts (plus de 8 Km) et son plan général orthogonal.

Paix d’Apamée

Deux ans après sa défaite à Magnésie du Sipyle, Antiochos III est contraint d’accepter une paix humiliante qui scelle la fin de l’influence séleucide en Méditerranée et le nouveau partage territorial de l’Asie Mineure. Ce partage est consacré par la paix d’Apamée en 188 av. J.-C.

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© Maurice Griffe - Editions T.S.H

En plus des pertes territoriales, les Séleucides doivent livrer leur flotte, supprimer leurs éléphants de guerre, verser un très lourd tribut (15 000 talents   durant 12 ans) et livrer des otages, dont le plus jeune fils d’Antiochos III, à Rome. Le nouveau rapport des puissances en présence sera désormais le suivant : Pergame atteint son maximum d’extension territoriale, tandis que l’empire séleucide est repoussé au-delà de l’Halys  .

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© Jean Savaton
Apamée : temple de Zeus.

Epoque romaine

En 64 avant J.-C., la Syrie devient province romaine, la citadelle de la ville est détruite, mais la cité continue à prospérer. En l’an 6, lors du recensement de Quirinus elle comptait déjà 117 000 hommes libres auxquels il faut rajouter les esclaves. A partir du IIe siècle, elle entre dans une grande phase d’urbanisme. Un cardo   de deux kilomètres de long (large de 38 mètres) est tracé, bordé de portiques riches de 1 200 colonnes. Le cardo est coupé à angle droit de deux decumani. Toute cette colonnade ainsi que les monuments publics qui la bordent résultent en grande partie d’un mécénat local.

Comme dans toute ville romaine, apparaissent des thermes, des nymphées. Près de la longue agora  , d’origine hellénistique, est construit le temple du grand dieu de la ville : Zeus Bêlos. A proximité, on édifie aussi un Tychéion, dédié à la Fortune de la cité. Plus loin, appuyé dans le creux d’une colline s’élève un énorme théâtre (139 mètres de diamètre) aujourd’hui bien endommagé.

Apamée était peuplée d’environ 500 000 habitants. La ville joua le rôle de sentinelle avancée contre les invasions parthes puis sassanides.

Epoque byzantine

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© Jean Savaton
Apamée : la cathédrale.

Durant l’époque byzantine, Apamée se christianise : elle est à la tête d’un important évêché au IVe siècle. Au Ve siècle, devenue capitale de la province de Syrie Seconde, elle devient aussi siège d’un archevêché. Les églises remplacent alors les sanctuaires païens. Un vaste ensemble épiscopal, doté d’une cathédrale, est construit à l’emplacement de l’ancienne école philosophique de Jamblique. En 420, une église à atrium   est édifiée à l’emplacement d’une ancienne synagogue.

De cette époque aussi, quelques vastes demeures subsistent, comme « l’édifice au Tridinium », qui comprend quelque quatre-vingt pièces, ou la « Maison aux Consoles » et encore d’autres, qui livrent de vastes tapis de mosaïques. Au VIe siècle, la ville souffre des razzias des Arabes et des Sassanides, sans compter les tremblements de terre. Peu après, en 638, Apamée passe sous la domination arabe.


 

Portfolio

Apamée : le cardo. (c) Jean Savaton Apamée : façades en arrière du cardo. (c) Jean Savaton Apamée : colonnade du cardo. (c) Jean Savaton Apamée : le cardo et le temple de Jupiter. (c) Jean Savaton  (c) Jean Savaton Apamée : le cardo. (c) Jean Savaton Apamée : le cardo et le temple de Jupiter (c) Jean Savaton Apamée : les thermes. (c) Jean Savaton


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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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